3.
Une aventure
humaine

 4.1.
Premiers habitants

 4.2.2.
XVème et XVIème siècles:
Colonies de pêche:
les Portugais

 4.2.3.B)
XVème et XVIème siècles:
Colonies de pêche:
  tentatives françaises:
Jacques Cartier (1534-1542)

 4.3.
XVIIème siècle:
Français et Anglais,
chacun chez soi

 

 

L'annonce de la découverte de Cabot s'est donc répandue en Europe comme une traînée de poudre. En moins de 10 ans, un nombre considérable de pêcheurs européens se rendaient chaque année pêcher la morue au large de la « terre neuve ». À l'époque, les Anglais étaient peu nombreux; ils avaient été devancés par les Français de Bretagne et de Normandie et les Portugais durant les premières décennies du XVIe siècle. Des pêcheurs bretons se rendaient déjà à Terre-Neuve en 1504. Dès les années 1520, les pêcheurs basques, bretons et normands représentaient tous les ans de 60 à 90 navires qui partaient pêcher l’été à Terre-Neuve. Il s’agit principalement d’initiatives privées commerciales.

Pourtant le Royaume de France, à la différence de celui du Portugal, tarde à entrer dans la course à l’exploration du Nouveau Monde… Ce retard s’explique par les prétentions d’hégémonie que les Rois de France – Charles VIII, Louis XII et François Ier – ont successivement eues sur la Méditerranée, alors que les pays ibériques se tournent résolument vers l’Atlantique. Cependant, en 1522, François Ier s’interroge sur la validité de sa politique méditerranéenne quand le Portugais Fernand de Magellan prouve que la Terre est ronde c’est pourquoi, en 1524, la France organise sa première expédition officielle en Amérique du Nord.

A) Le voyage de Verrazzano (1524)

C’est donc en 1523 que le premier voyage officiel français est organisé, commandité par des banquiers lyonnais et par le Roi François Ier. Le Roi donne mission à Giovanni da Verrazzano (1485-1528) d’explorer la zone comprise entre la Floride et Terre-Neuve, un endroit qui n'a pas été visité par les voyageurs européens précédents, afin d'y découvrir un accès donnant sur l'océan Pacifique. Toujours cette volonté d’atteindre l’Asie par l’ouest.

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Voyage de Giovanni da Verrazzano (1524)

Le 17 janvier 1524, à bord de La Dauphine, il entreprend alors, à la tête d'un équipage d'une cinquantaine de marins, la traversée de l'Atlantique qu'il achève près de Cape Fear le 1er mars. Après un bref mouillage, il longe la côte de ce qui est maintenant la Caroline du Nord en direction du nord et croit apercevoir l'océan Pacifique derrière une étroite bande de terre. Il ne s'agissait en réalité que du lagon de la baie de Pamlico. Il poursuit sa route vers le nord et l'est, il sonde continuellement chaque ouverture importante dans le littoral: la baie de Chesapeake, les embouchures des fleuves Delaware et Hudson…

Verrazzano découvre, le 17 avril 1524, la baie de New York, qu’il nomme «La Nouvelle-Angoulême» en hommage à François Ier comte d'Angoulême. Il poursuit en direction du Maine, longe la Nouvelle-Écosse puis explore la côte de Terre-Neuve jusqu’au Labrador. Il attribue à ce territoire intérieur indéterminé le nom de Francesca, toujours en en l’honneur du roi de France et, en 1529, il inscrit sur la carte du monde dessinée par son frère la mention «Nova Gallia». C'est la première évocation connue de la Nouvelle-France (le Québec actuel), dont Samuel de Champlain jettera les fondations en 1608.

Bien que son voyage soit un échec, car le passage tant convoité vers la mer de l'Ouest /de Chine n’a pas été découvert, Verrazzano rentre non sans avoir été émerveillé par la beauté du paysage qu'il compare à une région de la Grèce qu'il connait probablement, l'Arcadie. Plus tard, on désigne sous le nom d'Acadie cette partie de la Nouvelle-France qui se trouve dans la Nouvelle-Écosse actuelle.

Quant à François Ier, déçu par l'«échec» de Verrazzano et empêtré dans ses guerres d'Italie, il se détournera des explorations pendant 10 ans avant de reporter ses espoirs sur Jacques Cartier.