Cinq jeunes gens Roméo et Juliette, Mercutio, Tybalt et Paris devront perdre la vie pour que trois vieux puissent continuer la leur… A quoi sert le sacrifice des jeunes gens? Roméo et Juliette n'est pas une tragédie … C'est plutôt une comédie qui tourne mal. Malgré l'interdit de leurs parents, Roméo et Juliette se trouvent, se rencontrent, se marient, font l'amour… Sans le contretemps d'une lettre qui n'arrive pas à son destinataire, l'issue pourrait en être heureuse…. La vie est parfois tragique, mais elle est aussi parfois terriblement bête. La pièce est une course-poursuite, très brève, entre le malheur et le bonheur, et jusqu'à l'ultime péripétie, on ne sait toujours pas qui va gagner."> Cinq jeunes gens Roméo et Juliette, Mercutio, Tybalt et Paris devront perdre la vie pour que trois vieux puissent continuer la leur… A quoi sert le sacrifice des jeunes gens? Roméo et Juliette n'est pas une tragédie … C'est plutôt une comédie qui tourne mal. Malgré l'interdit de leurs parents, Roméo et Juliette se trouvent, se rencontrent, se marient, font l'amour… Sans le contretemps d'une lettre qui n'arrive pas à son destinataire, l'issue pourrait en être heureuse…. La vie est parfois tragique, mais elle est aussi parfois terriblement bête. La pièce est une course-poursuite, très brève, entre le malheur et le bonheur, et jusqu'à l'ultime péripétie, on ne sait toujours pas qui va gagner." />
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L'événement culturel de l'été à Bruxelles!    

Roméo et Juliette

de William Shakespeare

Mise en scène de Daniel Hanssens - Une production du Festival Bruxellons! - 18 représentations ▪ 15 juillet ▸ 28 août 2003

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Peter Brook, Avec Shakespeare


Que peut-on dire à un jeune comédien qui s'essaie à un de ces grands rôles?

Oubliez Shakespeare.
Oubliez qu'il y a jamais eu un homme de ce nom.
Oubliez que ces pièces ont un auteur.
Pensez seulement que votre responsabilité en tant que comédien est de donner la vie à des êtres humains.

(Peter Brook)

Alors imaginez uniquement - comme un truc utile - que le personnage que vous êtes en train de travailler a vraiment existé, imaginez que quelqu'un l'a suivi partout en secret avec un magnétophone, de telle sorte que les mots qu'ils disaient soient vraiment les siens. Qu'est-ce que cela changerait ?

Les conséquences d'une telle attitude peuvent aller très loin.

D'abord, toutes les tentatives de penser qu'Hamlet est « comme moi » sont anéanties. Hamlet n'est pas « comme moi », il n'est pas comme tout le monde, parce qu'il est unique. Pour le prouver, faites une improvisation de n'importe quelle scène de la pièce. Écoutez attentivement votre propre texte improvisé : il peut être très intéressant, mais mot par mot, phrase par phrase, est-ce qu'il a la même force que le discours d'Hamlet ? Vous allez devoir admettre que ce n'est pas vraisemblable. Et il est absolument ridicule d'imaginer que quelqu'un puisse - échangeant Ophélie contre la fille qu'il aime ou Gertrude contre sa propre mère -, situation pour situation, s'exprimer avec l'intensité d'Hamlet, avec son vocabulaire, son humour, sa richesse de pensée. Conclusion : dans l'histoire, un homme comme Hamlet a existé, a vécu, respiré et parlé une seule fois. Et nous l'avons enregistré ! Cet enregistrement est la preuve que ces mots ont vraiment été dits. Ainsi convaincus, nous vient un vif désir de connaître cette personne exceptionnelle. […]

Cela ne nous conduit ni à la négligence, ni à un moindre souci pour le détail sensible du vers. Au contraire, chaque syllabe prend une nouvelle importance, chaque nouvelle lettre peut devenir un clou essentiel dans la reconstruction d'un cerveau d'une complexité énorme. Nous ne pouvons pas continuer à toujours commencer par une idée, un concept ou une théorie sur le personnage. Il n'y a pas de raccourci. Toute la pièce devient une grande mosaïque et nous nous rapprochons de la musique, du rythme, de l'étrangeté des images, des allitérations, même des rimes, avec la surprise et la modestie de la découverte, parce qu'ils sont bien des expressions nécessaires de créatures humaines hors du commun. […]

Ce n'est qu'en oubliant Shakespeare que nous pouvons commencer à le trouver.



Peter Brook, Avec Shakespeare,
Actes Sud/Conservatoire national d'art dramatique,
coll. « Apprendre », 1999

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