Fils de bâtard
D'Emmanuel De Candido
J’irai boire un café avec mon père parmi les morts, et j’en reviendrai vivant.
Avec Fils de bâtard, Emmanuel De Candido s’accroche à la boule de feu qui pulse dans son ventre, parcourt trois continents et près d’un siècle d’histoire. Entre les chants d’indépendance congolais et l’euthanasie ratée de sa mère, entre le crépitement des armes libyennes et la naissance de son fils, entre les vents catabatiques et le souffle haletant qui le tient debout, il trace une épopée fulgurante et intime qui déconstruit les notions de filiation, d’héritage et de virilité.
Photo Lara Herbiana
Au cours de l’écriture et des répétitions, nous avons invité des « publics témoins ». Nous leur avons posé cette question : « Qu’est-ce qui vous a marqué dans ce projet ? ». Voici quelques-unes de leurs réponses :
« Fils de bâtard, c'est touchant. Dans le sens que ça vibre encore à l'intérieur le lendemain et le surlendemain. »
« J'ai pleuré comme une bétonnière. J'en suis sorti avec l'envie de serrer le monde dans mes bras, de faire l'amour avec tout le monde, de vivre ! »
« Ce qui me marque dans Fils de bâtard, c'est l'intelligence du récit, c'est rire et pleurer en même temps, c'est voyager loin loin loin pour revenir aux sources, à ce qui nous lie et qui nous fait vibrer en tant qu'individu et en tant que collectif. Tout s'imbrique, tout est lié, tout est personnel et tout est
politique. »
« Ce que je garde, c’est l’ultime question : ‘’Si tu devais changer UNE seule chose dans ta vie, ce serait quoi ?’’ »
« Ce qui m'a marqué durant la représentation ? La majestuosité du bison. Les parcours de vies qui se croisent. L’histoire de la mère. C’est de passer du rire aux larmes en un claquement de doigts. C’est le nombre d’images qui défilent dans mes pensées. »
« Ce que je retiens c’est la tendresse : pour son fils inquiet de ne pouvoir recommencer son jeu d’enfant, pour sa maman qui s’éteint toute seule, pour son vieux papa qui cherche des rues plates en Toscane. »
« Ce qui semble n’appartenir qu’à Emmanuel, tant l’histoire est incroyable, résonne en chacun de nous dans sa banale existence ! C’est beau ! »
« Fils de bâtard bouleverse, chamboule, et laisse des échos dans le cœur. »
Photo Lara Herbiana
Parti sur les traces d’un père qu’il n’a quasi jamais connu, Emmanuel De Candido happe le public dans une “histoire de dingue”, avant de dire tout son amour pour celle qui l’a élevé seule, à bout de bras : sa mère.
Comme le vent qui gonfle les voiles, Emmanuel De Candido souffle, peu à peu, sur la salle, la gratitude, la tendresse, le chagrin, les remords, la joie pour cette maman qui a toujours préféré l’ombre à la lumière. Musique, chants, mime, danse exaltent l’émotion. On est pris au cœur, aux tripes. Ce qu’on vit, là est saisissant, poignant. Immanquable.
Stéphanie Bocart - La Libre Belgique - 8/2/2024
Critique - Emmanuel De Candido livre une performance intense, brûlante, entre enquête autobiographique et éloge de l’amour maternel. Musique live, mime, slam : le spectacle se déploie comme une puissante pulsation narrative. Beau et hors du commun.
Emmanuel De Candido nous emporte dans une expédition narrative et émotionnelle qui ne craint pas les détours mais vous dépose, au final, sur une plage baignée de lumière et d’amour.
Catherine Makereel - Le Soir - 11/2/2024
Un micro devant Emmanuel, corps souple, voix profonde. Un peu explicatif et prévisible peut-étre. Mais c'est le début. Au fil de la narration, la musique se fait de plus en plus présente. L'onirisme gagne, sensible, a coups de détails evocateurs, combinaison polaire et moufles par-ci, bison géant (le pére d'Emmanuel, c'etait "Colonel Bison"...) par-la, sur ce plateau blanc qui s'enhardit de la terre (des cendres?). La voix d'Emmanuel se fait chant a la lisieres du slam, sans le
singer. Les voyages dailleurs, scenographiés en toute banalité, sont pales face aux voyages d'ici, forts et vivants, dans un hopital et les rues de Bruxelles. Puis, le corps d'Emmanuel multiple et muet dira sublimement la vie d'une mere célibatante. Enfin, voix retrouvee et final musical, il y aura Emmanuel, homme, pere, et fils. Attendu? Peut-étre.
Parlant et troublant, pourtant.
Isabelle Plumhans - Le Vif - 15/2/2024
Comme dans Pourquoi Jessica a-t-elle quitté Brandon ?, le mélange entre théâtre documentaire et performance (incluant une scène de mime très touchante) fonctionne à merveille, créant un objet artistique captivant. Fils de bâtard est un bijou émouvant et original à découvrir…
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Un chef-d'œuvre qui allie rage et tendresse, humour et amour
Avec Fils de bâtard, Emmanuel De Candido égale le très acclamé Pourquoi Jessica a-t-elle quitté Brandon ? et nous offre un chef-d'œuvre qui allie rage et tendresse, humour et amour (maternel et filial). À voir au Théâtre de Poche jusqu’au 26 février.
Après La Ronde flamboyante présenté au Théâtre des Martyrs la saison dernière, Emmanuel De Candido, membre de la Compagnie MAPS aux côtés de Stéphanie Mangez et Olivier Lenel (qui l’assiste à la mise en scène ici), signe un nouveau texte intime, drôle et bouleversant. Le metteur en scène, dramaturge et comédien narre dans Fils de bâtard (au premier abord) le résultat de sept années de recherches sur son père, absent durant la plus grande partie de sa vie. Né de père inconnu, Emmanuel De Candido (Manu dans le spectacle) est, selon l’expression belge, un bâtard. Il a ainsi voulu retourner sur les traces de son géniteur (surnommé le Colonel Bison) et des milles vies que celui-ci a menées, du Congo à l’Antarctique en passant par la Belgique et la Libye. C’est finalement l’histoire de sa mère Elena, l’unique parent présent, celle qui l’a élevé toute seule, que le comédien va raconter.
Est-ce qu’on peut recommencer ?
C’est dans une adresse directe avec ce public, sans quatrième mur, que fonctionne le spectacle, un terrain de jeu particulièrement apprécié par la Compagnie MAPS et qu’Emmanuel De Candido manie avec brio. Dans une volonté de lien avec les spectateur·ices, les différents projets de la compagnie se concentrent en effet généralement sur cette renégociation de l’espace entre le plateau et le public. Dès l’entrée en salle, le comédien discute avec les personnes qui s’installent face à lui, établit un connexion avec elles. Lors d'une des représentations à laquelle j'ai pu assister, c’est en souhaitant un joyeux anniversaire à un des élèves du groupe scolaire situé au premier rang que la pièce a démarré (ce que Manu a subtilement référencé durant le spectacle). Un détail qui pourrait paraître anodin mais qui permet de rendre l’expérience théâtrale unique et qui instaure un sentiment de réciprocité entre l’acteur et les spectateur·ices.
Toujours dans cette renégociation de l’espace théâtral, la régie est installée directement sur le plateau, intégrée à la scénographie (conçue par Sarah De Battice). Toute la technique est visible. Un élément déjà présent dans les deux précédents projets de la compagnie (Pourquoi Jessica a-t-elle quitté Brandon ? et La Ronde flamboyante). Côté cour, se trouve Clément Papin à la régie lumières et plateau. Côté jardin, Orphise Labarde au son et à la musique. Les moments où elle dégaine sa guitare et donne de sa voix créent de très belles séquences musicales composées par François Sauveur et Pierre Constant. Les leitmotivs qu’ils ont écrits accompagnent parfaitement le texte et la narration rythmée de Manu. Mention spéciale à la scène de slam à couper le souffle. Au centre du plateau, prend place un grand plateau blanc qui remonte pour former une sorte de rampe de skateboard vers l’arrière de la scène. Sur l’avant du plateau, Emmanuel vient disposer une table et deux chaises en formica gris. Ce plateau blanc devient une carte vierge sur laquelle le comédien vient cartographier son périple, plaçant une chaise au Nord ou à l’Est au fil de ses destinations.
« Ne parle pas de moi dans ton spectacle. Ça n’intéresse personne. » ― Elena, à son fils Manu
Grâce à ce voyage sur les traces du Colonel Bison, Emmanuel De Candido pensait comprendre ce que son père lui a transmis et ce que lui-même pourra transmettre à son fils (à qui il dédie le spectacle). C’est finalement ce que sa mère lui a apporté qui illumine sa quête d’identité et de filiation. Partant d’une enquête sur la vie mystérieuse et chaotique de son père, le spectacle se transforme en une ode poignante à sa maman et à la force de toutes les mères célibataires souvent oubliées, jugées et discriminées dans notre société patriarcale. Comme dans Pourquoi Jessica a-t-elle quitté Brandon ?, le mélange entre théâtre documentaire et performance (incluant une scène de mime très touchante) fonctionne à merveille, créant un objet artistique captivant. Fils de bâtard est un bijou émouvant et original à découvrir au Théâtre de Poche jusqu’au 26 février (avec les prolongations !).
Luana Staes - Karoo.me - 20/02/2024
Luana Staes - Karoo.me - 20/02/2024
Photo Lara Herbiana
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5
C’était remarquable. Acteur formidable, musicienne d’exception, texte et structure de haut niveau et propos fantastique. Pleins de moments hyper forts dans ce texte et cette mise en scène et un final en point d’orgue au sommet d’une succession d’images et de passages éblouissants. Voilà un homme qui a un très grand talent et qui nous livre un objet délicieux dont les nombreuses aspérités positives et négatives écorchent et caressent tour à tour notre pensée jusqu’à nous faire descendre profondément en nous |
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8
C’est une merveille ce spectacle! Il m’a émue aux larmes ! En s’identifiant au personnage, on traverse toutes les émotions. Que de fois ne me suis-je posé la question : “Si tu pouvais changer un instant de ta vie et tout recommencer pour la transformer, lequel serait-il?” |
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9
Courez-y, ce spectacle est d’une intensité qui vous plonge dans votre vécu, vous attrape le cœur et irradie encore longtemps après. C’est d’une générosité salutaire, en diapason avec celle des artistes qui nous l’offrent. Chapeau bas Monsieur Emmanuel De Candido. Bravo et merci. |
Fils de bâtard - Teaser Théâtrez-moi
Fils de bâtard - interview LCR sur BX1
Version pleine page (seule version disponible monde Apple)
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