West Side Story

d'Arthur Laurents, Leonard Bernstein et Stephen Sondheim
Sur une idée originale de Jerome Robbins

Mise en scène: Daniel Hanssens et Kylian Campbell
Une production du Festival Bruxellons!
25 représentations A partir du 11 juillet 2023

Un amour naissant en pleine guerre des gangs

Soixante-cinq ans après sa création, West Side Story n’a rien perdu de sa modernité et de son actualité. Nous sommes très fiers de vous présenter au Festival Bruxellons! ce chef d'œuvre immortel de la comédie musicale qui, emporté par la musique de Leonard Bernstein et les mots de Stephen Sondheim, célèbre le choc des corps.

Située dans le New York du milieu des années 1950, l'intrigue cible surtout la rivalité entre Jets et Sharks, deux bandes de jeunes des bas-quartiers, pour le monopole du territoire. Les Sharks appartiennent à la première génération d'Américains émigrés de Porto Rico. Ils sont raillés par les Jets, jeunes de la classe ouvrière blanche qui se considèrent comme les véritables Américains car nés en Amérique, même si de parents eux-mêmes émigrés, qui d'Irlande ou de Suède ou encore de Pologne. Tony, amis du chef des Jets Riff, rencontre Maria, la sœur de Bernardo, chef des Sharks. Ils tombent amoureux pour le meilleur et le pire.


CREATEURS
AuteurArthur Laurents 
CompositeurLeonard Bernstein 
ParolierStephen Sondheim 
Chorégraphe originalJerome Robbins 
Mise en scèneDaniel Hanssens 
Mise en scèneKylian Campbell 
Assistanat mise en scèneMathilde Bourguet 
Direction musicale - Cheffe d'orchestreLaure Campion 
Direction musicale - AssistanatJulie Delbart 
Co-chorégrapheKylian Campbell 
Co-chorégrapheAntoine Pedros 
ScénographePhilippe Miesch 
LumièreLaurent Kaye 
CostumesBéatrice Guilleaume 
CoiffuresOlivier Amerlinck 
Maquillages, coiffures et perruquesVéronique Lacroix 
Chorégraphe de combatsBertrand Daine 
AccessoiristeVictor Scheffer 
Directeur de CastingFabrice Pillet 
Ingénieur du sonMarco Gudanski 
Ingénieur du sonVincent Debongnies 
Traduction françaiseStéphane Laporte 
AVEC
MariaRomina Palmeri 
TonyKaplyn 
AnitaMarina Pangos 
RiffBart Aerts 
BernardoLoaï Rahman 
DocBruce Ellison 
KrupkeRoland Bekkers 
Glad Hand & SchrankDidier Colfs 
ChinoFelipe Garcia 
PepeArthur Pedros 
RosaliaAlyssa Pottier 
FranciscaEmma Malfliet 
RatsoJerome Louis 
DieselPol Van den Broek 
ActionBrian Papadimitriou 
AnybodysNitya Fierens 
VelmaAlexia Cuvelier 
GraziellaEmmanuelle Lamberts 
LuisMathieu van Nieulande 
IndioJoppe Dekoker 
ConsueloClara Bélénus 
Baby JohnDouwe Debroux 
SnowboyAxel Znamensky 
ClariceNaomi Thienpont 
MinnieSarah Firmin 
ORCHESTRE
Cheffe d'orchestreLaure Campion 
Piano 1Julie Delbart 
Flûte, piccoloRonald Dedrie 
Flûte, piccoloDorine de Keyser 
Clarinette, saxophone alto, flûteFilip Demeyer 
Saxophone baryton, clarinette basse, clarinetteStijn de Raes 
TrompetteMarc Goris 
TromboneDrik Vanmanshoven 
TrombonePieter Vandermeiren 
CorHans Verhulst 
CorLieven Vandeputte 
ClavierDavid Bracke 
Violon 1Stefaan De Rycke 
Violon 1Christophe Pochet 
Violon 2Jolien Casteleyn 
VioloncelleElisabeth Lefebvre 
ContrebasseBram Decroix 
ContrebasseDaniele Giampaolo 
BatterieToine Cnockaert 
BatterieRonald Dhaene 
PercussionsBrecht Claessen 
PercussionsIris Verbeeck 
PercussionsJarne Claesen 
Une production du Festival Bruxellons!

Critique - Intégralement traduite en français, la célèbre comédie musicale vibre sous un jour nouveau, grâce à une troupe de 25 interprètes d’exception et un orchestre live. À ne manquer sous aucun prétexte d’ici au 26 août, au château du Karreveld.
Il en fallait du cran, et sans doute un petit grain de folie aussi, pour s’attaquer à un tel monument de Broadway, qui plus est, encore tout récemment, adapté au cinéma par Steven Spielberg. Et, pourtant, ils ont relevé le pari ! Brillamment ! Jeudi, soir de la première, le public du Château du Karreveld était debout, exalté, applaudissant à tout rompre les 25 interprètes de la célèbre comédie musicale West Side Story et les 17 musiciens, dirigés par Laure Campion, qui les accompagnent chaque soir en live.(…)
Quant aux deux rôles principaux, Maria et Tony, ils sont tout simplement exceptionnels. La voix cristalline de Romina Palmeri est sublime ; l’émotion vocale de Kaplyn est saisissante. Fabuleuse en Eliza Doolittle dans My Fair Lady, Marina Pangos l’est tout autant en Anita, la fiancée de Bernardo (Loaï Rahman). On épinglera aussi l’excellent jeu de Didier Colfs en lieutenant de police véreux et en animateur de bal niais. Ajoutez à tout cela de magnifiques costumes et une splendide scénographie, magnifiée par de superbes éclairages à la tombée de la nuit.

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Éblouissant “West Side Story” au festival Bruxellons !

Intégralement traduite en français, la célèbre comédie musicale vibre sous un jour nouveau, grâce à une troupe de 25 interprètes d’exception et un orchestre live. À ne manquer sous aucun prétexte d’ici au 26 août, au château du Karreveld.

Il en fallait du cran, et sans doute un petit grain de folie aussi, pour s’attaquer à un tel monument de Broadway, qui plus est, encore tout récemment, adapté au cinéma par Steven Spielberg. Et, pourtant, ils ont relevé le pari ! Brillamment ! Jeudi, soir de la première, le public du Château du Karreveld était debout, exalté, applaudissant à tout rompre les 25 interprètes de la célèbre comédie musicale West Side Story et les 17 musiciens, dirigés par Laure Campion, qui les accompagnent chaque soir en live.

Après, entre autres, My Fair Lady, Blood Brothers, Elisabeth, le festival Bruxellons !, qui fête ses 25 ans cet été, confirme, une nouvelle fois, qu’il n’a à rougir ni de son talent ni de son audace à présenter des comédies musicales intégralement traduites en français (chansons comprises), et ce, grâce à la complicité de l’adaptateur/traducteur Stéphane Laporte.

Dépasser le drame romantique
Créée en 1957 au Winter Garden Theatre à New York, sur une idée originale du chorégraphe Jerome Robbins, West Side Story remporte un succès immédiat. Version des temps modernes de Roméo et Juliette, ce musical raconte l’histoire d’un amour impossible dans le New York des années 50. À cette époque, la rivalité entre gangs fait rage. Dans le quartier de l’Upper West Side, c’est “la guerre” entre les Sharks, formés de jeunes Portoricains, et les Jets, qui se revendiquent en “vrais” Américains, même s’ils sont nés de familles émigrées de Pologne, d’Irlande, etc. Un soir, au bal, Maria, sœur de Bernardo, chef des Sharks, et Tony, ex-membre des Jets, tombent fous amoureux. Mais Bernardo ne l’entend pas de cette oreille…

Bien qu’elle a été jouée et adaptée à maintes reprises aux quatre coins du monde, West Side Story parvient à vibrer sous un jour nouveau au Karreveld. Sans rien trahir de l’œuvre originale d’Arthur Laurents (livret), Leonard Bernstein (musique) et Stephen Sondheim (paroles) et de son esprit, les deux metteurs en scène, Daniel Hanssens et Kylian Campbell, sont parvenus à créer une version éblouissante qui dépasse le drame romantique (il n’est pas question que de testostérone et de bagarres, et les femmes ont leur mot à dire) et dénonce la violence, celle d’hier mais aussi d’aujourd’hui.

La voix cristalline de Romina Palmeri
Plus moderne dans sa dramaturgie, cet opus l’est aussi dans ses parties dansées : les deux chorégraphes, Kylian Campbell et Antoine Pedros, ont pu laisser libre cours à leur imagination, s’inspirant des danses urbaines et latines. Le résultat est une vraie réussite. Les danseurs de la troupe allient avec une aisance folle interprétation et justesse technique.

Quant aux deux rôles principaux, Maria et Tony, ils sont tout simplement exceptionnels. La voix cristalline de Romina Palmeri est sublime ; l’émotion vocale de Kaplyn est saisissante. Fabuleuse en Eliza Doolittle dans My Fair Lady, Marina Pangos l’est tout autant en Anita, la fiancée de Bernardo (Loaï Rahman). On épinglera aussi l’excellent jeu de Didier Colfs en lieutenant de police véreux et en animateur de bal niais. Ajoutez à tout cela de magnifiques costumes et une splendide scénographie, magnifiée par de superbes éclairages à la tombée de la nuit.

Inutile dès lors de vous préciser qu’il ne faut pas être fan de comédies musicales pour aller voir West Side Story. En revanche, vous sortirez du spectacle des airs plein la tête (America, Maria…) et des étoiles plein les yeux.

Stéphanie Bocart - La Libre Belgique - 14/7/2023

Stéphanie Bocart - La Libre Belgique - 14/7/2023

Critique - Déposer Manhattan sur les planches de Molenbeek, et traduire en français l’humour très américain de chansons comme America ou Gee, Officer, Krupke, c’est l’épreuve du feu, le genre de test qui détermine si une œuvre est réellement inoxydable. Verdict ? West Side Story est décidément inusable. Mise en scène par Daniel Hanssens et Kylian Campbell, cette version belge s’inscrit dans un respect total de l’œuvre, voire une dévotion pour son univers devenu mythique tout en le faisant entendre autrement : « On s’paye des buicks en America / Vitres électriques en America / Sièges en plastique en America / Rien de plus chic en America » chantent les amies d’Anita en faisant virevolter leurs robes froufroutantes. Tout dans le décor de Philippe Miesch – des immeubles décatis au grillage du terrain de basket – évoque San Juan Hill, quartier new-yorkais qui a inspiré l’histoire de West Side Story mais la pimpante distribution d’artistes belges ou français donne une autre tonalité au monstre, elle le vivifie plutôt que de le momifier.

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La comédie musicale «West Side Story» est inusable

Le festival Bruxellons, au Château du Karreveld, s’ouvre avec West Side Story. Traduire ce « hit » de la culture américaine en français, c’est l’épreuve du feu, le test ultime pour savoir si Tony et Maria – et leur histoire d’amour sur fond de rivalités ethniques – sont réellement inoxydables.

Avions-nous besoin d’une énième version de West Side Story ? Créée pour la première fois en 1957 à Broadway, la comédie musicale a – faut-il le rappeler ? – été transposée au cinéma en 1961 dans le fameux « hit » aux dix Oscars. Et même si ça pique les yeux aujourd’hui de voir Natalie Wood jouer une Latina, le film survit désormais à la fois comme une capsule de la culture américaine des années 50 et comme un réservoir de chansons impérissables – Tonight, America, I feel pretty, etc. – doublées de danses qui ont à jamais imprimé la rétine collective. Souvenez-vous de la scène d’ouverture où les Jets et les Sharks se défient dans les rues de New York à coups de ronds de jambe, sauts de chat et autres élégants pas de biche (et on ne parlait même pas encore de virilité déconstruite à l’époque !). Ou encore ce mambo inoubliable dans la scène du bal au gymnase…

Bref, avec leur histoire d’amour interdit, entre ballet et bagarres de rue, Léonard Bernstein (compositeur), Jerome Robbins (metteur en scène et chorégraphe), Arthur Laurents (livret) et Stephen Sondheim (paroles) ont atteint une sorte de pinacle culturel. Ce qui n’empêche pas les créateurs, ces derniers temps, de s’attaquer au monument. Après la tentative (éphémère) des Belges Ivo van Hove et Anne Teresa de Keersmaeker d’en imaginer une toute autre version, plus politique, à Broadway en 2020 (la création n’a pas survécu au Covid), et le remake soigné de Steven Spielberg au cinéma en 2021, voici donc que l’équipe du festival Bruxellons, au Château du Karreveld, propose de remanier ce classique parmi les classiques de « musicals », dans une traduction française de Stéphane Laporte (jusqu’au 26/8, www.bruxellons.net).

Déposer Manhattan sur les planches de Molenbeek, et traduire en français l’humour très américain de chansons comme America ou Gee, Officer, Krupke, c’est l’épreuve du feu, le genre de test qui détermine si une œuvre est réellement inoxydable. Verdict ? West Side Story est décidément inusable. Mise en scène par Daniel Hanssens et Kylian Campbell, cette version belge s’inscrit dans un respect total de l’œuvre, voire une dévotion pour son univers devenu mythique tout en le faisant entendre autrement : « On s’paye des buicks en America / Vitres électriques en America / Sièges en plastique en America / Rien de plus chic en America » chantent les amies d’Anita en faisant virevolter leurs robes froufroutantes. Tout dans le décor de Philippe Miesch – des immeubles décatis au grillage du terrain de basket – évoque San Juan Hill, quartier new-yorkais qui a inspiré l’histoire de West Side Story mais la pimpante distribution d’artistes belges ou français donne une autre tonalité au monstre, elle le vivifie plutôt que de le momifier.

Sous l’impeccable direction musicale de Laure Campion, la partition sublime les airs connus, et rend indémodable l’énergie désespérée de ces jeunes qui claquent dans leurs doigts pour ne pas envoyer leur poing dans la gueule d’un destin bouché. C’est d’ailleurs dans ce portrait que la pièce s’avère impérissable. A l’origine, les auteurs se sont inspirés des émeutes raciales des Zoo Suits mais aussi des conflits de gangs dans le très violent et délabré Upper West Side, et notamment San Juan Hill, quartier sans avenir voué à disparaître pour laisser place, entre autres, au Lincoln Center. Des ghettos new-yorkais des années 50 aux banlieues françaises récemment enflammées, il n’y a qu’un pas, fut-il dansé façon mambo. Alors oui, West Side Story n’est pas exempt de stéréotypes mais ce qu’il touche, dans son essence – la pauvreté, le racisme, les préjugés, la violence – reste tristement contemporain. Oui, West Side Story (qui entendait réactualiser Roméo et Juliette) s’avère indécrottablement cheesy mais sa jeunesse discriminée par des flics blancs est aussi celle qui chante avec ironie « Gee, Officer Krupke – Krup you ! » (le « f-word » était encore censuré à l’époque). Oui, West Side Story est imparfaite, comme le sont beaucoup de comédies musicales, mélanges glorieux et désordonnés de trouvailles esthétiques et de fourre-tout tape à l’œil, mais elle est, une fois encore, portée par l’énergie d’artistes protéiformes au talent débordant.

Catherine Makereel - Le Soir - 17/7/2023

Catherine Makereel - Le Soir - 17/7/2023

Critique - Je suis donc très heureux que Bruxellons! nous ait donné – à travers un travail d'amour, comme d'habitude, du metteur en scène et coproducteur Daniel Hanssens et du metteur en scène et co-chorégraphe Kylian Campbell avec Antoine Pedros comme chorégraphe urbain associé – une nouvelle perspective sur ce classique sans jamais en dénaturer l'essence. (…)

Mais la plus grande force de cette production de premier ordre est son excellente distribution, en particulier Kaplyn, qui donne vie au personnage difficile de Tony mieux que quiconque avant lui, que ce soit à l'écran ou sur scène. Prenant l'approche d'un acteur plus que celle d'un chanteur, il nous emmène dans un voyage personnel avec, dans le rôle de Maria, la tout aussi brillante Romina Palmeri (du Conservatoire de Bruxelles), qui a sauvé le spectacle l'année dernière en reprenant le rôle principal d'Elisabeth au pied levé.

Comme toujours, Marina Pangos vole la vedette, mélangeant colère, force et vulnérabilité dans son portrait unique d'Anita, malgré sa capacité spectaculaire à chanter et à danser.

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Une nouvelle perspective sur ce classique sans jamais en dénaturer l'essence

Après s'être aventurés dans les musicals britanniques avec Blood Brothers en 2021 et le théâtre musical viennois avec Elisabeth l'année dernière, le Festival Bruxellons! revient à Broadway avec une toute nouvelle version de West Side Story, sans doute la meilleure comédie musicale de tous les temps, certainement la plus connue et la plus aimée d'Europe. Le spectacle a frôlé la surexposition au cours des dernières années, principalement en raison du brillant remake de Steven Spielberg pour le grand écran, qui valait bien l'attente même s'il a été un échec au box-office.

Une tournée américaine a prévu de passer au Châtelet, et il y a eu des versions modernes à l'Opéra du Rhin et à Orléans, après des montages réussis à Leicester et Manchester. De toutes ces productions contemporaines qui s'écartent de la mise en scène et de la chorégraphie originales de Jerome Robbins, la seule que j'ai vue est la désastreuse reprise de Broadway en 2013, mise en scène par le metteur en scène belge Ivo van Hove et chorégraphiée par sa compatriote belge Anna Teresa De Keersmaeker. Il a éliminé « I Feel Pretty », ajouté beaucoup plus de violence et réduit l'ensemble de la pièce à un acte de 90 minutes avec principalement du hip-hop et de la danse latine - des choix qui ont tous échoué malgré les efforts non crédités de Sergio Trujillo, qui a été appelé au dernier moment pour essayer de sauver le désordre!

Je suis donc très heureux que Bruxellons! nous ait donné – à travers un travail d'amour, comme d'habitude, du metteur en scène et coproducteur Daniel Hanssens et du metteur en scène et co-chorégraphe Kylian Campbell avec Antoine Pedros comme chorégraphe urbain associé – une nouvelle perspective sur ce classique sans jamais en dénaturer l'essence. La danse est définitivement plus contemporaine dans son jeu de sol et ses portés élaborés, mais elle intègre toujours le vocabulaire caractéristique de Jerome Robbins, tandis que la mise en scène crédible des combats de Bertrand Daine penche vers le réalisme du film de Spielberg.
La scénographie déstructurée de Philippe Miesch, les éclairages de Laurent Kaye et les costumes de Béatrice Guilleaume s'écartent également de la production originale. Il faut reconnaître le mérite de Stéphane Laporte pour sa remarquable traduction française, même si les paroles françaises peuvent parfois sembler plus sentimentales que les versions originales. Les paroles de « America », « Cool », « Gee, Officer Krupke » sont très politiquement conscientes et tout simplement brillantes, tout comme celles de « A Boy Like That » et « I Have a Love », le véritable point culminant de la partition et peut-être le meilleur duo de l'histoire du théâtre musical.

Une attention particulière est portée aux détails, en particulier lorsque la police vérifie les corps des victimes de meurtre pendant l'entracte, gardant le public dans l'action même lorsque les lumières sont éteintes!

Mais la plus grande force de cette production de premier ordre est son excellente distribution, en particulier Kaplyn, qui donne vie au personnage difficile de Tony mieux que quiconque avant lui, que ce soit à l'écran ou sur scène. Prenant l'approche d'un acteur plus que celle d'un chanteur, il nous emmène dans un voyage personnel avec, dans le rôle de Maria, la tout aussi brillante Romina Palmeri (du Conservatoire de Bruxelles), qui a sauvé le spectacle l'année dernière en reprenant le rôle principal d'Elisabeth au pied levé.

Comme toujours, Marina Pangos vole la vedette, mélangeant colère, force et vulnérabilité dans son portrait unique d'Anita, malgré sa capacité spectaculaire à chanter et à danser. Le Belge Bart Aerts, déjà familier du rôle de Riff, et Loaï Rahman (formé à Nantes) ont une présence imposante en tant que deux chefs de gang des Jets et des Sharks. Une mention spéciale va à Bruce Ellison, né aux États-Unis, dans le rôle de Doc, qui suit Rita Moreno dans sa prestation de « Somewhere », ramenant le spectacle sur terre à l’encontre du « dream ballet », qui n'est d'ailleurs apparu dans aucune des versions du film.

L’ensemble est également irréprochable et l'orchestre, protégé de la pluie potentielle, fait également un travail incroyable.

Comme toujours, Olivier Moerens, Jack Cooper et toute l'équipe de Bruxellons! nous ont régalé sur le site magnifique du Château de Karreveld, prenant la bonne décision de donner à l'œuvre une nouvelle approche comme si c’était une création, tout en rendant hommage aux géants qui se cachent derrière: Leonard Bernstein, Stephen Sondheim et Arthur Laurents. Qui sait si ce siècle parviendra à nous donner un tel chef-d'œuvre, capable de remuer nos cœurs et de submerger nos sens, de nous faire pleurer et rire à chaque fois!

Nous sommes également ravis que le Festival Bruxellons! ait choisi de présenter un musical contemporain relativement peu connu du monde non anglophone, bien que très primée, Come From Away pour la saison prochaine.

Patrick Honré (traduit de l'anglais) - Broadway World - 27/8/2023

Patrick Honré (traduit de l'anglais) - Broadway World - 27/8/2023

Cette première mondiale en français tient largement ses promesses. Certes, d’aucuns seront dubitatifs à la perspective d’une adaptation francophone d’un spectacle dans lequel la musique et la musicalité des paroles sont intimement liées mais la traduction française, chansons comprises, de Stéphane Laporte ne dénature en rien l’œuvre originale.

Au moment de la création de West Side Story, Jerome Robbins a procédé à des castings d’inconnus multi-ethniques pour dénicher les perles rares qui savent jouer, chanter une partition difficile et danser des chorégraphies élaborées et musclées. Cette triple exigence qui a dû également se présenter aux créateurs de la version francophone y est pleinement rencontrée. Les interprètes sont à l’aise, performants et techniquement irréprochables dans chaque discipline. Dans les deux rôles principaux, Romina Palmeri et Kaplyn explorent, de façon exceptionnelle, de nombreux registres. Mention spéciale à Marina Pangos qui incarne Anita, la compagne de Bernardo, qui est remarquable tant dans le mouvement que dans la voix.

Même sans être féru de comédies musicales, la scénographie magnifique et magnifiée par les jeux de lumière, les chorégraphies époustouflantes, implacables, signées Kylian Campbell et Antoine Pedros, les 25 interprètes sur scène et les 17 musiciens, dirigés par Laure Campion, qui les accompagnent en live (mais en coulisse) nous laissent sans voix mais avec des couleurs et des airs qui vont nous habiter quelque temps.

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Les doigts claquent au château du Karreveld

Dans un décor fait de planches dressées, qui forment une passerelle en hauteur, d’une voiture rouge renversée en contrebas, d’un escalier métallique tordu appuyé contre un mur de briques rouges (assorties à celles du château), de jeunes gens taquinent le ballon. Un couple passe sur la passerelle et se fait chasser, « dégage sale métèque ». La tension est palpable, ça sent la fight.

Deux bandes de jeunes des bas quartiers se disputent le territoire parce qu’un « gang qui n’a pas de rue n’existe plus ». Les Jets, blancs originaires d’Irlande ou de Pologne, se considèrent Américains car nés en Amérique. En face, les Sharks émigrés plus récemment de Porto Rico. Ils se toisent, s’insultent, se bousculent et la situation dégénère en bagarre générale où les filles ne sont pas en reste, entre elles mais aussi face aux mecs. Le lieutenant de police Schrank (Didier Colfs) intervient pour leur demander de s’entre tuer quand il n’est pas en service.

Riff (Bart Aerts), le leader des Jets, demande à Tony (Kaplyn) qui a manifestement pris ses distances avec le gang, de l’accompagner au bal où il compte défier les Sharks. Tony tombe instantanément sous le charme de Maria (Romina Palmeri), la sœur de Bernardo (Loaï Rahman), chef des Portoricains, qui l’a fait venir à New-York pour la marier à Chino (Felipe Garcia). Dans la salle de bal, les deux bandes ne se mélangent pas en dépit des efforts du maître de cérémonie. Huit couples se mesurent dans une battle de danse tandis que Maria et Tony se rapprochent et finissent par s’embrasser, suscitant la colère de Bernardo. Un conseil de guerre est décidé pour fixer les règles de l’affrontement inévitable.

Tous les éléments de Roméo et Juliette de William Shakespeare sont réunis et, comme de bien entendu, cela se termine en tragédie. West Side Story de Leonard Bernstein (musique), Stephen Sondheim (paroles) et Arthur Laurents (livret), basé sur une conception de Jerome Robbins, a été créé, au terme d’une longue maturation initiée dès 1949, le 26 septembre 1957 au Winter Garden Theatre de Broadway, après quelques « try-out » à Washington et Philadelphie. Le spectacle tient l’affiche durant 732 représentations, durant un an et dix mois, avant de partir en tournée et connaître un succès phénoménal.

La comédie musicale qui a récolté nombre de récompenses a fait l’objet d’une adaptation au cinéma en 1961 réalisée par Robert Wise et Jerome Robbins avec Natalie Wood, Richard Beymer, Rita Moreno et George Chakiris. Le film qui engrange pas moins de dix Oscars (sur onze nominations) fera lui-même l’objet d’une nouvelle adaptation, en 2021, par – excusez du peu – Steven Spielberg. C’est dire que l’œuvre a marqué le théâtre musical américain par la musique, les scènes de danse et les thématiques qu’elle aborde – le racisme, la délinquance juvénile et les problèmes sociaux – comme rarement dans une discipline réputée plutôt légère.

Cette première mondiale en français tient largement ses promesses. Certes, d’aucuns seront dubitatifs à la perspective d’une adaptation francophone d’un spectacle dans lequel la musique et la musicalité des paroles sont intimement liées mais la traduction française, chansons comprises, de Stéphane Laporte ne dénature en rien l’œuvre originale. Même si le « j’ai d’la moquette en America », qui devrait correspondre au « Comfort is yours in America! » original, semble un rien incongru.

Au moment de la création de West Side Story, Jerome Robbins a procédé à des castings d’inconnus multi-ethniques pour dénicher les perles rares qui savent jouer, chanter une partition difficile et danser des chorégraphies élaborées et musclées. Cette triple exigence qui a dû également se présenter aux créateurs de la version francophone y est pleinement rencontrée. Les interprètes sont à l’aise, performants et techniquement irréprochables dans chaque discipline. Dans les deux rôles principaux, Romina Palmeri et Kaplyn explorent, de façon exceptionnelle, de nombreux registres. Mention spéciale à Marina Pangos qui incarne Anita, la compagne de Bernardo, qui est remarquable tant dans le mouvement que dans la voix.

Même sans être féru de comédies musicales, la scénographie magnifique et magnifiée par les jeux de lumière, les chorégraphies époustouflantes, implacables, signées Kylian Campbell et Antoine Pedros, les 25 interprètes sur scène et les 17 musiciens, dirigés par Laure Campion, qui les accompagnent en live (mais en coulisse) nous laissent sans voix mais avec des couleurs et des airs qui vont nous habiter quelque temps.

Didier Beclard - Le Surricate Magazine - 18/7/2023

Didier Beclard - Le Surricate Magazine - 18/7/2023

Critique - Cette année on annonce « West Side Story », jamais joué sur scène en français. Quoique rassuré par la qualité des spectacles passés, il reste cependant la question, si on peut produire ce classique de Leonard Bernstein autrement qu’en anglais ? Après un peu plus de deux heures de spectacle, on a la réponse : Oui, « West Side Story » ne perd rien de sa force initiale, même dans cette traduction à nouveau sans faute de Stéphane Laporte.

Et on retrouve les chouchous des années passées : Marina Pangos joue et chante une Anita énergique, Kaplyn échange son rôle de la mort dans « Elisabeth » contre un Tony tombé follement amoureux et Romina Palmeri a su enchanter comme impératrice Elisabeth après seulement quelques jours de répétitions en 2022 et maintenant donne vie à Maria, tourmentée entre son amour pour Tony et celui pour son frère Bernardo tué par ce dernier. Des voix superbes, des nouvelles chorégraphies qui n’ont rien à envier à celles de Jerome Robbins, un simple décor et une mise en scène efficace font de « West Side Story » une comédie musicale à ne pas rater.

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La version française de « West Side Story » : un enchantement!

Définitivement les responsables du Festival « Bruxellons ! » ont la main heureuse quand ils décident de produire une comédie musicale connue dans une version française. Déjà le plus fervent fan du musical avait des doutes quand il est allé voir « Sunset Boulevard » en 2018. Mais il y a été surpris, non seulement par une Anne Mie Gils sublime en Norma Desmond, mais aussi par la traduction parfaite des textes originaux. Rebelote avec « My Fair Lady » un an plus tard et une adorable Eliza Doolittle jouée par Marina Pangos. Puis « Elisabeth » arrive l’année passée et surprend à nouveau.
Cette année on annonce « West Side Story », jamais joué sur scène en français. Quoique rassuré par la qualité des spectacles passés, il reste cependant la question, si on peut produire ce classique de Leonard Bernstein autrement qu’en anglais ? Après un peu plus de deux heures de spectacle, on a la réponse : Oui, « West Side Story » ne perd rien de sa force initiale, même dans cette traduction à nouveau sans faute de Stéphane Laporte.

Et on retrouve les chouchous des années passées : Marina Pangos joue et chante une Anita énergique, Kaplyn échange son rôle de la mort dans « Elisabeth » contre un Tony tombé follement amoureux et Romina Palmeri a su enchanter comme impératrice Elisabeth après seulement quelques jours de répétitions en 2022 et maintenant donne vie à Maria, tourmentée entre son amour pour Tony et celui pour son frère Bernardo tué par ce dernier. Des voix superbes, des nouvelles chorégraphies qui n’ont rien à envier à celles de Jerome Robbins, un simple décor et une mise en scène efficace font de « West Side Story » une comédie musicale à ne pas rater.

Christian Spielmann - Lëtzebuerger Revue (Luxembourg) - 19/7/2023

Christian Spielmann - Lëtzebuerger Revue (Luxembourg) - 19/7/2023

Intreview - Intégralement traduite en français, la célèbre comédie musicale vibre sous un jour nouveau, grâce à une troupe de 25 interprètes d’exception et un orchestre live. À ne manquer sous aucun prétexte d’ici au 26 août, au château du Karreveld.Pour fêter ses 25 ans, le festival Bruxellons ! Présente l’une des comédies musicales les plus célèbres au monde, “West Side Story”, dans une version intégralement traduite en français, avec de toutes nouvelles chorégraphies. Une création mondiale à découvrir dès ce 10 juillet.
Ils ont les traits tirés et les yeux cernés, mais de l’énergie encore à revendre. Voici plusieurs mois que Daniel Hanssens et Kylian Campbell, entourés de leurs équipes artistique et technique, travaillent d’arrache-pied à la création de la célèbre comédie musicale West Side Story. Chorégraphies, chansons, musiques, costumes, coiffures, maquillages, accessoires, éclairages, décors, promotion, billetterie…, la somme de travail est titanesque. Mais malgré la fatigue et le stress, les deux metteurs en scène gardent le cap : tout sera fin prêt d’ici au 10 juillet pour donner le coup d’envoi du festival Bruxellons !

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Dans les coulisses de “West Side Story”, qui débarque à Bruxelles

Ils ont les traits tirés et les yeux cernés, mais de l’énergie encore à revendre. Voici plusieurs mois que Daniel Hanssens et Kylian Campbell, entourés de leurs équipes artistique et technique, travaillent d’arrache-pied à la création de la célèbre comédie musicale West Side Story. Chorégraphies, chansons, musiques, costumes, coiffures, maquillages, accessoires, éclairages, décors, promotion, billetterie…, la somme de travail est titanesque. Mais malgré la fatigue et le stress, les deux metteurs en scène gardent le cap : tout sera fin prêt d’ici au 10 juillet pour donner le coup d’envoi du festival Bruxellons !

Dans la cour du Château du Karreveld, au cœur de la commune de Molenbeek, s’élève un gradin de quelque 700 places. Il faut se frayer un chemin entre les armatures métalliques encore en cours de montage pour accéder au vaste plateau surélevé. Une façade d’immeuble à appartements, des escaliers de secours, des poutres, une vieille bagnole rouge renversée, une bouche de métro…, pas de doute, on est bien dans le décor de West Side Story.

Et si l’on venait encore à hésiter, un air, ultra-connu, passe en boucle dans les enceintes que la régie s’affaire à régler : America, l’une des treize chansons (avec Something’s coming, Maria, Somewhere, Tonight…) du compositeur Leonard Bernstein et du parolier Stephen Sondheim, qui ont fait la renommée du musical West Side Story, créé en 1957 au Winter Garden Theatre à New York.

Roméo et Juliette dans l’Upper West Side
Si Daniel Hanssens et Kylian Campbell se montrent sereins face à un tel monument de Broadway, c’est parce que les deux hommes ont appris, depuis 2015, à maîtriser les rouages de ce style de spectacle très particulier qu’est la comédie musicale, où s’entremêlent jeu, chant et danse. Après La Mélodie du bonheur (2015), Evita (2016), Sunset Boulevard (2018), My Fair lady (2019), Blood Brothers (2021) et Elisabeth (2022), West Side Story est, en effet, le septième musical présenté dans le cadre du festival Bruxellons !

”Jamais je n’aurais pu imaginer il y a vingt ans monter West Side Story, confie Daniel Hanssens, le regard brillant. C’est une comédie musicale emblématique, inspirée d’une œuvre phare de Shakespeare, Roméo et Juliette. C’était un rêve de le monter parce que j’ai toujours adoré cette histoire et que je suis un grand fan de Shakespeare. Toute l’expression de Shakespeare me passionne et West Side Story est l’une des versions qui me touche”.

Comme dans Roméo et Juliette, West Side Story est l’histoire d’un amour impossible. Elle n’a pas pour décor la Vérone du XVIe siècle, mais bien le New York, et plus précisément son quartier de l’Upper West Side, des années 50. La guerre des gangs y fait rage – on se bat pour un territoire et pour des filles – sur fond de rixes, de racisme et de haine. L’intrigue se concentre sur la rivalité entre deux bandes : les Sharks, formés de jeunes nés de parents émigrés de Porto Rico, et les Jets, qui vantent leurs racines blanches américaines, car nés aux États-Unis, mais dont les familles sont originaires d’Irlande, Pologne, etc. Tony et Maria appartiennent chacun à l’un des deux clans ennemis. Mais ils vont tomber fous amoureux lors d’un bal. Pour le meilleur et pour le pire…

”Les droits sont très compliqués à obtenir”
Daniel Hanssens reprend : “Avec les deux autres co-directeurs du festival Bruxellons !, Jack Cooper et Olivier Moerens, nous exprimons nos envies de comédies musicales. Nous essayons de varier les styles et d’élargir l’horizon des propositions, car nous sommes les seuls à faire cela du côté francophone. Quand nous nous sommes lancés dans l’aventure, c’était une gageure de commencer les comédies musicales en français, mais nous avons réussi notre pari”.

Preuve de son mérite, Bruxellons ! A reçu en 2022 le Trophée d’honneur aux Prix de la Comédie musicale à Paris. “À nos débuts, c’était difficile, se souvient le metteur en scène, car les droits sont très stricts et très compliqués à obtenir”. Mais, “au fil des années, nous avons acquis une reconnaissance auprès des auteurs, des ayants-droits, des avocats, etc., se félicite Daniel Hanssens. Ils sont venus voir et ont constaté que nos spectacles étaient de qualité. Nous avons désormais la porte ouverte pour créer un peu toutes les comédies musicales dont nous avons envie”.

Quand nous nous sommes lancés dans l'aventure, c'était une gageure de commencer les comédies musicales en français, mais nous avons réussi notre pari."
Daniel Hanssens, co-directeur du festival Bruxellons!

Ainsi, pour West Side Story, “nous avons reçu l’autorisation pour réinventer les chorégraphies et retraduire intégralement le texte nous-mêmes en français”. Un beau cadeau pour le festival Bruxellons ! Qui soufflera ses 25 bougies en août.

La danse, moteur de l’histoire
Première comédie musicale à avoir été mise en scène par un chorégraphe (Jerome Robbins), West Side Story est composée à 80 % de danses. “Avant, cela ne se faisait pas du tout. Les chansons, et encore moins les danses, n’avaient rien à voir avec l’intrigue principale, rappelle le danseur et chorégraphe Kylian Campbell. Or, ici, les chorégraphies participent à faire avancer l’histoire, au même titre que le jeu et les chansons”.

Alors que les versions de West Side Story au cinéma en 1961 et 2021 se distanciaient déjà, plus ou moins, des chorégraphies originales de 1957, comment Kylian Campbell a-t-il retravaillé les mouvements ? “De la même manière qu’il y a deux metteurs en scène, j’ai demandé à pouvoir collaborer avec un autre chorégraphe, explique-t-il. Étant donné que c’est une histoire d’opposition, entre deux familles, deux points de vue, il me semblait intéressant d’avoir la vision de deux chorégraphes au style différent. J’ai donc demandé à Antoine Pedros de me rejoindre : Antoine vient du monde des danses urbaines et moi, de la danse classique, mais nous sommes complémentaires”.

La chorégraphie de Jerome Robbins, qui était très avant-gardiste pour l'époque, a un peu vieilli."
Kylian Campbell, co-metteur en scène et chorégraphe de "West Side Story"

Pour créer leur univers chorégraphique, les deux hommes sont partis “d’une page blanche”, s’inspirant “de vidéos des années 50 – nous avons observé comment les gens dansaient à cette époque – ainsi que des danses latines (rumba, mambo…), notamment pour les scènes du bal”, détaille Kylian Campbell. Et comme la chorégraphie prévaut, la distribution des 25 interprètes sur scène, accompagnés de 15 musiciens live, a été guidée en vertu de leurs aptitudes en danse.

Et de relever : “Daniel et moi voulions vraiment représenter la violence qui sous-tend cette histoire d’amour. Or, la chorégraphie de Jerome Robbins, qui était très avant-gardiste pour l’époque, a un peu vieilli”. “Elle reste très impressionnante d’un point de vue technique, reconnaît le chorégraphe, mais, aujourd’hui, il y a d’autres manières d’exprimer ces sentiments, comme les danses urbaines. Même si elles sont anachroniques puisqu’elles n’existaient pas dans les années 50, elles peuvent malgré tout renforcer la vision que nous avons de cette histoire”.

Néanmoins, “Antoine et moi n’avions pas du tout envie de renier Jerome Robbins, donc il y a des petits clins d’œil ci et là, des pas parmi les plus emblématiques que nous avons repris et que les fins connaisseurs reconnaîtront”.

”Les spectateurs auront le vrai sens du récit”
Autre innovation apportée au livret d’origine d’Arthur Laurents, le texte (chansons comprises) a été entièrement traduit en français. Une première mondiale. Le pari est-il risqué quand on sait que la plupart des chansons de West Side Story sont des best-sellers en anglais ? “Non, affirme Daniel Hanssens. Par exemple, pour le titre America, la plupart des gens ne se souviennent pas des paroles, mais juste du gimmick 'papapapapa… in America'”, fredonne-t-il.

”Avec notre traducteur et adaptateur, Stéphane Laporte, on a testé plusieurs traductions – 'en USA, aux USA' –, mais ça n’allait pas. Finalement, on s’est dit que comme ce sont des Portoricains qui chantent, on pouvait très bien laisser 'J’ai envie de vivre en America' comme ça, les spectateurs gardent ce son-là. Pour la première fois, ils auront le vrai sens du récit puisqu’on va leur donner une vraie histoire en français”.

La Libre Belgique - Stéphanie Bocart - 7/7/2023

La Libre Belgique - Stéphanie Bocart - 7/7/2023

Critique - Depuis 2015, le festival bruxellois – qui fête ses 25 ans cette année – accueille un spectacle musical en plein air, dans la cour du château. Après Élisabeth (l’histoire de Sissi) l’année dernière, c’est donc la célèbre comédie musicale de Stephen Sondheim, Leonard Bernstein et Arthur Laurents qui déploiera ses couleurs. Avec une note inédite puisqu’elle sera interprétée pour la première fois en français.

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Un spectacle intemporel

Les lumières s’allument sur un décor urbain. Une voiture renversée, des grillages troués, des piliers et escaliers en métal adossés à des murs de brique, nous sommes à New York, dans les années 50. Une bande de jeunes, les Jets, traîne, se salue, échange quelques mots. Puis la tension monte. Un jeune de la bande rivale, les Sharks, vient provoquer les Jets. Les menaces fusent, avant que la police ne débarque et que tout le monde file.

Cette scène ouvre la comédie musicale West Side Story qui se jouera cet été au château du Karreveld dans le cadre du festival Bruxellons!.

Depuis 2015, le festival bruxellois – qui fête ses 25 ans cette année – accueille un spectacle musical en plein air, dans la cour du château. Après Élisabeth (l’histoire de Sissi) l’année dernière, c’est donc la célèbre comédie musicale de Stephen Sondheim, Leonard Bernstein et Arthur Laurents qui déploiera ses couleurs. Avec une note inédite puisqu’elle sera interprétée pour la première fois en français.

I"Roméo et Juliette" dans l’Upper West Side
Ceux qui sont familiers des versions cinéma, celle de 1961 ou le remake de Steven Spielberg (2021), ne seront pas tellement dépaysés. On reconnaît les chansons les plus emblématiques, America, Tonight, Maria ou Somewhere et la trame est évidemment la même.

Deux bandes rivales s’affrontent, l’une issue de la classe ouvrière blanche, les Jets. L’autre, les Sharks, sont de jeunes immigrés portoricains. Lors d’un bal, Tony, ami de Riff, le chef des Jets, tombe amoureux de Maria, la sœur de Bernardo, le leader des Sharks. Nous voilà avec une romance impossible, un Roméo et Juliette dans l’Upper West Side.

Créée en 1957, West Side Story n’est pas un spectacle intemporel pour rien. Le racisme contre les Portoricains est encore bien présent aux États-Unis. Les affrontements entre les Jets, qui se voient comme de vrais Américains parce qu’ils sont nés sur le sol U.S., et les Sharks ne paraissent donc pas dépassés. Seuls les costumes – les robes à frou-frou, les bretelles – et les coiffures, carrés bouclés et cheveux gominés – témoignent de l’époque.

Hormis la traduction en français (réalisée par Stéphane Laporte), la touche de neuf vient aussi des chorégraphies. Celles-ci ont été réinventées pour mieux coller à l’époque actuelle, tout en s’inscrivant dans l’esprit des danses des années 50.

Les 25 interprètes s’élancent donc pour illustrer le choc des corps, les oppositions et rivalités de gang. Ça se toise, ça se frôle, on sent l’explosion imminente. Les danses urbaines (anachroniques mais parfaitement intégrées) se mêlent aux pas latinos, rumba et mambo.

Mais sans délaisser pour autant des touches emblématiques que les fans du spectacle original reconnaîtront. Pendant un peu plus de deux heures (1 h 20 pour la première partie et 45 minutes pour la deuxième), les chanteurs/danseurs/interprètes donnent vie à l’intense tragédie des mondes qui ne se comprennent pas.

Ils font résonner les voix de ces jeunes immigrés qui ne trouvent pas d’autre place que celle de voyou, portés par la musique live d’un orchestre planqué dans la chapelle, derrière les décors. Pour parer aux caprices de la météo belge…

Elise Leenaerts - L'Avenir - 15/7/2023

Elise Leenaerts - L'Avenir - 15/7/2023

1

West Side Story au Karreveld. Magnifique ! Un sommet qui même à la fois le renouveau et la fidélité à ce chef d’œuvre des comédies musicales ! Merci à tous le comédiens chanteurs ds séries, merci au chorégraphe, merci aux musiciens, merci à la cheffe (ça s’écrit comme ça ?) d’orchestre, merci à Daniel Hanssens et Kylian Campbell qui ont dirigé tout cela de main de maître, merci à Olivier Moerens qui persévère dans cette fabuleuse aventure de « Beuxellons » après 25 ans de bons et loyaux services! Un pur bonheur ! Jetez-vous sur les dernières places !

Daniel Nicodème - Tuesday 11 July 2023 -

2

Admiré hier soir, veille de la première … époustouflant, bluffant, chorégraphies extraordinaires, combats menés avec réalisme et talent, scénographie incroyable et moderne, voix magnifiques, …lumières et effets spéciaux remarquables et orchestre en live, un must ! Je suis encore sur mon petit nuage ! Je reviendrai les voir !

Biz Momo - Wednesday 12 July 2023 -

3

Vu hier ! Magnifique !! Je recommande, l adaptation en français est très bien réussie ! Les danses, costumes, prestations des artistes - tout y est !! - j ai vraiment adoré 👌 bravo ! A voir vraiment 👏

Cecile la Petite - Friday 14 July 2023 -

4

Quelle claque artistique ! Que de talents conjugués !!! Même si comme moi, vous n'êtes pas fan de comédies musicales, vous serez éblouis par les différents tableaux sur la musique de Bernstein jouée en live; épatés par les performances des artistes de 1er ET de second ET 3e plans; vous vous attacherez à tous ces personnages grâce à la justesse de leurs interprètes. Impossible de ne pas être pris en immersion dans ce récit, et de ne pas en ressortir, après 2h, les yeux plein d'étoiles et la partie innocente et enfantine de vos cœurs encore conquise par l'un ou l'autre personnage (et d'avoir un/e ou plusieurs "chouchou/te/s") promettant des débats après spectacle🙂 Si j'ai été touché par toutes les performances, ma sensibilité fait que j'ai été conquis par le couple de ce Tony et cette Maria, si touchants et crédibles de candeur (mais aussi de tempérament et de pétillance éloignant Maria de toute niaiserie de princesses disnéennes); que j'ai découvert en Marina Pangos/Anita une comédienne totalement bouleversante qu'il me faudra revoir dans d'autres rôles tant sa palette d'émotions est juste et vaste: et malgré un rôle de second plan, et toutes les carapaces portées par un individu de presque 38ans à l'esprit critique, ma raison et mon cœur ont fondus devant l'énergie et le charisme de la talentueuse et non moins sublime Emmanuelle Lambaerts. Merci aux artistes, à l'équipe créative, aux techniciens et à l'organisation d'avoir accouché de cette si jolie perle qui est définitivement LE SPECTACLE A VOIR DE CET ETE. Pour ma part, je vais me dépêcher de trouver une 2e place pour revoir ce magnifique spectacle dont je pourrais revoir chaque représentation sans m'en lasser, tant il y a de détails et de nuances de jeu, de mise en scène et de chorégraphie à saisir de partout 🤩

Samuel Sammartino - Wednesday 12 July 2023 -

5

Félicitations! Un vrai plaisir pour les yeux, les oreilles et les émotions. Ca donne envie de danser 😉. Vu hier soir. Bravo à tous.

Sel-in Ker - Wednesday 12 July 2023 -

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