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L'événement culturel de l'été à Bruxelles!    

Une brève tentative d'histoire des Musicals

Chapitre 5 - 1866 1927 - Recherches

5.13. Les année '20: «Roaring Twenties», «Années folles» (1/3)

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Olive Thomas
(1894-1920)

Le 10 septembre 1920, Olive Thomas, star du cinéma muet et ancienne Girl des Ziegfeld Follies, meurt à Paris à l'âge de 26 ans. Son mari Jack Pickford a affirmé qu'Olive voulait prendre des somnifères, mais qu'elle avait «accidentellement» ingéré une bouteille de chlorure de mercure, une solution utilisée par Pickford pour traiter la syphilis.

Il est vite apparu que Olive Thomas avait été l'une des maîtresses de Florenz Ziegfeld. Réalisant qu’il ne quitterait jamais sa femme et sa fille, elle l'avait quitté en 1916 et épousé Pickford. La dépendance de Jack aux femmes, à l'alcool, à la drogue et au jeu a détruit leur mariage, et le couple passa son voyage à Paris à alterner entre fêtes sauvages et disputes animées. Olive avait-elle pris le mauvais médicament ou s'était-elle empoisonnée intentionnellement?

Douze jours après la mort d'Olive Thomas, son amie et camarade des Follies, Anna Daly a pris une overdose mortelle de barbituriques à New York, laissant derrière elle un message frénétique: «Il ne m'aime plus et je ne peux pas le supporter et Olive est morte.» Peu d'entre eux doutaient que le «il» était Ziegfeld. Le public américain désapprouvait qu'un homme marié ait des maîtresses; par contre, les conduire au suicide était méprisable. Ziegfeld s'est retiré de la lumière pendant un certain temps, sachant que tout allait s'estomper dès que le prochain scandale allait survenir.

En réalité, un torrent de lugubres scandales a rempli les journaux tout au long des années 1920, une décennie de bouleversements sociaux et artistiques. Pour la première fois, la majorité des Américains vivaient dans les villes. Le nouveau dix-huitième amendement de la Constitution a rendu illégale la fabrication, l'importation, le transport et la vente de boissons alcoolisées: la prohibition. En réaction, certaines remplissaient leurs baignoires d'alcool brut, mélangeant des tas d’alcools différents, et vendaient le mélange comme des «spiritueux». Des millions de personnes fréquentaient des «speakeasies», c’est-à-dire des bars clandestins créés dans les garages, des caves, … . L'alcool «importé» servi dans ces établissements était souvent fait à domicile, mais peu remettaient en question les gangsters armés qui leur fournissaient cette gnôle. Et l'alcool était généralement servi avec l’aide généreuse de la dernière mode musicale, le jazz.

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King Oliver's Creole Jazz Band, San Francisco 1921
Ram Hall Honore Dutrey, King Oliver, Lil Hardin-Armstrong, David Jones, Johnnv Dodds, Jimmie Palao, Ed Garland

Le Jazz

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No, No, Nanette
46th Street Theatre - Broadway (1971-1973)

Le jazz défie toujours la définition. Aux rythmes syncopés du ragtime et aux gémissements émotionnels du blues, le jazz a ajouté un élément d'improvisation. Cette musique était constituée principalement des inventions apportées à chaque performance par les chanteurs et les musiciens. Le jazz est une création afro-américaine, née à La Nouvelle-Orléans et nourrie dans les boîtes de nuit de Kansas City et Chicago. Comme nous l’avons vu, il allait largement être «récupéré» par des talents blancs. Les auditeurs ont fini par être totalement indifférent à la couleur des musiciens tant que le Jazz était frais et «hot».

Lorsque l'auteur F. Scott Fitzgerald a appelé les années ‘20 «L'âge du jazz», il parlait pour une génération qui a trouvé dans cette musique une expression pour sa passion, sa colère, sa douleur, et son énergie brute. Plus qu’agacés par la dévastation de cette «guerre menée pour mettre fin à toutes les guerres», ils avaient décidé d’enfin passer de sacrés bons moments, et le jazz était la musique avec laquelle ils ont pu faire la fête, faire l’amour et faire le deuil de cette terrible guerre. À la fin de la décennie, l'essor du «jazz hot» incarnait la nouvelle domination américaine sur la culture populaire dans le monde entier.

Bien que les musiciens de formation classique aient regardé le jazz avec la plus grande suspicion, une nouvelle génération de compositeurs de Broadway en a fait une partie de son vocabulaire. Certains musiciens de la vieille garde ont encore connu des succès extraordinaires en écrivant des opérettes qui ont défié ce «nouveau son», mais si Broadway voulait rester la source première de la chanson populaire, il a dû se mettre au nouveau rythme.

Et Broadway a vécu à un rythme fou au cours des années ‘20! En moyenne, plus de cinquante nouvelles comédies musicales sont créées chaque saison. Par exemple, en une période incroyable de seulement 6 jours en 1925, quatre grands succès ont ouvert:

  • 16 septembre : No, No, Nanette (), une des longues séries de la décennie
  • 18 septembre : The Vagabond King (), une opérette romantique impudique
  • 21 septembre : Sunny (), une comédie musicale avec en vedette Marilyn Miller
  • 22 septembre : Dearest Enemy (), le premier succès de Rodgers et Hart

Chacune de ces productions était résolument différente dans son style. Chacune a attiré l'attention du monde entier et introduit des chansons qui sont devenues des standards. À l’époque, Broadway était devenu l'une des principales sources de divertissement au monde, en particulier de nouvelles chansons à succès. Pendant la majeure partie de la décennie, le cinéma était muet, la radio commerciale n’en était qu’à ses balbutiements, et le Vaudeville fournissait à la scène un flot constant de nouveaux talents.



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