Normal!
de Thierry Janssen
Unique comme tout le monde, différent comme personne!
Karen de Paduwa préfère le mégaphone au poing levé pour parler de la différence mais le titre du spectacle ne laisse pas planer le doute: « Normal!», avec un point d’exclamation s’il vous plaît. Dans son spectacle, émotion rime avec humour tout au long de cette partition menée tambour battant.
Pour Karen, une formule choc décrit bien sa carrière exemplaire: «Unique comme tout le monde, différente comme personne». C’est ainsi qu’elle souhaite être vue, dans chaque pièce, chaque rôle, chaque réplique, non pas en comédienne naine, mais en comédienne tout court! Elle est à deux doigts d’y réussir, mais peut-être faudrait-il pour y être tout à fait que son rêve intime et un peu fou se réalise enfin: celui de jouer un des grands rôles du répertoire, la Roxanne de Cyrano ou la Juliette de Shakespeare. Elle s’y sent parfaitement prête. A bon entendeur…
Karen de Paduwa
Je souhaite utiliser au mieux mon art pour faire comprendre au monde ce qu’est cette différence, pourquoi nous devons non seulement les accepter, les aimer, mais également, à l’instar de bien d’autres pays, pratiquer une réelle politique d’inclusion qui serait une richesse inouïe pour notre société.»
Thierry Janssen
Dans Normal, Karen de Paduwa, naine comédienne (et non pas comédienne naine), flanque une solide dégelée à nos préjugés. Se proclamant fièrement première comédienne handicapée professionnelle du pays, elle titille son public : « Handicap… Vous n’aimez pas ce mot-là, hein ? » Et voilà qu’elle se lance dans une étonnante explication de la genèse du mot.
Si elle évoque à maintes reprises son parcours et ses expériences passées (familiales, scolaires, professionnelles…), elle élargit considérablement le débat grâce au texte que Thierry Janssen lui a écrit sur mesure. « On est tous différents, comme tout le monde », proclame-t-elle. Avec Stany Mannaert qui déborde largement de son rôle de musicien pour devenir un vrai partenaire de jeu, elle dézingue Mimie Mathy et les nains qui « jouent au nain », raconte ses coups de boule dans la cour de récré, chante Aznavour à sa sauce et met en évidence certaines aberrations comme ces films où des nains apparaissent systématiquement dans des cauchemars. « Vous avez déjà fait un rêve avec un nain, vous ? », interroge-t-elle. « Même moi ça ne m’est jamais arrivé. »
« La seule limite, c’est l’imagination »
À la fois hilarante et touchante, elle évite tout pathos, préférant les faits qui parlent d’eux-mêmes, comme lorsqu’elle s’étonne qu’on ne lui ait jamais proposé le rôle de Juliette face à Roméo. « Pourtant, énonce-t-elle, Shakespeare n’a jamais écrit que Juliette devait faire entre 1m50 et 1m90. Les personnages de fiction n’ont pas de limite. La seule limite, c’est l’imagination. »
Le Soir - 12/8/2021
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Voilà comment Karen de Paduwa, jeune fille de petite taille comme on le dit plus joliment aujourd’hui, a été accueillie en 1999 par deux de ses futurs professeurs, alors qu’elle donnait la réplique à son cousin qui l’avait convaincue de le suivre et de présenter en duo l’examen d’entrée au Conservatoire de Bruxelles, section théâtre.
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