graphic logo  


L'événement culturel de l'été à Bruxelles!    

Antoine Guillaume assume!

De Sébastien Ministru

- -

Retour à la page précédente

Presse - Article complet


Ce qui tue l'homme, c'est la routine


Sur scène à Bruxelles jusqu'au 31 décembre, Antoine Guillaume pourrait bien lancer une nouvelle mode : aimer des chanteuses inconnues au bataillon.

Antoine Guillaume sait tout faire : danser, chanter et jouer la comédie. L'artiste aux mille talents le prouve sur la scène du Théâtre Molière à Bruxelles avec son spectacle "Antoine Guillaume Assume". Et démontre qu'il n'a pas froid aux yeux. Aimer inconditionnellement un tas de chanteuses inconnues et improbables? Même pas peur !

Antoine Guillaume, en lisant le résumé de votre spectacle et la fameuse anecdote sur les claquettes, on ne peut que penser au film "Billy Elliot"...
Mon spectacle, ce n'est pas vraiment Billy Elliot dans la mesure où mes parents ne se sont jamais opposés à ce que je danse. Mais l'histoire des claquettes, c'est quelque chose qui m'est personnellement arrivé. J'en ai vraiment demandé pour mes huit ans. Et au lieu de ça, j'ai reçu des gants de boxe et un punching ball. Mes parents croyaient me faire plaisir en agissant de la sorte. C'est raté. J'ai encore une photo avec le sourire poli que j'avais affiché à l'époque (Rires).

"Antoine Guillaume assume", c'est donc un peu l'histoire de votre vie.
Entendez-nous bien, c'est plutôt une fiction. Lors d'un concert il y a 3 ans, j'avais repris le répertoire de chanteurs inconnus. Nathalie Uffner et Sébastien Minestru ont adoré le concept. D'où l'idée d'utiliser l'univers musical que j'y avais dépeint et d'y intégrer une véritable narration. J'ai alors confié des tas d'anecdotes à Sébastien qui les a subtilement transformées. Si le texte avait été plus personnel, on n'aurait pas pu aller aussi loin dans la folie du spectacle. Exemple : je ne possède pas de housse de couette à l'effigie de Lizza Minnelli (Rires).

Votre passion pour les comédies musicales, qui est le thème central du show, est lui bien réel !
Je ne le cache pas, je vais régulièrement à New York et Londres pour voir les dernières nouveautés en la matière. Ce qui me plaît, ce n'est pas tant le côté strass et paillettes mais bien la précision avec laquelle les shows sont exécutés. Les artistes anglo-saxons ont compris qu'ils gagnent à être polyvalents. Vous savez danser, chanter et jouer de la comédie? Super ! Vous savez jouer à un instrument de musique? C'est encore mieux ! En Belgique, on ne mélange que trop rarement les disciplines. Mais pour ma part, j'aime utiliser ces trois potentiels.

Ce n'est pas la première fois que vous collaborez avec Sébastien Minestru. Un vrai coup de coeur artistique?
Sébastien, je l'ai rencontré il y a 10 ans avec eXcit. C'est le grand-frère que je n'ai jamais eu. Il a cette écriture d'une rare pertinence et en plus, il ne se repose jamais sur ses acquis. Même s'il a des sujets qu'il affectionne particulièrement comme l'homosexualité.

Justement, vous jouez régulièrement des rôles d'homos. Avez-vous l'impression d'être le "porte-drapeau" de la communauté gay?
Si on veut me voir de cette manière, on peut. Mais comme j'ai l'habitude de dire, demanderiez-vous à un comédien hétéro si ca l'ennuie d'incarner des personnages hétéros? Non. Et bien dans mon cas, c'est pareil. Le plus important est de respecter le public. Et si mon travail permet à des personnes qui ont dû mal à accepter leur homosexualité de se sentir mieux et d'oublier leurs tracas, j'imagine que c'est très positif.

A la base de votre spectacle, un message donc : soyez qui vous êtes.
Tout à fait. Le plus marrant, c'est qu'à la fin de mon show, de nombreux spectateurs viennent me voir et me racontent qu'ils ont été voir en concert telle ou telle chanteuse dont j'ai parlé il y a une poignée de minutes. Tout en précisant : "Mais ne le répétez surtout pas, j'ai trop honte!" Moi, je veux dire au public : "Acceptez votre différence et transformez-la en une richesse".

Que peut-on vous souhaiter pour 2012?
Que du bien (Sourire) ! Et aux gens je leur souhaite de trouver l'épanouissement dans leurs projets personnels. Avec la grisaille climatique et budgétaire que nous connaissons, il faut que les gens se définissent des points d'attache autres que ceux qui leur ont été imposés. Pour ma part, je considère la polyvalence comme la clé de l'épanouissement. Ce qui tue l'homme, c'est la routine.

L'Avenir - 22/12/2011

Retour à la page précédente

Top