L'eau du loup
de Pietro Pizzuti
Un texte engagé
Une vieille maison coloniale dans un pays du Sud. Au fond de la propriété sourd une source millénaire à laquelle tout le village de Chaclacayo Alto puise la vie. Une femme et un homme aux cheveux blancs se parlent. Tout semble les séparer : il est Président Directeur Général d’une des plus importantes entreprises mondiales d’exploitation d’eau, elle possède la propriété. Tout les sépare… depuis l’enfance.
Lui : La source du Loup est un enjeu qui vous dépasse. Je suis revenu pour vous éviter d’en être dépossédée.
Elle : Et tu… (Il la regarde) Vous. Vous vous y prenez toujours aussi mal.
Lui : J’ai fait rédiger un contrat dont les clauses vous sont favorables.
Elle : (de but en blanc) Le Rio amazonien jette plus de dix km³ d’eau par minute dans l’Océan Atlantique. Avec un pareil volume d’eau chaque habitant de la terre pourrait
prendre un bain toutes les quarante minutes. Vous le saviez ?
Lui : …
Elle : Alors comment se fait-il que quinze millions d’êtres humains meurent de soif chaque année ?
Lui : Parce que…
Elle : Parce que des Sociétés comme celle que vous présidez font leurs choux gras en vendant ce qui est à tout le monde.
Lui : C’est simpliste.
Elle : Enfantin.
Lui : Vous devriez savoir que c’est la seule façon de garantir une eau potable de qualité dans le monde entier.
Elle : Réservée à ceux qui ont les moyens de l’acheter.
Lui : Nous appliquons des mécanismes de taxation par paliers de consommation.
Elle : C’est sans doute pourquoi un milliard et demi de personnes sur terre n’y ont pas accès. En 2025 ils seront plus de quatre milliards, la moitié de l’humanité.
Lui : Le problème n’est pas simple.
Elle : Le marché, vous voulez dire.
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