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L'événement culturel de l'été à Bruxelles!    

La Mélodie du bonheur

De Rodgers et Hammerstein

Mise en scène de Daniel Hanssens et Jack Cooper - Une coproduction de Bulles Production, Cooper Production et La Comédie de Bruxelles - 25 représentations 11 juillet 4 septembre 2015

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Presse - Article complet


Sept enfants, époustouflants de maîtrise.


Evacuons d’emblée cette confession : l’auteure de ces lignes n’est pas une fan cathodique de La Mélodie du Bonheur. Pas une fois, nous n’avons tenu jusqu’au bout du film. Julie Andrews, qui squatte chaque congé de Noël avec sa voix de plus de quatre octaves, filmée à vol d’oiseau, bras en croix, sur des collines d’un vert à vous chlorophyller la rétine, sommet de mièvrerie d’opérette, c’est chaque fois la saccharine de trop qui vient faire regretter d’avoir repris de la bûche et des marrons glacés.

C’est, heureusement, l’effet inverse que produit cette Mélodie du bonheur fraîche comme un edelweiss, qui passe sous la langue comme un léger bonbon mentholé. Mise en scène par Daniel Hanssens et Jack Cooper, cette comédie musicale composée par Rodgers et Hammerstein file à toute allure.

Le scénographe Dimitri Shumelinsky a même trouvé une astuce pour convoquer les alpages autrichiens. C’est d'ailleurs sur ces sommets que démarre la pièce, la jeune Maria contemplant ses chères montagnes, et peut-être, au-delà, les promesses de son singulier destin. Réfugiée à l’abbaye de Nonnberg, à Salzbourg, où elle aspire à devenir religieuse, la jeune femme, véritable tornade d’énergie, ne semble pas faite pour cette vie monacale.

La mère supérieure la place alors comme gouvernante chez le veuf et autoritaire Capitaine Von Trapp. Elle conquiert peu à peu le cœur des sept enfants du Capitaine, en ponctuant notamment les journées de musique et de chant. Semant une douce fantaisie dans le foyer du très rigide Capitaine Von Trapp, cette gouvernante peu orthodoxe finira même par se faire épouser par ce dernier, dans une Autriche assombrie par la montée du nazisme. La destinée de la famille basculera ensuite lors d’un concours de chant organisé par un ami du Capitaine, prétexte pour fuir leur pays désormais annexé au IIIe Reich.

L’histoire est archiconnue, tout comme les chansons – « Do-Ré-Mi, Edelweiss, Bonsoir, Farewell » – que certains spectateurs chantent en chœur, plus ou moins discrètement, avec les artistes, mais la mise en scène a souhaité s’éloigner de l’approche un peu nunuche du film pour ne pas occulter la partie plus sombre de l’œuvre. « Pour nous, La Mélodie du Bonheur est un équivalent musical au Dictateur de Chaplin », souligne Daniel Hanssens.

Néanmoins, l’ensemble (trois heures, entracte inclus) avance sur un mode pimpant, emmené par une Laure Godisiabois juste en tous points. Loin des registres purement comiques où l’a jusqu’ici cantonnée la scène belge, la jeune comédienne déploie une palette délicate, d’une candeur jamais forcée et d’une générosité touchante.

Elle est entourée de sept enfants, époustouflants de maîtrise. Pour la plupart recrutés à l’Ecole Broadway, à Bruxelles, ils savent chanter, danser, jouer, avec une présence magnétique. Même la plus jeune, âgée de 7 ans, ne lâche pas le morceau, d’un bout à l’autre, faisant fondre le public comme la neige au printemps. Il se dégage une belle complicité entre ces tout jeunes talents et le reste de la distribution.

Pari largement réussi pour cette équipe de Bruxellons! qui vient confirmer, après le succès du Cabaret de Michel Kacenelenbogen, que la comédie musicale à la belge a désormais de beaux jours devant elle et n’a plus à rougir des « musicals » qui font courir les foules de l’autre côté de la Manche et de l’Atlantique. Les fans du genre peuvent se préparer à faire de belles économies sur les billets d’avions et de trains.

Catherine Makereel - Le Soir - 16 juillet 2015

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