My Fair Lady
de Lerner & Loewe
★★★★★ «UNE DES MEILLEURES COMEDIES MUSICALES DU SIECLE» (NY TIMES)
Après le succès de La Mélodie du Bonheur, Evita et Sunset Boulevard, le Festival Bruxellons! est heureux de vous annoncer sa prochaine création : My Fair Lady appelé « the perfect musical ».
Ce grand spectacle familial nous plonge dans le Londres du début du XXème. siècle et nous compte l’histoire d’une simple vendeuse de fleurs rendue grande dame de la cour grâce au professeur Higgins.
Ce spectacle aux 8 Tony Awards vous attend cet été dans le cadre idyllique du Château du Karreveld à Bruxelles avec une quarantaine d’artistes.
Henry Higgins, professeur de phonétique misanthrope, parie avec le colonel Pickering qu’il peut faire passer la jeune vendeuse de fleurs Eliza Doolittle pour une lady rien qu’en effaçant son accent « cockney » très prononcé, signe de sa basse extraction sociale.
Après six mois de travail acharné pendant lesquels Eliza habite chez Higgins et bouscule sa vie de célibataire endurci, il parvient enfin à corriger son accent.
Il fait un premier test en la mêlant à public distingué des courses de chevaux d’Ascot…

Critique - ILS L’ONT FAIT… GRÂCE À L’ÉPATANTE MARINA PANGOS, L’ÉQUIPE DU FESTIVAL BRUXELLONS! RÉUSSIT À FAIRE OUBLIER LE FILM DE 1964 AVEC AUDREY HEPBURN. DE BROADWAY À MOLENBEEK, « MY FAIR LADY » ACCOMPLIT UN SACRÉ BOUT DE CHEMIN.
On aura vécu pour voir se mélanger Karl Marx et Audrey Hepburn, mais aussi Bourdieu et Walt Disney.
Si si! Vous êtes sceptiques? Foncez au Château du Karreveld découvrir My Fair Lady, comédie musicale américaine adaptée en français au festival Bruxellons!, et vous verrez: Marx pour la plongée dans le prolétariat londonien; Audrey Hepburn pour la classe intersidérale de la comédienne principale; Bourdieu pour l’importance du capital culturel dans la distinction des classes; et enfin, Walt Disney, parce qu’on reste tout de même dans le registre du conte de fées avec robes de princesses et parenthèses (en)chantées. Mise en scène par Jack Cooper et Simon Paco, My Fair Lady est tout cela à la fois. (…)
Absolument époustouflante, Marina Pangos porte ce personnage avec un charisme fou. Non seulement sa métamorphose est spectaculaire, depuis la gouailleuse fille des rues jusqu’à la « lady » au port altier, mais son travail sur les accents évite tous les écueils. Elle aurait pu sombrer dans une imitation locale du brusseleir ou une variation facile du ch’ti mais elle façonne plutôt une intonation bien à elle, mélange de mille influences, mais créé de toutes pièces.
Emporté par son jeu haut en couleur, le public pulse en rythme avec ce « musical » pétaradant. Franck Vincent affiche une arrogance sulfureuse dans le rôle de l’intraitable Higgins, les costumes se la jouent hollywoodiens (mention spéciale aux extravagants chapeaux d’Ascot) et l’orchestre, pimpant, rehausse ce tableau si « joâli », comme dirait my fair lady.
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Epoustouflante Marina Pangos
MARINA PANGOS: My fervente lady
ILS L’ONT FAIT… GRÂCE À L’ÉPATANTE MARINA PANGOS, L’ÉQUIPE DU FESTIVAL BRUXELLONS RÉUSSIT À FAIRE OUBLIER LE FILM DE 1964 AVEC AUDREY HEPBURN. DE BROADWAY À MOLENBEEK, « MY FAIR LADY » ACCOMPLIT UN SACRÉ BOUT DE CHEMIN.
On aura vécu pour voir se mélanger Karl Marx et Audrey Hepburn, mais aussi Bourdieu et Walt Disney.
Si si! Vous êtes sceptiques? Foncez au Château du Karreveld découvrir My Fair Lady, comédie musicale américaine adaptée en français au festival Bruxellons!, et vous verrez: Marx pour la plongée dans le prolétariat londonien; Audrey Hepburn pour la classe intersidérale de la comédienne principale; Bourdieu pour l’importance du capital culturel dans la distinction des classes; et enfin, Walt Disney, parce qu’on reste tout de même dans le registre du conte de fées avec robes de princesses et parenthèses (en)chantées.
Mise en scène par Jack Cooper et Simon Paco, My Fair Lady est tout cela à la fois, mais c’est aussi un fameux exploit qui revisite, sans imiter, une pièce que l’on pensait connaître par cœur, depuis le texte d’origine, Pygmalion , de George Bernard Shaw, jusqu’à la comédie musicale qu’en dégurgita Broadway, en passant par ses versions cinématographiques. En plein air, sous le ciel capricieux de Bruxelles, c’est une vision inédite qui se déploie dans le décor ingénieux de Francesco Deleo : un même espace dont certaines parois pivotent pour suggérer, tantôt la vie miséreuse autour de Covent Garden, tantôt l’intérieur cossu du Professeur Higgins, tantôt les allées des prestigieuses courses hippiques d’Ascot, tantôt les salons dorés du bal de l’ambassadeur. Construite sur deux niveaux, la scénographie annonce d’emblée sa portée symbolique puisque, dès les premières minutes, la haute société, en redingote et chapeaux à plumes, évolue au premier étage, toisant le peuple, en guenilles pour certains, relégué sur le plancher des vaches. Efficace parabole pour résumer cette fable sociale qui, sous ses allures de comédie, ausculte la société de classes qu’était, et reste encore aujourd’hui, l’Angleterre.
A travers l’histoire d’Eliza Doolittle, jeune vendeuse de fleurs qui fait l’objet d’un pari cruel, c’est un certain racisme social que dénonce George Bernard Shaw. En effet, spécialiste en phonétique, le professeur Higgins se targue de pouvoir transformer la petite bouquetière aux manières vulgaires en véritable duchesse, reine des cercles aristocrates. Parce que, dans l’Angleterre du début du 20e siècle, on pouvait coller une identité sociale à quelqu’un rien qu’en l’entendant prononcer telle ou telle voyelle, Higgins va harceler la jeune Eliza jusqu’à transformer son phrasé, poursuivant la métamorphose jusque dans son maintien et sa garde-robe. Cette intrigue pourrait d’ailleurs s’avérer méchamment sexiste – le très misogyne Higgins usant d’Eliza comme d’une « chose » – si la pièce ne laissait place, dans la deuxième partie, à la revanche de cette jeune fille bien déterminée à trouver, seule, le chemin de la liberté. Absolument époustouflante, Marina Pangos porte ce personnage avec un charisme fou. Non seulement sa métamorphose est spectaculaire, depuis la gouailleuse fille des rues jusqu’à la « lady » au port altier, mais son travail sur les accents évite tous les écueils. Elle aurait pu sombrer dans une imitation locale du brusseleir ou une variation facile du ch’ti mais elle façonne plutôt une intonation bien à elle, mélange de mille influences, mais créé de toutes pièces.
Emporté par son jeu haut en couleur, le public pulse en rythme avec ce « musical » pétaradant. Franck Vincent affiche une arrogance sulfureuse dans le rôle de l’intraitable Higgins, les costumes se la jouent hollywoodiens (mention spéciale aux extravagants chapeaux d’Ascot) et l’orchestre, pimpant, rehausse ce tableau si « joâli », comme dirait my fair lady.
Catherine Makereel - Le Soir - 7 août 2019
Catherine Makereel - Le Soir - 7 août 2019
Critique - Disons le franchement, ce "My Fair Lady" est un chef-d'oeuvre d'une sincérité et d'une justesse incroyable, j'ai trouvé que cette version était bien meilleure que celle du Théâtre du Châtelet de Paris que j'avais vu il y a quelques années et que je trouvais trop calculée et artificielle. (…) Marina Pangos est vocalement impeccable et son interprétation du rôle d'Eliza est fraiche et intense. (...) Franck Vincent est formidable dans son interprétation de Higgins. (…) Dans le Musical original, «Dans la rue où elle vit» est une chanson mélancolique montrant Freddy, frappé d'amour, aveuglé par Eliza. Dans cette version, la chanson devient un hymne fascinant pour le public quand il est chanté par Samuel Soulie, d'une voix remarquable et d'une présence impressionnante.
My Fair Lady a été appelé à juste titre «la comédie musicale parfaite» et la mise en scène du Festival Bruxellons est un modèle de perfection. Un conseil, courez vite au Festival Bruxellons voir cette merveille de Musical... Enfin Bruxelles devient Broadway !
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Ce "My Fair Lady" est un chef-d'oeuvre d'une sincérité et d'une justesse incroyable
Après "La Mélodie du Bonheur", "Evita" et "Sunset Boulevard", Le Festival Bruxellons met un quatrième Musical de Broadway à l'honneur... Cette année, c'est le grand classique de Broadway "My Fair Lady" à être mis en scène sur la grande scène du Château de Karreveld de Bruxelles !
"My Fair Lady", tout le monde connait son histoire tirée du grand classique de la littérature Pygmalion de George Bernad Shaw. Le Musical écrit en 1956 par Lerner et Loewe est revisité en Français sur une très bonne adaptation de Stéphane Laporte, Jack Cooper et Simon Paco. À noter, que ces deux derniers sont aussi les metteurs en scène de cette magnifique version en plein air.
L'histoire est celle de deux amis qui se rencontrent sous la pluie un soir à Covent Garden. Le professeur Higgins (Franck Vincent) est un scientifique en phonétique et le colonel (François Langlois), linguiste des dialectes indiens. Higgins parie avec Pickering qu’il peut, grâce à ses connaissances en phonétique, convaincre la haute société londonienne qu’en quelques mois qu'il sera en mesure de transformer la marchande de fleurs de Covent Garden à l'accent épouvantable, en une femme qui parlera comme une duchesse.
Bref, Ce n'est pas le genre d'histoire dont sont fait les comédies musicales traditionnelles. Il n'y a pas d'histoire d'amour. L'intrigue reflète l'attitude de Shaw à propos de la rigidité du système de classe britannique et sa ferme opposition à l'idée qu'une personne ne peut pas façonner son propre destin.
Disons le franchement, ce "My Fair Lady" est un chef-d'oeuvre d'une sincérité et d'une justesse incroyable, j'ai trouvé que cette version était bien meilleure que celle du Théâtre du Châtelet de Paris que j'avais vu il y a quelques années et que je trouvais trop calculée et artificielle.
Marina Pangos donne sa propre version d'Eliza. Elle nous interprète une jeune femme brillante, prise dans le système d'une société britannique, mais qui a le courage de s'élever au-dessus de son environnement.
Marina Pangos est vocalement impeccable et son interprétation du rôle d'Eliza est fraiche et intense. Je n'avais jamais vu cette artiste sur scène, j'en avais simplement entendu parlé et j'ai été très agréablement surpris. On ne pouvait pas rêver meilleur choix pour ce rôle.
Franck Vincent (que j'avais déjà vu à Paris dans plusieurs Musicals) est formidable dans son interprétation de Higgins. Il donne une image sensible, bien qu'un peu arrogante au rôle. Il ne dédaigne pas les autres... Il ne les considère même pas comme étant importants. Dans son univers, le monde tourne autour de ses besoins et de ses désirs. C'est tout son talent qui a accompli la tâche de transformer Eliza en femme du monde, mais il ne comprend pas du tout la raison pour laquelle celle-ci ne va pas continuer à être sa marionnette.
Daniel Hanssens s'amuse à être Alfred Doolittle, le père d’Eliza. Ses interventions sont marquantes et drôles, j'ai découvert dans ce Musical, un Daniel Hanssens qui pouvait chanter. Et je me suis amusé à le voir performer sur cette scène.
Dans le Musical original, «Dans la rue où elle vit» est une chanson mélancolique montrant Freddy, frappé d'amour, aveuglé par Eliza. Dans cette version, la chanson devient un hymne fascinant pour le public quand il est chanté par Samuel Soulie, d'une voix remarquable et d'une présence impressionnante. C'est un jeune homme très talentueux que je ne connaissais pas.
My Fair Lady a été appelé à juste titre «la comédie musicale parfaite» et la mise en scène du Festival Bruxellons est un modèle de perfection.
Un conseil, courez vite au Festival Bruxellons voir cette merveille de Musical... Enfin Bruxelles devient Broadway !
De Paris à Broadway, Paul Regnier
Paul Regnier - De Paris à Broadway - 27 juillet 2019
Paul Regnier - De Paris à Broadway - 27 juillet 2019

Critique - Bien sûr, les metteurs en scène Jack Cooper et Simon Paco n'auraient pas pu le réussir sans une distribution aussi brillante, avec Franck Vincent pleinement à l'aise en Henry Higgins, un rôle qu'il est né pour jouer, et l'étonnante Marina Pangos, incarnant avec habileté toutes les couches du voyage du personnage d’Eliza Doolittle la menant de la misère à la fortune. Il est clair qu'une star est née cette année à Bruxelles, comme en témoigne l'ovation debout de Marina.
Encore plus que dans le Sunset Boulevard de l'année dernière, l'ensemble de la distribution est proche de la perfection, avec le vétéran de Bruxellons! Daniel Hanssens, un irrésistible Alfred P. Doolittle, et Janine Godinas, une charmante Mme Higgins.
LONGUE VIE À BRUXELLONS! ET UN GRAND MERCI ENCORE À JACK COOPER ET SIMON PACO ET À LEUR ÉQUIPE POUR AVOIR SUBLIMÉ À BRUXELLES LES DÉBUTS TANT ATTENDUS DU VÉRITABLE THÉÂTRE MUSICAL EN FRANÇAIS. .
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A star is born this year in Brussel: Marina Pangos
Après des productions réussies de The Sound of Music, Evita et Sunset Boulevard les trois derniers étés, le Festival Bruxellons! présente cette année le chef-d'œuvre musical My Fair Lady de Frederick Loewe et Alan Jay Lerner dans une nouvelle et brillante adaptation de Stéphane Laporte, en collaboration avec Jack Cooper et Simon Paco, comme sur Evita et Sunset et qui ont tous deux mis en scène.
Pour célébrer le 20ème anniversaire du festival, il s’agit d’un très bon choix pour le public belge. Le Festival leur apporte le meilleur de Broadway avec une touche francophone, améliorant heureusement les aspects les plus politiquement incorrects du chef-d'œuvre tiré du Pygmalion de George Bernard Shaw, adapté par le génie méconnu qu’était Alan Jay Lerner. À l'ère d’un Broadway Disneyifié et du « politiquement correct » en toujours croissant, cette nouvelle version française montre avec hardiesse les aspects les plus provocateurs, les plus misogynes, et donc les plus drôles du livre, comme quand Henry Higgins dit: «Elle est à moi, j'ai payé 5 livres pour elle! »
Avec moins de moyens que la dernière reprise de Broadway, qui a donné à My Fair Lady une cure de jouvence visuelle, cette nouvelle version francophone explore le conflit intérieur du personnage principal et semble donc encore plus moderne et novatrice, surtout compte tenu du fait que le spectacle a été écrit en 1957.
Bien sûr, Jack et Simon n'auraient pas pu le faire sans une distribution aussi brillante, avec Franck Vincent pleinement à l'aise en Henry Higgins, un rôle qu'il est né pour jouer, et l'étonnante Marina Pangos, incarnant avec habileté toutes les couches du voyage du personnage d’Eliza Doolittle la menant de la misère à la fortune. Il est clair qu'une star est née cette année à Bruxelles, comme en témoigne l'ovation debout de Marina, qui tire sa révérence dans le cadre magnifique du théâtre en plein air du château de Karreveld, un lieu seulement entaché par ses minuscules chaises en plastique inconfortables, en particulier mal adapté pour une comédie musicale de trois heures dont vous voulez profiter de chaque minute.
Encore plus que dans le Sunset Boulevard de l'année dernière, l'ensemble de la distribution est proche de la perfection, avec le vétéran de Bruxellons! Daniel Hanssens, un irrésistible Alfred P. Doolittle, et Janine Godinas, une charmante Mme Higgins. Seul Samuel Soulie manque un peu de charisme comme Freddy Eynsford-Hill (certes pas le rôle le plus facile à jouer). L'ensemble fait aussi des merveilles, impeccablement formé par le chorégraphe Kylian Campbel, qui parvient à insuffler plus de danse dans cette My Fair Lady qu'il n'y en a régulièrement.
Bien que minimalistes, les décors de Francesco Deleo fonctionnent bien et les costumes de Béatrice Guilleaume sont à la hauteur de la tâche de se faire une place dans la descendance du grand Cecil Beaton, en particulier dans la scène Ascot, qui est rendue plus drôle par une simple plume dans le chapeau d'Eliza! L'orchestre de 16 musiciens dirigé rend également justice à la musique immortelle et luxuriante de Loewe.
Il y a eu plusieurs adaptations françaises de My Fair Lady dans le passé, mais seulement pour des productions en tournée. Celle-ci est de loin la meilleure et devrait être transféré à Paris, où le spectacle n'a été vu qu'en anglais, notamment au Théâtre du Châtelet en 2010 et 2011.
Longue vie à Bruxellons! et un grand merci encore à Jack Cooper et Simon Paco et à leur équipe pour avoir sublimé à Bruxelles les débuts tant attendus du véritable théâtre musical en français.
Cette production à ne pas manquer se jouera jusqu'au 7 septembre.
Patrick Honoré - BroadwayWorld (New York) - 31 juillet 2019
Patrick Honoré - BroadwayWorld (New York) - 31 juillet 2019
Critique - Marina Pangos et Franck Vincent excellent dans les rôles titres d’Eliza Doolittle en bouquetière des quartiers populaires et d’Henry Higgins en professeur de phonétique distingué. (...) Mention spéciale à Daniel Hanssens qui campe un Alfred Doolittle, père d’Eliza, plein de bonhomie et de joyeuse maladresse. Les chorégraphies, composées par Kylian Campbell (assisté de Lexia Cuvelier), apportent fraîcheur et dynamisme au spectacle. (...) Le choix des metteurs en scène Jack Cooper et Simon Paco de maintenir l’histoire au cœur de la société anglaise est donc d’autant plus judicieux que les écarts socio-économiques y étaient particulièrement patents selon l’accent des habitants.
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Toute la magie de Broadway au Château du Karreveld
La semaine dernière, La Libre expliquait comment l’équipe artistique du festival d’été en plein air Bruxellons ! avait œuvré à transposer en français les dialogues de l’une des plus fameuses comédies musicales anglo-saxonnes : My Fair Lady. Le défi était délicat vu qu’une grande partie du texte original repose sur les subtilités linguistiques de l’anglais. Et le moins que l’on puisse écrire, c’est que le pari a été brillamment relevé. Dimanche soir, lors de la première, les spectateurs, installés dans la magnifique cour du Château du Karreveld à Molenbeek, ont été totalement plongés dans la magie de Broadway. Le temps d’une soirée, ils n’étaient plus à Bruxelles sous un ciel moutonneux percé d’une lune presque pleine, mais dans le Londres du début du XXe siècle.
Placé dans la chapelle qui jouxte le plateau, l’orchestre, dirigé par Laure Campion (assistée de Julie Delbart), ouvre le spectacle avec un pot-pourri des airs les plus connus de My Fair Lady. Dans le public, les spectateurs sont déjà nombreux à taper du pied et dodeliner de la tête. Les artistes entrent en scène. Vêtus de somptueux costumes (signés Béatrice Guilleaume), ils prennent la pose selon leur classe sociale : les nantis au niveau supérieur du plateau et les miséreux, en-dessous. Car, si My Fair Lady est avant tout un spectacle romantique plein d’optimisme, il n’en occulte pas moins une réalité qui traverse les époques : le gouffre socio-économique entre les populations. Le choix des metteurs en scène Jack Cooper et Simon Paco de maintenir l’histoire au cœur de la société anglaise est donc d’autant plus judicieux que les écarts socio-économiques y étaient particulièrement patents selon l’accent des habitants.
Un Alfred Doolittle plein de bonhomie
Marina Pangos et Franck Vincent excellent dans les rôles titres d’Eliza Doolittle en bouquetière des quartiers populaires et d’Henry Higgins en professeur de phonétique distingué. Avec son accent créé de toutes pièces (qu’elle maîtrise aussi bien en jouant qu’en chantant), la jeune Française livre de sa voix cristalline une prestation éblouissante, teintée de charme, de piquant et d’humour. Le duo est entouré d’une solide distribution d’une vingtaine de comédiens alliant talent de chanteurs et danseurs. Mention spéciale à Daniel Hanssens qui campe un Alfred Doolittle, père d’Eliza, plein de bonhomie et de joyeuse maladresse. Les chorégraphies, composées par Kylian Campbell (assisté de Lexia Cuvelier), apportent fraîcheur et dynamisme au spectacle. Qui prend des airs définitivement féeriques grâce aux splendides décors, faisant voyager le public de Covent Garden au bureau cossu de Higgins en passant par les ors de l’ambassade de Transylvanie ou le jardin de Mrs Higgins.
Stéphanie Brocart - La Libre - 16 juillet 2019
Stéphanie Brocart - La Libre - 16 juillet 2019

Critique - Après avoir monté l’année passée la première version française de «Sunset Boulevard» d’Andrew Lloyd Webber, les réalisateurs Jack Cooper et Simon Paco ont à nouveau réussi à surprendre. La nouvelle adaptation répond aux exigences de l’original et les chansons sonnent aussi bien en français qu’en anglais, même si le «Rain in Spain» est devenu «En mai l’anglais». (…) Et il y a cette superbe actrice Marina Pangos qui non seulement possède une voix magnifique, mais qui sait nuancer son jeu de la fille de la rue ordinaire à cette créature sublime qu’elle sera à la fin, cette «Fair Lady». Franck Vincent joue parfaitement ce misogyne qui n’a pas le courage d’avouer ses sentiments contraires à son idéologie. Puis, il y a Daniel Hanssens qui atomise de l’énergie et de la joie pure comme papa d’Eliza. Tout l’ensemble joue et danse les chorégraphies de Kylian Campbell en perfection.
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Tout simplement sublime!
L’émancipation d’une bouquetière
NOUVELLE ADAPTATION DE LA COMEDIE MUSICALE «MY FAIR LADY» A BRUXELLES
Pour sa 21ème édition, le Festival «Bruxellons!» a produit une nouvelle adaptation de la comédie musicale «My Fair Lady», avec la musique de Frederick Loewe. Stéphane Laporte a écrit un nouveau livret et de nouvelles paroles. Depuis sa première à Broadway en 1956, avec les légendaires Julie Andrews et Rex Harrison dans les rôles d’Eliza Doolittle et du Professeur Henry Higgins, le show a conquis les théâtres du monde, quoiqu’on ait dû attendre jusqu’en 1968 que la comédie musicale soit montée en version française à Genève et jusqu’en 1977 qu’elle soit jouée en France à Lille. En Belgique, c’est en 1969 que «My Fair Lady» est produite à Bruxelles. Depuis, on n’y a pas joué de version autorisée jusqu’au 14 juillet, jour de la première open-air au château du Karreveld à Bruxelles-Molenbeek.
Faire une dame d’une bouquetière
La trame de «My Fair Lady» devrait être connue, soit par les innombrables versions qu’on a vues au Luxembourg ou dans les théâtres de la Grande Région, ou par le film de George Cukor, avec les inoubliables Audrey Hepburn et Rex Harrison. Dans la cour du Château du Karreveld se dresse un somptueux décor crée par Francesco Deleo, avec, en bas, le bureau du Professeur Higgins (Franck Vincent) ou le Covent Garden, où le professeur, expert en phonétique, rencontre pour la première fois cette fille de la rue au langage effroyable qui vend des fleurs, Eliza Doolittle (Marina Pangos), mais aussi son confrère le Colonel Pickering (François Langlois). En haut, il y a un couloir avec un parvis qui sert d’entrée aux chambres à coucher ou comme espace de réception au bal de l’ambassade.
Le colonel parie avec le phonéticien que celui-ci ne réussira pas à faire de la bouquetière une dame de la société. Eliza devient une honorable dame qui sait impressionner la mère de Higgins (Janine Godinas), le jeune Freddy Eynsford-Hill (Samuel Soulie) qui chante la plus belle chanson du show, «Dans la rue où elle vit» (On the Street Where You Live), et un élève de Higgins, Zoltan Karpathy (Steven Colombeen), qui la prend pour une Hongroise de descendance royale. Le père d’Eliza, Alfred P. Doolittle (Daniel Hanssens), un grand rhétoricien qui aime l’alcool, contribue avec ses amis à deux grands moments du spectacle: «Avec un petit coup de bol» (With a Little Bit of Luck) et «Faut qu’chois à Eglise à l’heure» (Get Me to the Church on Time). A la fin, l’invétéré célibataire Higgins, devenu avec le temps misogyne, a transformé Eliza en une femme indépendante, sûre d’elle-même, qui n’ira pas chercher les pantoufles de son maître, comme c’est le cas dans les versions classiques de «My Fair Lady». C’est à une belle surprise à laquelle on doit s’attendre.
Simplement magistral
Après avoir monté l’année passée la première version française de «Sunset Boulevard» d’Andrew Lloyd Webber, les réalisateurs Jack Cooper et Simon Paco ont à nouveau réussi à surprendre. La nouvelle adaptation répond aux exigences de l’original et les chansons sonnent aussi bien en français qu’en anglais, même si le «Rain in Spain» est devenu «En mai l’anglais».
Et il y a cette superbe actrice Marina Pangos qui non seulement possède une voix magnifique, mais qui sait nuancer son jeu de la fille de la rue ordinaire à cette créature sublime qu’elle sera à la fin, cette «Fair Lady». Franck Vincent joue parfaitement ce misogyne qui n’a pas le courage d’avouer ses sentiments contraires à son idéologie. «Pourquoi une femme ne peut pas être com- me un homme» se demande-t-il dans la chanson «Un hymne à l’homme» et tout est dit sur son caractère. Puis, il y a Daniel Hanssens qui atomise de l’énergie et de la joie pure comme papa d’Eliza. Tout l’ensemble joue et danse les chorégraphies de Kylian Campbell en perfection. «My Fair Lady» reste aussi en français une comédie musicale superbe, magistralement mis en scène dans la cour du château du Karreveld.
Christian Spielman - Letzeburger Journal (Luxembourg) - 16 juillet 2019
Christian Spielman - Letzeburger Journal (Luxembourg) - 16 juillet 2019

Critique - Bruxellons! sait gâter son public. Sa production en plein air est splendide. (…) La traduction française de Stéphane Laporte, Jack Cooper et Simon Paco est d’une grande justesse. (…) Marina Pangos livre une performance formidable. Cette dernière a souvent des airs de Laura Banenti qui jouait le même rôle il y a encore quelques semaines à Broadway. La troupe qui accompagne la comédienne française est aussi d'un excellent niveau, à commencer par le duo Higgins et Pickering (Franck Vincent et François Langlois). (…) Une mention spéciale pour les performances de Janine Godinas et Daniel Hanssens qui incarnent respectivement Mrs Higgins et Alfred Doolittle. (…)
Le festival émerveillera à coup sûr son public par la qualité de sa production. A voir absolument si vous êtes à Bruxelles cet été !
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Bruxellons! offre une performance extraordinaire
Le festival belge Bruxellons! revisite le mythe de My Fair Lady. Le grand succès de Broadway est en effet joué en plein air pendant tout l'été, jusqu'au 29 septembre prochain, au sein même de la cour du Château de Karreveld. Un cadre exceptionnel pour les leçons de diction d’Eliza Doolittle.
My Fair Lady est l’une des œuvres les plus iconiques de Broadway. Adaptée de la pièce Pygmalion, la comédie musicale signée Lerner & Loewe (Brigadoon ; Camelot) était devenue à l’époque l’œuvre la plus jouée sur la célèbre avenue. Le spectacle raconte l’histoire d’Eliza Doolittle, une marchande de fleurs londonienne qui devient l’objet d’un pari entre deux amis, le Colonel Pickering et le Professeur Higgins. Ce dernier est persuadé qu’il peut faire passer la femme d’origine modeste pour une vraie lady lors d’un bal avec la haute société, simplement en lui donnant des leçons de diction. Même s’il méprise sa partenaire au départ, il se prend finalement d’affection pour elle. Malheureusement, il ne le réalisera que trop tard, quand Eliza Doolittle parvient à s’émanciper de son bienfaiteur et prend son envol.
Plus de 60 ans après sa création, Bruxellons! propose sa version en français de My Fair Lady sous les étoiles. Le festival avait déjà prouvé son amour pour la comédie musicale en mettant à l'honneur Evita, La Mélodie du Bonheur et Sunset Boulevard pendant ses précédentes éditions. Cette année, Bruxellons! a trouvé des comédiens de choix pour incarner le célèbre trio de My Fair Lady : Marina Pangos (Alice, La Comédie musicale ; Oliver Twist Le musical) dans le rôle d’Eliza Doolittle, François Langlois (La Cage aux Folles ; L'Auberge du Cheval Blanc) en Colonel Pickering, et Franck Vincent (Kiss me Kate ; Chance) pour incarner Henri Higgins. Ce dernier est d’ailleurs une tête connue de l’événement bruxellois, puisqu'il avait déjà été à l’affiche de Sunset Boulevard lors de la dernière édition.
Une adaptation très réussie
Bruxellons! sait gâter son public. Sa production en plein air est splendide, avec un décor grandiose. Les chœurs et les chorégraphies sont réglées au millimètre dans une mise en scène simple et astucieuse. La traduction française de Stéphane Laporte, Jack Cooper et Simon Paco est d’une grande justesse. Un seul élément dérangeant est à noter : l’accent d’Eliza Doolittle, qui manque de cohérence. Dommage pour une pièce où la façon de parler des personnages et leurs origines sont au cœur de l’histoire.
Néanmoins, dès que l'héroïne perd son accent populaire, Marina Pangos livre une performance formidable. Cette dernière a souvent des airs de Laura Banenti (Gypsy ; She Loves Me), qui jouait le même rôle il y a encore quelques semaines à Broadway. La troupe qui accompagne la comédienne française est aussi d'un excellent niveau, à commencer par le duo Higgins et Pickering. C'est un régal de voir tous ces artistes sur scène pour ces près de trois heures de spectacle. Une mention spéciale pour les performances de Janine Godinas (La vie devant soi ; Un grand amour) et Daniel Hanssens (Le diner de cons ; Evita), qui incarnent respectivement Mrs Higgins et Alfred Doolittle.
Bruxellons!, le rendez-vous belge des amoureux de la comédie musicale
Malgré le caractère misogyne de My Fair Lady qu’aucune version ne pourra gommer, à moins de réécrire le livret, Bruxellons! offre une performance extraordinaire. Que l’on aime ou non l’œuvre de Lerner & Loewe, le festival émerveillera à coup sûr son public par la qualité de sa production. A voir absolument si vous êtes à Bruxelles cet été !
Philémon Heutte - Musical Avenue (Paris) - 29 juillet 2019
Philémon Heutte - Musical Avenue (Paris) - 29 juillet 2019

Critique - Le rôle d'Eliza est interprété de façon impressionnante par Marina Pangos. Cette jeune femme sait charmer le public avec sa belle voix, sa présence et son jeu. Elle possède ce don spécial de pouvoir exprimer avec une mimique et ses yeux expressif une ligne complète de texte. Et nous pourrions écrire une anthologie sur tous les membres du cast et de l'ensemble car, soyons honnêtes, il y a eu un très beau travail de casting. Un cast particulièrement fort et un ensemble tout aussi remarquable ont permis de créer une mémorable représentation sur scène.
Il semble que l'on a évalué chaque seconde de la pièce, travaillé sur le moindre mot avant de le replonger dans la globalité de l’œuvre.
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Souci extrême du détail pour une représentation mémorable
Le Festival Bruxellons fête ses 20 ans ces jours-ci. Pour cela, il n’y a pas de meilleur port d’attache que le Château du Karreveld à Molenbeek-Saint-Jean. Pendant environ deux mois, une grande diversité de spectacles y est programmée. Ce sont des comédies, du théâtre de marionnettes, du stand-up, théâtre musical, etc. Ces spectacles proviennent majoritairement de la Communauté Française de Belgique, mais nous retrouvons également au programme Anne Mie Gils avec THE PARTY IS OVER.
Souci extrême du détail
Depuis 2015, la comédie musicale fait partie de la programmation, et cette année le choix s’est porté sur My Fair Lady. Un classique qui se déroule à Londres au début du Xxe siècle, basé sur la pièce Pygmalion, qui illustre la lutte pour l'indépendance des femmes. La comédie musicale est née à Broadway en 1956 et un film a été tourné en 1964. À peu près tout ce qui a été créé au théâtre et au cinéma à l'époque a deux caractéristiques typiques: lent et verbeux. Parti vers Bruxelles avec pleins de préjugés? Musical Vibes doit avouer après avoir assisté à la première que les préjugés sont fait pour être dénoncés.
Eliza Doolittle, est une jeune vendeuse de fleurs dénuée de toute convenance et dotée d’un terrible accent « cockney ». Elle est la fille du brutal Alfred Doolittle. Lorsque le professeur Henry Higgins et son ami le colonel Pickering croisent Eliza vendant des fleurs à Covent Garden, les deux hommes font un pari. Le professeur est convaincu qu'il réussira à faire parler Eliza un anglais parfaitement correct et à lui enseigner les bonne manières sophistiquées afin qu'elle peut se déplacer dans les cercles supérieurs de Londres. Cela ne fonctionne pas sans heurts, mais Higgins finit par réussir. Ce à quoi il ne s’attendait pas, c'est qu'Eliza, à travers ce processus d'émancipation, allait prendre plus que jamais conscience qu'elle pouvait être complètement indépendante en tant que femme.
Un cast particulièrement fort et un ensemble tout aussi remarquable ont permis de créer une mémorable représentation sur scène.
Cette production bruxelloise prouve deux choses. Bruxellons! Peut faire des comédies musicales de haute qualité, et il est possible de présenter une comédie musicale anglosaxonne, même profondément ancrée à Londres, en Français. Un cast particulièrement fort et un ensemble tout aussi remarquable ont permis de créer une mémorable représentation sur scène.
Le rôle d'Eliza est interprété de façon impressionnante par Marina Pangos. Cette jeune femme sait charmer le public avec sa belle voix, sa présence et son jeu. Elle possède ce don spécial de pouvoir exprimer avec une mimique et ses yeux expressif une ligne complète de texte. Et nous pourrions écrire une anthologie sur tous les membres du cast et de l'ensemble car, soyons honnêtes, il y a eu un très beau travail de casting. Signalons ici que les stagiaires du Conservatoire de Bruxelles (section néerlandophone) sont tout à fait du haut niveau de cette production.
Il faut aussi lancer des fleurs à l’équipe qui a conçu et réalisé ce grand décor fonctionnel et très beau. Il y a beaucoup de changements de décors, mais ils sont exécutés si finement qu'ils sont totalement intégrés aux scènes et ne dérangent pas du tout. Et ici aussi, cela est dû au souci apporté aux moindres détails. On le voit dans les magnifiques costumes, dans les accessoires et dans tout ce qui se déroule sur scène. Il semble que l'on a évalué chaque seconde de la pièce, travaillé sur le moindre mot avant de le replonger dans la globalité de l’œuvre. De petits ajouts empêchent une scène de devenir ennuyeuse et la qualité du plan de la lumière parfait le tout. Les metteurs en scène Jack Cooper et Simon Paco ont clairement pu travailler avec une très solide équipe de créatifs. Que l'orchestre live, à la fin de l’entracte, divertisse le public avec une musique créatrice d’atmosphère, témoigne de son professionnalisme.
MusicalVibes - Jean Paul De Corte - 16 juillet 2019
MusicalVibes - Jean Paul De Corte - 16 juillet 2019

Critique - Bruxellons! propose un «My Fair lady» éblouissant, vigoureux comme aux premières heures, débordant de verve et de bienveillance. Une splendide façon de fêter les 20 ans du festival!
La mise en scène est de Jack Cooper et Simon Paco. C’est un spectacle de haut niveau qui plaira au beau monde comme aux chats de gouttière.
Cette version bruxelloise francophone de la comédie musicale est fidèle aux textes et à l’époque. Quel bonheur! La libre traduction de Stéphane Laporte est d’une grande saveur et d’une belle empathie littéraire.
Décernons aussi de multiples médailles pour les fabuleux costumes signés Béatrice Guilleaume et la scénographie de Francesco Deleo, les divines coiffures d’Olivier Amerlinck, les maquillages et perruques de Véronique Lacroix. Aux chorégraphies Kylian Campbell, aux lumières Laurent Kaye. A la direction musicale de l’orchestre, des solistes et des chœurs, la pétulante Laure Campion assistée par Julie Delbart.
Laure Godisiabois au mieux de sa forme. (…) Jeanine Godinas, royale. Emouvante, et sensible lorsqu’elle se prend d’amitié pour Eliza. (…) L’interprétation irréprochable de Marina Pangos est empreinte d’humanité profonde. Elle fait rire, elle fait pleurer, elle fait réfléchir, se poser des questions. (…)
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Un « My Fair lady » éblouissant !
Auriez-vous eu par hasard vent de l’exposition sur la vie d’Audrey Hepburn, « Intimate Audrey » , créée cette année à Bruxelles par son fils Sean Hepburn Ferrer, pour fêter les 90 ans de sa mère, dans la ville natale de l’artiste ? Celle-ci se tient depuis le 1er mai et jusqu’au 25 août 2019 dans l’Espace Vanderborght. Si elle est passée inaperçue et qu’elle ne vous a pas particulièrement fait dresser l’oreille, voici pour l’artiste comme pour nous, un merveilleux cadeau.
Il est offert par le festival « Bruxellons » qui propose un « My Fair lady » éblouissant, vigoureux comme aux premières heures, débordant de verve et de bienveillance. Une splendide façon de fêter les 20 ans du festival ! Sous la direction artistique de Daniel Hanssens qui s’est saisi du sujet des charmes de la phonétique anglaise et de la fable sociale, ce cadeau vous attend au château du Karreveld à Molenbeek, dans une version de comédie musicale bruxelloise inédite, peaufinée et impeccable.
La mise en scène est de Jack Cooper et Simon Paco. C’est un spectacle de haut niveau qui plaira au beau monde comme aux chats de gouttière. Tout y est beau et soigné : les décors, les costumes, la scénographie, les ensembles, les chorégraphies, le chant, et bien sûr la phonétique : irréprochable! Même transposée en français !
L’histoire
Qui ne se souvient donc pas des remarquables talents d’actrice d’Audrey Hepburn en 1964 et de sa présence hypnotique à l’écran, dans cette comédie musicale unique en son genre, même si pour les chansons, sa voix avait été doublée ? Elle sera à jamais associée au personnage d’Eliza Doolittle en interprétant le parcours fabuleux de l’insolente jeune vendeuse de violettes à l’accent cockney épouvantable, qui guettait quelques sous auprès de grands bourgeois au sortir de l’Opéra… dans le très pittoresque Covent Garden du début du XXe siècle. Incroyable coup du sort, Le colonel Pickering lui achète une fleur et son ami distingué phonéticien se prend au jeu de vouloir faire passer la gueuse pour une duchesse grâce à la qualité de ses manières et de son langage.
L’origine du spectacle
Georges Bernard Shaw avait commencé à écrire sa pièce « Pygmalion » au printemps 1912. La pièce fut jouée la première fois en 1913 en allemand, en Autriche, avant d’atteindre les feux de la rampe à Londres un an plus tard. Mais, toute sa vie, jusqu’en 1950, date de sa mort, Georges Bernard Shaw refusa que l’on adaptât sa pièce « Pygmalion » en opérette, repoussa tout essai d’adaptation cinématographique, hormis celle de 1938 avec Gabriel Pascal, où il conserva une supervision constante de l’adaptation. Penguin is Penguin (books) of course, le texte c’est le texte ! Librement inspiré du mythe grec de Pygmalion et de Galatée (popularisé par le poète romain Ovide dans ses Métamorphoses), « Pygmalion » et « My fair Lady » partagent beaucoup de points communs avec la satire sociale de Shakespeare, « The Taming of the Shrew », dans laquelle un homme brutal apparemment (mais pas tout à fait) se mesure à une femme à l’esprit libre. Si bien que Georges Bernard Shaw se disputa avec les metteurs en scène qui osèrent à maintes reprises vouloir donner une fin romanesque à l’histoire en l’ouvrant sur le mariage du Professeur Higgins et de sa protégée.
Foin des romances à deux balles
Si la jeune femme s’est construite grâce au professeur, l’admire sincèrement, et a vécu une relation unique avec lui, elle est devenue une autre personne et s’affranchit totalement de son influence. Shaw tient en effet à dénoncer la société anglaise où les femmes se laissaient soumettre. Si les femmes de plus de 30 ans peuvent voter en Angleterre dès 1918, Il faut attendre la loi de 1928 qui donna le droit de vote aux femmes à 21 ans quel que soit leur état de fortune. Vote For Women! La mise en scène n’a pas raté l’occasion de le souligner!
Les textes
Cette version bruxelloise francophone de la comédie musicale est fidèle aux textes et à l’époque. Quel bonheur ! La libre traduction de Stéphane Laporte est d’une grande saveur et d’une belle empathie littéraire. La musicalité de la langue anglaise a trouvé des échos francophones pleins de charme et de vivacité. Cette adaptation soignée sous la direction d’Olivier Moerens donne une performance remarquablement aiguisée du flegme anglais, incarné par le très rusé professeur Henry Higgins dont l’excellent Frank Vincent tire une interprétation très juste. Le personnage est archi plein de lui-même, archi fier de sa condition de « vieux célibataire confirmé », psychologiquement à côté de ses satanées pantoufles en matière de sentiments, inconscient du mal qu’il fait, mais étrangement sympathique.
Sous les étoiles
L’humour pétille sous les étoiles dans la cour du château du Karreveld. Les petites gens sont aussi bien campées dans le verbe, que les habitués d’Ascott. Décernons aussi de multiples médailles pour les fabuleux costumes signés Béatrice Guilleaume et la scénographie de Francesco Deleo, les divines coiffures d’Olivier Amerlinck, les maquillages et perruques de Véronique Lacroix. Aux chorégraphies Kylian Campbell, aux lumières Laurent Kaye. A la direction musicale de l’orchestre, des solistes et des chœurs, la pétulante Laure Campion assistée par Julie Delbart. L’image est retransmise sur des écrans discrets pour ceux qui s’intéressent à la magie de la baguette. Un orchestre live de 12 musiciens joue en effet dans la Chapelle du Château, respect aux instruments… mais ils viendront saluer le public qui trépigne de bonheur.
Les voix
La vigoureuse gouvernante du Professeur Higgins, Mrs. Pearce, a de l’ascendant. Elle lui rappelle « qu’on ne ramasse pas une fille comme on ramasse un galet sur la plage !» Elle est une voix de la raison. Elle représente la voix traditionnelle, maternelle, de la classe « inférieure ». Elle se rapproche rapidement d’Eliza qu’elle entend protéger… Un rôle à la mesure de Laure Godisiabois au mieux de sa forme.
Mme Higgins, la mère du professeur représente aussi la voix de la raison. Elle est jouée par Jeanine Godinas, royale. Emouvante, et sensible lorsqu’elle se prend d’amitié pour Eliza. Comme dans sa jeunesse, elle est féministe en diable et finalement insensible aux peines de cœur de son fils qui n’a toujours pas grandi malgré ses exploits linguistiques!
La troisième voix de la raison est bien sûr celle de Mr. Pickering (François Langlois), subtilement paternel, nanti de cette bienveillance qui lui fait traiter la bouquetière comme une duchesse, contrairement à son ami Henry Higgins !
Et puis il y a la voix du coeur, la vibrante voix du « love at first sight », sublimement « love me tender ! » de Samuel Soulie dans le rôle de Freddy. Eliza succombera-t-elle ? Elle demande à voir…
Le rôle-titre
Eliza Doolittle, affligée d’un parler populaire à couper au couteau, d’une phonétique branlante, d’une grammaire inexistante et d’un vocabulaire de charretier, succombe à la promesse condescendante du rusé linguiste, rêvant d’élévation sociale. Il parie que son entraînement intensif à la grammaire, style et élocution transformeront Eliza en objet désirable – l’œuvre dont il tombe en fait amoureux- employable, une fois l’expérience réussie, pourquoi pas dans un magasin de fleurs avec pignon sur rue ? Mais le pari gagné, Eliza Doolittle se retrouve seule. Elle se rebiffe et s’en va en claquant la porte. Bel exemple d’expérience sociolinguistique réussie, elle est dans une position délicate. Que va-t-elle devenir ? Comment subvenir à ses besoins avec le genre de compétences qui lui ont été données ? Elle est devenue « autre ». Il n’y a pas que la main de l’homme qui fasse mûrir le fruit ! L’interprétation irréprochable de l’artiste française Marina Pangos est empreinte d’humanité profonde. Elle fait rire, elle fait pleurer, elle fait réfléchir, se poser des questions. Fera-t-elle fléchir la misogynie universelle ? Ce rôle central est un catalyseur d’interrogations. Le maintien est celui d’une reine. Le jeu est sûr, la voix est belle, la métamorphose sublime, le résultat de la performance admirable : une force théâtrale et musicale surprenantes. Pourtant, à vrai dire, l’intrigue était finalement bien mince!
Mais pas que
Le père de la jeune femme a aussi bien des choses à nous dire et à partager. La vis comica de l’éboueur Doolittle (Daniel Hanssens) emporte par sa faconde et sa jovialité. Les petits ont autant d’arrangements que les grands bourgeois. A ses dépens, le très philosophe Monsieur Alfred Doolittle pleure la perte de sa liberté envolée, une fois contaminé par l’argent reçu d’un improbable héritage et dont il ne saurait se départir! Le voilà obligé de vivre pour les autres au lieu de ne vivre que pour lui-même! Mais malgré les coups de griffes à la bourgeoisie bien établie, la bonne humeur reste. C’est le plus bel héritage de ce spectacle hors pairs, fable vivifiante et festive.
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Trailer de "My Fair Lady"
1 minute et 6 secondes qui tentent de résumer 3h de spectacle.
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Le 6-8 - La Une RTBF
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