3.
Une aventure
humaine

 4.1.
Premiers habitants

 4.2.3.D)
XVème et XVIème siècles:
Colonies de pêche:
  tentatives françaises:
Essais ratés

 4.2.4.A)
XVème et XVIème siècles:
Colonies de pêche:
  anglais plus au sud:
Pas de colonie au début

 4.3.
XVIIème siècle:
Français et Anglais,
chacun chez soi

 

 

E) Samuel de Champlain - Fondation de Québec (1608): début de la colonisation

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Pendant cette période, Samuel de Champlain est employé comme cartographe par Pierre Dugua De Mons, et il en profite pour faire plusieurs explorations. Lors d’un premier voyage, il remonte le Saint-Laurent jusqu’à Trois-Rivières puis un second voyage l’emmène à l’embouchure de la Rivière Saguenay où il rencontre en 1603 Anadabijou, le chef du peuple Innu, qui l’accueille d’autant mieux qu’un Indien de retour de France dit le plus grand bien du roi Henri IV et de sa bienveillance envers «les gens de la race rouge». Cette première entente va influencer durablement la politique indigène de la France qui s’engagera toujours contre les Iroquois. De 1604 à 1607, Champlain remonte le fleuve Saint-Laurent jusqu’aux rapides pour en dresser la carte qu’il doit remettre au Roi de France.

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Le Cap Diamant, Québec
© Robert Wakeham Pilot - 1925
Library and Archives Canada

Il remontera le Saint-Laurent jusqu'à l'emplacement actuel de Montréal. En remontant le fleuve, il remarque un endroit, que les Iroquoïens du temps de Jacques Cartier nommaient Stadacona, et que les Innus de son temps appellent «Kébec», c’est-à-dire «Rétrécissement du fleuve». En effet, à cet endroit, le fleuve Saint-Laurent se rétrécit et est dominé par un haut cap, aujourd’hui le Cap Diamant, le lieu est donc facile à défendre et peut être utilisé pour bloquer la route des bateaux qui remontent le Saint-Laurent. Il y a aussi abondance de fourrures dans la région, car on est en territoire algonquien. Enfin, le site est entouré d’abondantes terres fertiles qui pourraient permettre à la future colonie de s’adonner à l’agriculture. Le grand explorateur prend bonne note des avantages de ce lieu.

Arrivé le 30 septembre 1607 en France, Champlain repart quelque mois plus tard, le 18 avril 1608, pour la «Nouvelle-France». Il a comme mandat de construire rapidement un poste de traite. Ses 28 hommes (il n'y a encore aucune femme) reçoivent pour mission de préparer l'établissement d'une colonie permanente en un lieu favorable le long du fleuve.

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Arrivée de Samuel de Champlain sur le futur site de la ville de Québec en 1608
© George Agnew Reid - 1909
Collection du Musée national des Beaux-Arts du Québec

Il débarque au pied du Cap Diamant le 3 juillet suivant et fonde la ville de Québec. Il écrira plus tard:

« Je cherchai lieu propre pour notre Abitation, mais je n'en pus trouver de plus commode, ni mieux situé que la pointe de Québec, ainsi appelée des Sauvages, laquelle était remplie de noyers et de vignes. Aussitôt, j'employai une partie de nos ouvriers à les abattre pour y faire notre Abitation. »

 

La colonisation commence par la création d’une installation, dite Habitation de Québec, devient dès lors l'embryon de la première colonie française à se développer sur les bords du fleuve Saint-Laurent. Au cours du premier hivernage, la petite colonie est décimée par le scorbut et la dysenterie. Seuls 8 colons survivent en plus de Champlain!!! Pour autant, Champlain, qui souhaite développer la colonie en Nouvelle-France, multiplie les voyages entre la France et le Nouveau-Monde et continue les explorations afin de découvrir un passage vers la Chine et des mines de métaux précieux.

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« Abitation de Quebecq » - 1608 - par Champlain

En 1609, Champlain remonte la rivière des Iroquois et découvre le lac qui porte aujourd’hui son nom: le Lac Champlain. Aucune mauvaise rencontre n’ayant eu lieu, une partie de la troupe quitte l’explorateur, le laissant seul avec deux Français et une soixantaine de Hurons. C’est alors qu’à l’emplacement du futur fort Carillon, un peu plus au sud de Crown (État de New York), l’expédition entre au contact des Iroquois. Le lendemain, une bataille éclate entre les guerriers au cours de laquelle Champlain tue un chef Iroquoïen d’un coup d’arquebuse, semant la terreur parmi ses ennemis. Ce coup de feu marque le début d’une longue lutte qui opposera les Français, amis des Hurons, des Innus et des Algonquins, aux Iroquois alliés des Anglais.