2.
1728 - «The Beggar's Opera»

 3.4.
Les 'Minstrels Shows'

 

 3.5.1.
Le programme de 1850 de l'American Museum

 3.6.
Le Vaudeville

 4.
«The Black Crook», première création américaine

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Barnum's American Museum - Broadway et Ann Street - 1851

Quand les pasteurs, les journalistes et les responsables politiques condamnèrent le niveau exécrable des loisirs populaires, certains responsables de Variety Houses, essayèrent de donner un air respectable à leur maison en les nommant Museum.

Le plus connu était l'American Museum de P.T. Barnum qui était doté, entre autres, d'une salle de 3 000 sièges. Les spectateurs pouvaient par ailleurs flâner à travers une exposition "pédagogique" de divers monstres et de curiosités visuelles, suivie de numéros de Variety et aussi d'une prestation dramatique instructivo-éducative.

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L'intérieur de la première grande salle du Barnum's American Museum
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La "Lecture Room" de 3000 places du Barnum's American Museum

Se voyant comme une alternative à l'environnement théâtral plutôt dégénéré, Barnum a déclaré: «J'ai aboli toute vulgarité ou blasphème de la scène, et je veille moi-même à ce que les parents et les enfants puissent assister aux performances dramatiques dans la Lecture Room, sans être bouleversés ou offensés par n'importe quoi qu'ils puissent voir ou entendre.»

Neil Harris souligne: «Les Lecture Room n'étaient pas des théâtres, mais ils pouvaient faire ce que faisaient des théâtres: présenter des actes dramatiques ou même de variété sous le couvert d'éducation et de divertissement grand public

Barnum a écrit dans son autobiographie: «Mon but est de présenter dans les Lecture Room des pièces moralisatrices et éducatives, écrites spécifiquement pour mon établissement et construites de sortes qu'elles plaisent tout en édifiant le public.» Barnum lui-même était un ancien alcoolique qui s'était soigné et était un partisan du mouvement de la modération.

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L'intérieur de la première grande salle du Barnum's American Museum - 1874
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'What is it?', an act shown at The Royal Surrey Zoological Gardens, c.1846, Evan.2878

La combinaison de drames moraux et de "curiosités humaines" a élargi le public sensibilisé aux spectacles de Barnum. Le Museum de Barnum était un lieu sûr où les hommes, les femmes et les enfants pouvaient s'amuser et s'instruire à moindre coût: 25 cents. Il a lancé des méthodes publicitaires très efficaces où il suscitait la curiosité des gens avec des grandes questions du type: dans une exposition.

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"Est-ce un homme ou est-ce un animal?"

Les méthodes de publicité utilisées par Barnum ont encouragé des protecteurs de musée à établir leurs propres explications au sujet de certains objets exposés. Mais que penser d'une question telle que "Est-ce un homme ou est un animal" dans une exposition où l'on montre un homme noir?

Barnum se prenait par là-même pour un biologiste et s'arrogeait le droit de déterminer si l' "objet" exposé était un être humain ou un animal. Jugée aujourd'hui, l'exposition What is it? était profondément raciste. Mais on pourrait dire qu'il s'agissait d'un racisme "soft", pas pire que celui qui a poussé les nations européennes à conquérir les pays africains pour les "éduquer", ce que nous appelons le colonialisme.

Le sujet était très à la mode à l'époque et l'exposition a été inaugurée moins de trois mois après la publication du livre de Darwin, qui allait changer la biologie, De l'origine des espèces.

William Henry Johnson, a assumé le rôle de l'homme-animal durant plus de 40 années. Johnson était un homme handicapé mentalement qui avait été vendu au monde du spectacle par sa famille. Sa carrière avec Barnum a été assez lucrative pour lui: il a même possédé une maison dans le Connecticut qui était un cadeau de Barnum.

Initialement démocrate, Barnum devint avec les années Républicain. Il écrit dans Struggles and Triumphs: «L'homme noir possède une caractère confiant teinté d'un enthousiasme religieux et n'est pas caractérisé par un esprit de vengeance. Son âme peut paraître assoupie, son cerveau inactif, mais il possède de la vitalité.»

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Une annonce aux ... «hommes de couleur»

Pour une seule matinée, le 1er mars 1849, Barnum permit à des «hommes de couleur respectables» d'accéder au Museum. On retrouve cela dans le dernier paragraphe de l'annonce ci-contre. C'est la seule et unique occasion qu'eurent les gens de couleur de visiter l'exposition avant les années 1860 où tout fut modifié suite à la Guerre de Sécession.

On peut remarquer dans la même annonce que le nombre d'attractions proposées est énorme et très diversifié. L'American Museum de Barnum a eu un succès que l'on imagine difficilement à notre époque. De 1842 à 1865, plus de 30 millions de tickets ont été vendus. Ce qui est collossal. Mais surtout, il s'agit de la première forme, aux Etats-Unis du moins, de spectacle familial. Pour voir le programme de 1850 de l'American Museum:

Le 13 juillet 1865, l'American Museum partit en fumées dans un terrible incendie... La chose reste énigmatique. En effet, dans la nuit du 25 novembre 1964, une série d'incendies avaient été déclenchés dans d'importants bâtiments de New-York par les Confédérés (Guerre de Sécession) avec pour intention de mettre feu à toute la ville. L'un de ces bâtiments était l'American Theatre de Barnum.

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Ces premiers feux de novembre avaient été vite maîtrisés mais Barnum publia le lendemain dans la presse un communiqué pour rassurer le public:

«In view of the announcement in the morning papers of the attempt to fire my Museum last night, as well as other public buildings, I wish to state the following facts: Everyday from sunrise until ten o'clock P.M., I have eleven persons continually on the different floors of the Museum, looking to the comfort of visitors, and ready at a moment's warning to extinguish any fire that might appear. From 10 o'clock at night until sunrise, I have from six to twelve persons in the Museum engaged as watchmen, sweepers, painters, &c»

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Les Museum de Barnum n'étaient pas vu que positivement. Il faut dire qu'à la même époque, à Londres par exemple, de "vrais" musées s'ouvraient, avec une vraie démarche scientifique. Il suffit de considérer le Musée d'Histoire Naturelle de Londres...

Les habitants les plus cultivés de New-York considéraient le Museum de Barnum avec un grand dédain comme le montre l'article d'un journal protestant, The Nation, lu par un lectorat cultivé et qui parut moins de quinze jours après l'incendie:

«Barnum’s Museum is gone at last. It has fallen before that conflagration with which it has often been threatened, and which it has more than once barely escaped. The children will miss an accustomed place of amusement for their Saturday vacations. The occasional visitors to the city from the "rural districts" will no longer yield to its irresistible attractions. The worst and most corrupt classes of our people must seek some new place of resort, and other opportunities of meeting one another. A most dangerous man-trap is removed and without loss of human life. These four considerations make the sober citizen of New York hesitate whether to regret this burning and destruction or not.»

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Barnum
ouvrit très rapidement un autre Museum, toujours à New-York, au coin de la Spring Street et de Broadway. Mais, le 2 mars 1868, bizarrement, il fut également détruit par le feu. C'était une nuit où la température était sous zéro degré et le bâtiment détruit fut longtemps comme un énorme bloc de glace suite à l'arrosage des pompiers...

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Les pompiers durent abattre bon nombre d'animaux qui tentaient de fuir les flammes.

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A partir de ce moment-là, Barnum allait se lancer dans le cirque, avec le succès qu'on lui connait.