Roméo et Juliette
de William Shakespeare
Amour, amitié, passion, émotion, haine…
La plus célèbre des pièces de Shakespeare au Karreveld
Cinq jeunes gens Roméo et Juliette, Mercutio, Tybalt et Paris devront perdre la vie pour que trois vieux puissent continuer la leur… A quoi sert le sacrifice des jeunes gens?
Roméo et Juliette n'est pas une tragédie … C'est plutôt une comédie qui tourne mal.
Malgré l'interdit de leurs parents, Roméo et Juliette se trouvent, se rencontrent, se marient, font l'amour… Sans le contretemps d'une lettre qui n'arrive pas à son destinataire, l'issue pourrait en être heureuse….
La vie est parfois tragique, mais elle est aussi parfois terriblement bête. La pièce est une course-poursuite, très brève, entre le malheur et le bonheur, et jusqu'à l'ultime péripétie, on ne sait toujours pas qui va gagner.
La haine ancestrale entre deux grandes familles, les Montaigue et les Capulet, menace de faire basculer Vérone dans une guerre civile et la jeunesse elle-même ne connaît plusque le langage des épées.
Mais lorsque Roméo Montaigue rencontre Juliette Capulet, l'amour les foudroie avec la violence qui, dans cette ville, emporte la moindre action.
Ils oublient qu'un tel sentiment ne peut que les précipiter dans l'abîme, sans savoir que de leur mort naîtra la rédemption de toute une cité.
TOUT LE THÉÂTRE DE SHAKESPEARE ramène la même obsession: comment passer du chaos à la paix? Avec Roméo et Juliette, il l'exprime d'une fulgurante façon: dans un monde encroûté de vieilles haines, seuls l'amour et la jeunesse sauront nous sauver.
Pourquoi es-tu Roméo?
Renie ton père,
Refuse ton nom;
Ou si tu ne le fais,
Sois mon amour juré
Et moi je ne serai
Plus une Capulet.
Vous aimez l'amour ? Courez voir le Roméo et la Juliette du Karreveld. Ces deux-là s'aiment par-dessus tout, les comédiens qui les incarnent aussi. Denis Carpentier et Christel Pedrinelli s'investissent avec fougue et passion, sans fard, pour donner vie aux amants de Vérone et à des scènes d'une impressionnante sensibilité toute naturelle. Pour servir au mieux Shakespeare : L'amour des jeunes gens n'est pas vraiment dans le coeur, il n'est que dans les yeux.
Pascal Racan est le père de Juliette, toujours aussi imposant.
Didier Colfs, en martial Mercutio, est impeccable.
La chorégraphie d'Antoine Guillaume est un vrai moment de plaisir.
Si grouillante soit-elle, la mise en scène de Daniel Hanssens ne fait jamais désordre, sur des fonds sonores très appropriés, tel Massive Attack en pleine tension dramatique.
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L'amour, à Molenbeek comme à Vérone
Vous aimez l'amour ? Courez voir le Roméo et la Juliette du Karreveld. Ces deux-là s'aiment par-dessus tout, les comédiens qui les incarnent aussi. Denis Carpentier et Christel Pedrinelli s'investissent avec fougue et passion, sans fard, pour donner vie aux amants de Vérone et à des scènes d'une impressionnante sensibilité toute naturelle. Pour servir au mieux Shakespeare : L'amour des jeunes gens n'est pas vraiment dans le coeur, il n'est que dans les yeux.
La scénographie de Xavier Rijs leur réserve l'intimité qui leur sied via un plateau juché sur des escaliers, rehaussée par les lumières de Laurent Kaye, de l'aube à l'embrasement. La construction permet en outre de camper les trente-sept comédiens de la pièce. Si grouillante soit-elle, la mise en scène de Daniel Hanssens ne fait jamais désordre, sur des fonds sonores très appropriés, tel Massive Attack en pleine tension dramatique.
Pascal Racan est le père de Juliette, toujours aussi imposant. Laurence d'Amelio, en Madame Capulet, est tout aussi crédible dans ses cris et ses habits de drag queen. La nourrice (Nicole Valberg) souffre par contre de quelques excès de ton. A l'inverse, Juliette, pourtant juste, ne parvient pas toujours à porter sa voix assez loin. Christel Pedrinelli a la candeur et l'ardeur de l'héroïne. Mais Shakespeare lui-même lui fait dire : Que n'ai-je la voix du fauconnier pour appeler son oiseau, Roméo, irréprochablement interprété. Denis Carpentier sert son personnage avec une énergie toujours vraie, dans l'abattement, la joie ou les excès.
Didier Colfs, en martial Mercutio, est impeccable. Son rival, Tybalt (Nicolas Dubois), est assez adéquat, surtout quand la colère le fait trembler. Mais méfiez-vous de l'homme qui dort, Pierre, le serviteur des Capulet. Sous ses airs bonhommes et malgré son petit rôle, il en viendrait presque à voler la vedette aux amoureux pour s'imposer en coqueluche du public. Nicolas Géal est drôle, sa stature impressionnante, sa gestuelle appropriée. Enfin, si le prince de Vérone (Claudio Dos Santos) déçoit par une sévérité exagérée, Philippe Vauchel n'a aucun mal à imposer son frère confesseur et marieur.
Tout ce monde est réuni pour les rixes, mais aussi pour les danses. Au bal masqué des Capulet, malgré quelques longueurs, la chorégraphie d'Antoine Guillaume est un vrai moment de plaisir. Les ombres chinoises ajoutent à la magie. Le chorégraphe-comédien est aussi un infâme Paris, très juste, une vraie tête à claques gantée très bien campée.
Daniel Hanssens a réussi à concrétiser son idée de la pièce de Shakespeare, une comédie qui tourne mal. Le cadre du château offre à ceux qui restent au pays de l'évasion aux accents italiens. De l'émotion aussi, soulignée par les arrangements musicaux de Laurent Beumier. Ce que l'amour peut faire, l'amour ose le tenter. Le théâtre aussi.·
Le Soir - 17/7/2003 - Anne-Sophie Leurquin
Le Soir - 17/7/2003 - Anne-Sophie Leurquin
D'excellents acteurs participent à ce spectacle (totalement différent de " Macbeth " joué en ce moment à Villers –la -Ville): Pascal Racan (Mr Capulet), noble, autoritaire, haineux; Jean-Paul Dermont (Mr Montaigu) noble aussi , acrimonieux, agressif comme son ennemi de toujours , Capulet. L'acteur n'a que quelques répliques mais s'impose immédiatement assumant toute l'autorité voulue pour ce personnage. Nicole Valberg est étourdissante de bonhomie et de drôlerie dans le rôle de la nourrice. Un réel plaisir de la retrouver régulièrement sur nos scènes belges dans des rôles importants qu'elle défend avec bonheur et enthousiasme.
Ddier Colfs, un jeune acteur plein de talent , doté d'une bonne présence scénique et qui s'avère étonnant, percutant et sincère dans son interprétation de Mercutio, l'ami de Roméo. Nicolas Dubois a la vitalité et la haine de Thibalt , frère de Juliette , qui sera assassiné par Roméo au cours d'un combat .
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Un spectacle populaire plein de vie et d'une belle brochette d'acteurs.
Non seulement leur amour a brisé les lois, il les a détruites…
L'amour interdit, l'amour des adolescents qui réinventent l'amour au mépris des lois, voilà le cœur de " Roméo et Juliette" dont l'éternelle jeunesse a traversé les siècles sans prendre une ride…
37 comédiens défendent cette œuvre immortelle avec en tête : Christel Pedrinelli (Juliette) et Denis Carpentier (Roméo), deux jeunes acteurs qui reflètent remarquablement la personnalité de leur personnage : Roméo quelque peu insouciant (qui abandonne très rapidement une jeune fille avec laquelle il comptait se marier- tombant follement amoureux de la jeune Juliette qui n'a pas encore 14 ans) , et celle-ci toute menue, délicate , gracile, qui manifeste dès sa rencontre avec Roméo sa volonté , sa décision , son amour sollicitant auprès de son futur mari les premiers baisers et premières caresses. Ils sont vrais et émouvants tous les deux et jouent les scènes d'amour (d'une grande beauté poétique) à merveille. Pour moi, ces séquences se situent parmi les meilleurs moments du spectacle .
Daniel Hanssens n'a pas voulu dater cette histoire d'amour. Aux spectateurs à en situer l'époque. Les costumes de Corine de Laveleye peuvent aider. Curieux et même anachronique ce pantalon noir moulant que porte Madame Capulet ( Laurence d'Amélio) !
D'excellents acteurs participent à ce spectacle (totalement différent de " Macbeth " joué en ce moment à Villers –la -Ville) : Pascal Racan (Mr Capulet) , noble , autoritaire , haineux ; Jean-Paul Dermont ( Mr Montaigu) noble aussi , acrimonieux, agressif comme son ennemi de toujours , Capulet. L'acteur n'a que quelques répliques mais s'impose immédiatement assumant toute l'autorité voulue pour ce personnage .
Nicole Valberg est étourdissante de bonhomie et de drôlerie dans le rôle de la nourrice. Un réel plaisir de la retrouver régulièrement sur nos scènes belges dans des rôles importants qu'elle défend avec bonheur et enthousiasme.
Ddier Colfs , un jeune acteur plein de talent , doté d'une bonne présence scénique et qui s'avère étonnant, percutant et sincère dans son interprétation de Mercutio, l'ami de Roméo .
Nicolas Dubois a la vitalité et la haine de Thibalt , frère de Juliette , qui sera assassiné par Roméo au cours d'un combat .
Nicolas Géal,( fils de José Géal -Toone 7) tout jeune acteur aborde la scène en professionnel pour jouer le rôle de Pierre, serviteur des Capulet. Il a conquis immédiatement le public avec ses airs de bonhomie, son naturel, sa drôlerie, ses mines réjouies ou naïves et son côté sarcastique. Il a de qui tenir !
Philippe Vauchel est parfait dans le personnage du frère franciscain.
Laurence d'Amélio (Madame Capulet, mère de Juliette) est magnifique, élégante, noble, hautaine dans un personnage finalement assez effacé. Mais pourquoi lui fait-on porter des chaussures aux extrêmes hauts talons ?
Les combats à l'épée réglés par Jacques Capelle -souvent d'une grande violence et très dangereux - sont exceptionnels . On se croirait au cinéma, avec cette différence qu'au théâtre, c'est en direct .
Quand on monte un Shakespeare , on est tenté de tout renouveler ! La trouvaille inattendue, imprévisible de Daniel Hanssens est bien la séquence du bal où les Capulet reçoivent leurs amis ( et parmi lesquels s'est glissé Roméo) Tous les acteurs y participent et accomplissent des prouesses et mouvements de danses, rock, tango et autres rythmes., chorégraphiés par le jeune Antoine Guillaume. Véritable comédie musicale, il ne manque que les claquettes…Chapeau à tous !
Moi qui suis toujours très attentif au décor sonore et musical d'un spectacle, j'avoue avoir été déçu par celui réalisé par Laurent Beumier. C'est très hollywoodien avec un mélange de musiques assez hétéroclites. .
Le décor est simple mais fonctionnel : un grand praticable fixé sur la scène du théâtre, avec ses entrées, sorties et ses marches. Le château n'est pas utilisé sauf une seule apparition à l'une des fenêtres . C'est peut-être dommage !
Un bon et long spectacle ( 3h30 avec l'entracte). Le texte magnifique , a été revu et actualisé parfois par Daniel Hanssens. Un spectacle populaire plein de vie et d'une belle brochette d'acteurs. Cela donne chaud au cœur de les voir saluer sur le coup de minuit trente.
Le théâtre de plein air existe vraiment maintenant en Belgique. Villers et le Karreveld en sont une belle preuve tangible .
C'est Jean Vilar qui disait : Beaucoup d'entre nous comprennent qu'il est nécessaire une fois de plus de faire " respirer le théâtre " L'avenir du théâtre n'est pas dans le huis clos…
Et qui ajoutait :Le théâtre n'est pas seulement qu'un divertissement, un objet de luxe, mais le besoin impérieux de tout homme et de toute femme…
Le Karreveld , c'est une alternance de pièces et de magie : " To dream or not to dream Consultez les affiches, vous comprendrez.
Cinemaniacs - 7/2003 - Roger Simons
Cinemaniacs - 7/2003 - Roger Simons
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Version pleine page (seule version disponible monde Apple)
Un mythe, une tragédie, un rêve, …
De la Renaissance à nos jours, cette histoire d’amour universelle a toujours inspiré le monde des arts.
Bien que Roméo et Juliette soit classés dans l'œuvre de Shakespeare parmi les tragédies, c'est celle qui se rapproche le plus des co-médies. Les jeunes amants et leur combat contre l'au-torité sont présents dans Comme il vous plaira et dans Le Conte d'Hiver.
Ces comédies sont construites autour de thèmes centraux bien définis: la stupidité non remise en cause des gens plus âgés face à la joie de vie affirmée des jeunes. Les jeunes amants sont obligé de naviguer au milieu d'obstacles placés par la vanité de personnes plus âgées. Les parents sont stupides et ne savent pas ce qui sera le mieux pour leurs enfants ou eux-mêmes...
On peut donc dire que Roméo et Juliette commence sous l'aspect d'une comédie - la génération des parents stupides, l'attraction instantanée de deux jeunes amants, la vie rapide et superficielle rapide faite de batailles de rue, de bals masqués, des domestiques comiques. A cet égard, on pourrait considérer Roméo et Juliette com-me une pièce transitoire dans laquelle Shakespeare mélange les éléments comiques, qu'il a déjà pu perfectionner dans ses pièces antérieures, avec des éléments tragiques qu'il perfectionnera plus tard dans les grandes tragédies - l'Hamlet, Othello, Macbeth et le Roi Lear.
La source principale de Shakespeare pour "Roméo et Juliette" est une poésie d'Arthur Brooke appelée The Tragicall Historye of Romeus and Iuliet, écrite en 1562.
Suite
La première édition rassemblée (recueil) de trente-six pièces a lieu en 1623 (soit sept ans après la mort de Shakespeare). Ce recueil est l'œuvre d'acteur issus de la compagnie de Shakespeare. Ce livre est habituellement connu sous le nom de Premier Folio. Il s'agit d'un grand livre, impressionnant, imprimé sur des feuilles de papier pliées seulement une fois. On trouve sur la page de titre Mr William Shakespeare's Comedies, Histories, and Tragedies.
Suite
Que peut-on dire à un jeune comédien qui s'essaie à un de ces grands rôles?
Oubliez Shakespeare.
Oubliez qu'il y a jamais eu un homme de ce nom.
Oubliez que ces pièces ont un auteur.
Pensez seulement que votre responsabilité en tant que comédien est de donner la vie à des êtres humains.
(Peter Brook)
