Sarah et le cri de la langouste

de John Murrel - Adaptation E-E Schmitt

Mise en scène: Daniel Hanssens
Une production Argan42
2 représentations ▪ 23 et 24 août 2011

Chant du cygne de la mythique Sarah Bernhardt

Vingt-quatre ans après son interprétation de Sarah Bernhardt, au Théâtre du Parc, Jacqueline Bir rendosse le costume de La scandaleuse (un des surnoms de la comédienne). «Divine» aux yeux d’Oscar Wilde, «Voix d’or» pour Victor Hugo, «monstre sacré» du théâtre français selon l’expression choisie de Sacha Guitry, la grande tragédienne Sarah Bernhardt inspire Sarah et le cri de la langouste au dramaturge John Murrell. Dialogue intimiste et vibrant, drôle autant qu’émouvant, la pièce en deux actes, est une évocation bouleversante de l’actrice au soir de sa vie qui, se confiant à son fidèle majordome, fait revivre ses souvenirs

Eté 1922… Sarah Bernhardt, vieillie, tente de dicter ses mémoires à son secrétaire Pitou.
Pour l’aider à se souvenir de cette vie d’aventure, d’audace et de fantaisie, il accepte de jouer les personnages qu’elle veut retrouver.
Ainsi, sa mère, sa sœur, son amant, son mari, son fils, son imprésario américain, un machiniste, Oscar Wilde et George Bernard Shaw répondent tour à tour à une Sarah Bernhardt défiant sa propre mort entre vie et théàtre.

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Jacqueline Bir


CREATEURS
AuteurJohn Murrel 
AdaptateurEric-Emmanuel Schmitt 
Mise en scèneDaniel Hanssens 
Décor sonoreLaurent Beumier 
LumièreLaurent Kaye 
Scénographie et costumesVincent Lemaire 
AVEC
Sarah BernardtJacqueline Bir 
Georges Pitou, secréatire de S. BernardtAlexandre Von Sivers 
Une production Argan42

Jacqueline Bir et Alexandre von Sivers


Merci Monsieur Von Sivers. Merci Madame Bir.
"Sarah" est une œuvre superbe. Après que Georges Wilson l’a adaptée pour la première fois en 1982, en se mettant en scène avec Delphine Seyrig, la pièce a traversé les âges. Jacqueline Bir s’y était déjà impliquée. C’était il y a 25 ans avec Roger Dutoit. Elle réapparaît aujourd’hui, dans une adaptation d’Eric-Emmanuel Schmitt et une mise en scène signée Daniel Hanssens, à propos de laquelle il n’y a rien à redire. C’est beau, c’est décadent, c’est tendre, c’est violent.

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Sarah, parce que le soleil ne se couche jamais

Sarah Bernhardt, entre grandeur et fragilité. Bir et Von Sivers sont sublimes.

Sarah et le cri de la langouste". Ne cherchez pas le crustacé. Vous ne le retrouverez pas ou alors peut-être après, en y réfléchissant bien. Le texte que le Canadien John Murrel a écrit dans les années 70, est peut-être un hommage à Sarah Bernhardt. Mais c’est aussi une réflexion parfaitement sentie sur la vie, la vieillesse et le jeu avec la mort. Un jeu qui devient subtilement sournois lorsque celle qui affronte son destin est une comédienne pétrie de souvenirs et de mensonges.

"Sarah" est une œuvre superbe. Après que Georges Wilson l’a adaptée pour la première fois en 1982, en se mettant en scène avec Delphine Seyrig, la pièce a traversé les âges. Jacqueline Bir s’y était déjà impliquée. C’était il y a 25 ans avec Roger Dutoit. Elle réapparaît aujourd’hui, dans une adaptation d’Eric-Emmanuel Schmitt et une mise en scène signée Daniel Hanssens, à propos de laquelle il n’y a rien à redire. C’est beau, c’est décadent, c’est tendre, c’est violent.

A la fin de sa vie, la grande Sarah Bernhardt, fatiguée et mutilée, se lance dans le récit de ses mémoires. Pour l’assister dans cette ultime mission vers le public, Pitou, son secrétaire, à la fois confident et souffre-douleur. Celui à qui elle veut tout confier, se confier. Alexandre Von Sivers intègre avec superbe et discrétion ce rôle de faire-valoir tantôt docile, tantôt rebelle et qui procure aux dialogues une force humaine qu’on ressent jusqu’au dernier rang. Il y a entre ces deux-là une complicité qui transcende le scénario, et une forme de respect mutuel dont le public se contente de jouir.

Sarah voit le soleil décliner et ce soleil est son miroir. Lorsqu’elle décide de l’affronter en face à face, elle découvre dans ce reflet les souvenirs d’une vie qu’elle a oubliée. Ou plutôt dont elle ne veut pas se souvenir. Dans ses mémoires, à la lettre "A", le dossier "amour maternel" est resté vide. Il y a des souvenirs qui doivent disparaître et qu’il faut briser avec violence pour ne laisser au public que "les miettes de ma vie". Sa mère, sa sœur, son fils, son mari ce machiniste qui est la cause de l’amputation de sa jambe. Tous ces souvenirs enfouis refont surface, alors que le soleil se couche. Mais Sarah refuse de les entériner tels quels. Elle veut les amender, les réécrire, les mettre en scène Pitou se prête au jeu et donne à ce drame des allures burlesques, drôles et tellement sincères qu’on ne peut s’empêcher de sourire, alors que la vieille dame indigne s’éteint comme un soleil couchant. Mais Pitou se veut prévenant : "Ah, Madame, vous mourez toujours très bien !" Mais c’est parce que la comédienne est comme le soleil : "Il ne se couche pas, il se lève ailleurs." La mort n’est donc qu’une illusion, un grimage de la vie. Sarah, fardée comme un Pierrot, veut nous en convaincre. Et on y croit. Merci Monsieur Von Sivers. Merci Madame Bir.

La Libre Belgique - 11/10/2010 - Yves Cavalier

La Libre Belgique - 11/10/2010 - Yves Cavalier

En offrant à Jacqueline Bir et Alexandre Von Sivers cette merveilleuse partition, le metteur en scène Daniel Hanssens a fait un choix plus que judicieux.
La première, tragédienne et comédienne, se glisse idéalement dans la peau de cette femme en pleine prise de conscience, taraudée par l’idée de mourir.
Mutine, cabotine, pathétique, les yeux pétillants de plaisir, le regard éperdu et douloureux, Jacqueline Bir incarne toute la démesure de la grande Sarah.
On retrouve ici un formidable Alexandre Von Sivers.

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Un petit bijou théâtral

Vingt-quatre ans après son interprétation de Sarah Bernhardt, au Théâtre du Parc, Jacqueline Bir rendosse le costume de La scandaleuse (un des surnoms de la comédienne).
À quelques différences près.
Le roman de John Murell est, cette fois, traduit et adapté par Eric-Emmanuel Schmitt.
Les inconditionnels de Oscar et la dame rose y retrouveront l’humour, la tendresse et la faconde de l’écrivain (désormais) belge.
Cependant, son imagination et sa verve sont quelque peu limitées par le texte original.
L’auteur situe l’action dans le décor statique de la terrasse d’une maison de Belle-Île-en-mer, avec pour seule variation, la lumière du soleil.
Il y place Sarah Bernhardt, quelques années avant sa mort et son secrétaire Georges Pitou.
Elle, qui a mis en scène chaque minute de sa vie, travaille à la rédaction de ses mémoires soucieuse de garder la mainmise jusque sur les traces qu'elle laissera après son décès.

Entre souvenirs et vérités, la femme se dévoile, révélant failles et faiblesses derrière les lubies, les excentricités, les injustices et les mensonges extraordinaires dont elle était coutumière.
Pour l'aider à mieux revivre les instants cruciaux (et souvent douloureux) qui ont jalonné son existence elle oblige Pitou à endosser la personnalité de ceux qui ont l'influencée.
Confident, domestique, protecteur, voire souffre-douleur, l’homme se voit presque forcé de devenir un partenaire de jeu.
Tour à tour, il incarnera, entre autres, sa mère, son mari, son fils, son imprésario américain, un machiniste, Oscar Wilde, etc.
Bribe par bribe, au fil des évocations, elle se dévoile.
Chaque confidence dessine au plus près le tableau d’une femme âgée, amère, déçue, d’une égocentrique excentrique.
Mais qui, près d’un siècle après la mort de Sarah Bernhardt, se souvient encore de ses succès, de son audace et de son mépris des conventions ?
C’est d’ailleurs un peu là que se situe le point faible du spectacle.
Autobiographique, intimiste même, Sarah et le cri de la langouste est le portrait d’une recherche de soi-même au-delà des apparences.
Mais ce genre théâtral et la longueur de la pièce évitent mal le double écueil de la lourdeur et de la longueur malgré l'alternance entre passages pétillants, crises de colère et aveux pathétiques.
Avec le recul, on comprend pourtant aisément qu'il est quasi impossible de raccourcir ou de sabrer dans le texte, car c'est un tout, une progression soigneusement construite qu'il serait dommage de sacrifier sur l'autel du sacro-saint timing.
Pire, cela frôlerait le sacrilège que de détricoter un tel portrait psychologique.
D'autant qu’en offrant à Jacqueline Bir et Alexandre Von Sivers cette merveilleuse partition, le metteur en scène Daniel Hanssens a fait un choix plus que judicieux.
La première, tragédienne et comédienne, se glisse idéalement dans la peau de cette femme en pleine prise de conscience, taraudée par l’idée de mourir.
Mutine, cabotine, pathétique, les yeux pétillants de plaisir, le regard éperdu et douloureux, Jacqueline Bir incarne toute la démesure de la grande Sarah.
On retrouve ici un formidable Alexandre Von Sivers.
Son rôle complexe qui oscille entre humilité feinte, grommellements, tendresse bourrue et qui lui fait endosser des personnalités aussi différentes qu’un rustre américain ou une courtisane néerlandaise lui permet de démontrer une fois de plus son talent.

Sarah et le cri de la langouste, grâce à Jacqueline Bir et Alexandre Von Sivers (mais aussi au travail de Daniel Hanssens et son équipe), devient un petit bijou théâtral et surtout une ode au théâtre en tant qu’art vivant.

Plaisir d'offrir - 5/10/2010 - Muriel Hublet

Plaisir d'offrir - 5/10/2010 - Muriel Hublet

Jacqueline partage sans doute frénétiquement avec Sarah l’immense mélancolie de la vie et celle du bout de la course… Les deux étoiles se réunissent, à défaut d’atteindre l’éternité rêvée. (…) Elle se complait dans le plaisir de donner « J’ai nourri l’ogre (le public) » et se réjouit « Il te sera beaucoup pardonné car tu as beaucoup aimé…». Elle s’empare de la réplique, de la joie du drame, des mimiques savantes et autres gestuelles théâtrales. Sarah Bernhardt pleure sa vie qui s’éteint, mais Jacqueline, s’amuse au firmament. Quoi de plus beau et de plus étincelant? On ne vous dira pas son âge à la fin, lorsque tombe le rideau!

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Pièce solaire!

Personne ne me croira, mais je regarde Jacqueline Bir et Alexandre Von Sivers jouer Sarah Bernhardt dictant la 2e partie de ses mémoires à son’ P majuscule de Patient secrétaire nommé Pitou, et avant de devenir elle-même une p minuscule poussière, …. et je vois soudain une femme croulant sous l’expérience de deux ou trois siècles contigus, refaire tout le chemin exploratoire de l’imagination, comme le fait avec tant de passion et de grâce, un enfant de trois ou quatre ans quand il invente le bonheur magique du théâtre.

J’explique : en scène il y a l’enfant qui veut faire éclore son histoire avec une détermination flambante… Ni boire ni manger ne l’intéressent, encore moins dormir ! Comme Sarah ! Il faut inventer des excuses pour arrêter le jeu… Le jeu bouge sans cesse : glissements de personnages, de temps et de lieux, l’imparfait ludique relie le tout, l’enfant exulte. Une toute nouvelle réalité pour lui, celle qu’il crée de toutes pièces, voit le jour. Son esprit ne connait pas de limites. Liberté sauvage, quelle excitation dans ses yeux ! Il se fâche quand le compagnon de jeu ne se plie pas à ses caprices créateurs, force à continuer quand on voudrait s’évader, mais il est craquant de candeur et de plaisir sur les chemins de ses histoires et frissonne sous le plaisir du jeu pour le jeu. Et le compagnon de jeu lui aussi de s’embarquer inévitablement pour Thespies ! Voici ce que nous avons connu sur scène ce soir. Arrêter le temps et la réalité ambiante pour se livrer aux plaisirs fascinants de la création vivante … même s’il y a un texte adapté par de E.E Schmitt derrière, qu’importe , on dirait qu'ils improvisent! La grande Jacqueline s’amuse de son secrétaire avec ravissement. Celui -ci endosse avec bonheur le rôle poétique du petit prince : « Je suis responsable de vous ! »déclare-t-il. On dirait qu’il parle à la rose !

Quant à Sarah, les souvenirs ne sont qu’un moyen de retrouver le frisson, c’est le jeu qui la galvanise. Même si c’est au prix d’une âcre réflexion sur l’âge et ses destructions : « Rien ne vaut la peine d’être vécu, le soleil a raison de se consumer le plus vite possible » Le tragique grec nous saisit à la gorge: « Devoir se fondre dans la boue et l’obscurité définitive. Nous rentrons tous dans le même marais im-monde » …Est-ce à dire « Sans monde ? »

Le pathétique abonde : elle cite les paroles de Phèdre : « Tout m’afflige et conspire à me nuire, Soleil, je viens te voir pour la dernière fois… » Des salves répétées d’ironie amère accusent l’absence de sens de la vie et la finitude même de « la boule » au rang du quel elle n’hésite pas à se hisser. Vous aurez compris, Il s’agit encore du soleil : « A quoi sert le soleil ? A me faire oublier que l’univers est obscur ! » Et soudain, une lueur d’espoir: « Le soleil ne se couche pas, il se lève ailleurs!»

Jacqueline partage sans doute frénétiquement avec Sarah l’immense mélancolie de la vie et celle du bout de la course… Les deux étoiles se réunissent, à défaut d’atteindre l’éternité rêvée. Et puis, qui sait ? Sarah a lancé à la volée et sans la moindre honte les documents soigneusement étiquetés par son fidèle secrétaire. Quelle importance ? Voyez la jouissance dans son jeu de scène, dans les comptes qu’elle règle avec sa mère, sa sœur, « J’ai rêvé de l’impossible puisque tu ne rêvais de rien pour moi ! » son mythe fondateur, accusateur et tragique. Elle se complait dans le plaisir de donner « J’ai nourri l’ogre (le public) » et se réjouit « Il te sera beaucoup pardonné car tu as beaucoup aimé…». Elle s’empare de la réplique, de la joie du drame, des mimiques savantes et autres gestuelles théâtrales. Sarah Bernhardt pleure sa vie qui s’éteint, mais Jacqueline, s’amuse au firmament. Quoi de plus beau et de plus étincelant? On ne vous dira pas son âge à la fin, lorsque tombe le rideau!

Pièce solaire

Arts et Lettres - 6/10/2010 - Deashelle

Arts et Lettres - 6/10/2010 - Deashelle

Deux comédiens exceptionnels pour incarner le couple explosif composé par Sarah Bernhardt et Pitou son homme de confiance, son confident et son serviteur. Jacqueline Bir et Alexandre Von Sivers en duo savoureux.

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Ode à la vie jusqu'à ce que mort s'ensuive

Jouée autrefois par Delphine Seyrig et Georges Wilson, puis par Fanny Ardant et Robert Hirsch, cette pièce plutôt traditionnelle, ravira les partisans d’un théâtre à l’ancienne avec un texte bavard, avec ses bons mots et ses réflexions acidulées sur la vie et la mort, avec son duel entre deux personnages d’exception qui se houspillent mais s’apprécient. Au surplus, elle donne l’illusion au spectateur d’entrer dans l’intimité d’une femme légendaire, de partager des petits secrets dont sont friands les magazines people.

L’intérêt réside dans plusieurs éléments. L’auteur a donné au personnage du secrétaire la possibilité de jouer plusieurs rôles, puisqu’il sera tour à tour la mère de l’actrice, sa sœur, un amant, son mari, son fils, un imprésario américain, un machiniste, Oscar Wilde et George Bernard Shaw. D’où une amusante galerie de portraits ayant une saveur de petite mise en abyme.

Le décor est d’ailleurs construit pour jouer les miroirs. Il réfléchit les personnages et une part des coulisses. Tout comme la star devait aimer regarder son reflet dans des glaces. Enfin, la mise en scène de Hanssens a parié sur une certaine sobriété en évitant les effets superflus qui auraient déforcé la crédibilité de deux individus cabotins, l’une par métier, l’autre par nécessité. Et Bir autant que Von Sivers parviennent à les jouer sans forcer, habités par la présence qu’ils ont toujours eu tous deux sur les planches.

On rit donc beaucoup. Les traits incisifs portés par Sarah à son entourage, à sa profession font mouche comme lorsqu’un Saint-Simon dépeint la cour de Louis XIV et du régent qui lui succéda ou un Guy Bedos brocarde le microcosme politique actuel. Les aphorismes de plusieurs répliques restent en mémoire. La connivence entre les deux protagonistes y ajoute la révélation du plaisir qu’ils ont à jouer ensemble.

Au-delà, il y a la mise à nu d’une vedette dont le théâtre se souvient toujours. Bernhardt fut un monument. Ses blessures, ses rancœurs se dévoilent mais surtout son phénoménal appétit de vivre et de profiter de l’existence, même lorsque la vieillesse est venue, même lorsque l’amputation d’une jambe l’empêche d’être libre de ses mouvements.

Rue du Théâtre - 31/8/2011 - Michel Voiturier

Rue du Théâtre - 31/8/2011 - Michel Voiturier

Jacqueline Bir et Alexandre von Sivers


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