Conversations avec ma mère
De Santiago Carlos Ovés et Jordi Galcerán
"Jacqueline Bir est formidable. Drôle, bouleversante, cinglante" - Le Soir
Mamà a 82 ans. Jaime, son fils unique, en a 50. Elle l’a mis au monde il y a longtemps mais continue de l’éduquer comme au premier jour, avec l’autorité tranquille d’une mère joyeusement castratrice et aimante. Lui, a une situation confortable et enviable. Jusqu’au jour où… tout bascule.
Est-ce de cela qu’il est venu parler à sa mère?
Ou bien vient-il retrouver le sentiment de sécurité primordial ?
Espère-t-il replanter ses racines dans la terre d’où elles ont pris vie?
Au fil de leurs conversations d’une honnêteté bouleversante, son mobile se dévoile peu à peu…
Alain Leempoel et Jacqueline Bir
Une salle debout, applaudissant à tout rompre à l’issue d’une répétition générale. La chose n’est pas courante. C’est pourtant le moment magique que l’on a vécu à l’Espace Delvaux à l’issue de l’avant-première de « Conversations avec ma mère ».
Jacqueline Bir est formidable dans ce rôle qui semble avoir été écrit pour elle. Drôle, bouleversante, cinglante, elle est irrésistible de bout en bout, plus vraie que nature jusque dans les moments les plus délirants de cette pièce réservant plus d’une surprise.
Si, à plus d’une reprise, l’émotion est palpable dans la salle comme sur le plateau, on le doit au jeu de ces deux acteurs magnifiques qui, bien que se connaissant depuis toujours, jouent ici ensemble pour la première fois. On le doit aussi à la mise en scène aussi sobre que millimétrée de Pietro Pizzuti. A cet égard, la seconde partie est un petit bijou…
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Jacqueline Bir est formidable. Drôle, bouleversante, cinglante
Une salle debout, applaudissant à tout rompre à l’issue d’une répétition générale. La chose n’est pas courante. C’est pourtant le moment magique que l’on a vécu à l’Espace Delvaux à l’issue de l’avant-première de « Conversations avec ma mère ».
Dans la salle, une centaine de lecteurs du Soir invités à assister à cet ultime moment de répétition. Sur le plateau, Jacqueline Bir et Alain Leempoel interprétant les deux personnages de ce huis-clos plein d’humour et d’émotion. Entre les deux, Pietro Pizzuti, metteur en scène de ce spectacle adapté d’un film argentin de Santiago Carlos Ovès. « Dimanche, explique-t-il, nous avons répété devant dix ou douze personnes, des proches essentiellement. On n’avait aucune idée de ce que cela donnerait devant un vrai public. » Lundi soir, ils ont été fixés. Dès les premières répliques, la salle éclate de rire. « On ne s’attendait pas du tout à ça, glisse Alain Leempoel à l’issue de la représentation. On a tout de suite senti que ça passait. C’est très rassurant pour nous, ça fait un bien fou après des semaines de travail sans réel retour du public. »
Mais si les rires ont continué à fuser durant toute la soirée, les larmes étaient aussi au rendez-vous. Et pas seulement sur le plateau. Car ce dialogue entre une mère de 82 ans et son fils quinquagénaire rattrapé par la crise économique est d’une étonnante justesse, jusque dans ses côtés les plus surréalistes.
Voici donc Jaime, bon mari, bon père de famille, bon travailleur, ayant renoncé à ses idéaux de jeunesse pour une vie tranquillement bourgeoise. Et face à lui, sa mère, joyeuse octogénaire vivant dans un appartement appartenant à ce grand fils trop pressé pour dîner avec elle. Ce soir pourtant, les choses ont changé. Au lieu du coup de fil quotidien, Jaime est passé en personne à l’appartement. Et pas seulement pour embrasser sa mère. Il doit aussi lui annoncer une nouvelle plutôt désagréable : l’appartement va devoir être vendu.
Passé le premier choc (qu’elle reçoit en faisant comme si elle n’avait rien entendu), Mama se montre intraitable : pas question pour elle de quitter l’appartement. Et rien ne la convaincra. Ni l’annonce par Jaime de la perte de son boulot, ni l’impact de la crise économique qui met la petite famille au bord de la rupture, ni le risque de voir ses petits enfants obligés de changer d’école… Jaime déballe tout et on sent qu’il s’agit autant de convaincre sa mère que de pouvoir enfin confier toute l’étendue de son désarroi. Car rien ne va plus dans sa vie : son boulot perdu, sa femme avec laquelle plus rien ne se passe, ses enfants qui ne lui parlent qu’à peine…
Face à tout cela, sa mère se montre à la fois attentive et sans pitié, secouant son grand fils tout autant qu’elle le materne, jouant avec sa mémoire pour oublier ce qui l’arrange. Jacqueline Bir est formidable dans ce rôle qui semble avoir été écrit pour elle. Drôle, bouleversante, cinglante, elle est irrésistible de bout en bout, plus vraie que nature jusque dans les moments les plus délirants de cette pièce réservant plus d’une surprise.
Face à elle, Alain Leempoel se fait discret tout en donnant une véritable épaisseur à ce personnage. Sa dégringolade dans la déprime évite tout pathos inutile, suscitant l’émotion par sa grande retenue. Les révélations de sa mère à propos de son père ou de son petit ami actuel (Grégorio, 69 ans, un gamin !), entraînent le spectacle vers d’autres horizons, prenant constamment le spectateur par surprise.
Si, à plus d’une reprise, l’émotion est palpable dans la salle comme sur le plateau, on le doit au jeu de ces deux acteurs magnifiques qui, bien que se connaissant depuis toujours, jouent ici ensemble pour la première fois. On le doit aussi à la mise en scène aussi sobre que millimétrée de Pietro Pizzuti. A cet égard, la seconde partie est un petit bijou entraînant le spectateur sur une fausse piste avant de le retourner de manière implacable et bouleversante. Car la grande qualité de ces Conversations avec ma mère tient aussi à l’absence de naïveté du texte qui ne sombre jamais dans les pièges de la « bien-pensance » ou du happy end facile, préférant la vraie vie avec son lot de bonheur, de malheur, de tendresse, de jalousie, de retournements et d’événements inexplicables.
A l’issue de la représentation, une rencontre était prévue entre les lecteurs du Soir et l’équipe du spectacle. Celle-ci attendait en effet le retour du public pour peaufiner les derniers détails avant la vraie première. La longue ovation finale, face aux comédiens très émus, a largement rempli cet office. Et la rencontre informelle qui a suivi a surtout permis à nos lecteurs de remercier ces deux formidables comédiens ayant remué chez chacun de multiples émotions.
Jean-Marie Wynants - Le Soir - 10/9/2014
Jean-Marie Wynants - Le Soir - 10/9/2014
Entre duel et duo amoureux, la théâtrale Jacqueline Bir drôle, attentionnée et parfois cinglante répond à la sobriété d’Alain Leempoel qui ne verse jamais dans le pathos et confère une belle sincérité à son personnage.
Après soixante ans de carrière, Jacqueline Bir foule toujours les planches avec succès. Jeudi soir, la salle était debout pour l’applaudir avec Alain Leempoel. Un fait plutôt rare à Bruxelles et nul doute que l’émotion des spectateurs était due autant à la pièce juste et sensible qu’à la performance de ces deux acteurs dont le duo complice fonctionne à merveille.
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Une salle debout pour acceuillir ce duo magnifique
Après soixante ans de carrière, Jacqueline Bir foule toujours les planches avec succès. Jeudi soir, au Théâtre le Public, la salle était debout pour l’applaudir avec Alain Leempoel, à l’issue du spectacle "Conversations avec ma mère". Un fait plutôt rare à Bruxelles et nul doute que l’émotion des spectateurs était due autant à la pièce juste et sensible qu’à la performance de ces deux acteurs dont le duo complice fonctionne à merveille.
Alain Leempoel incarne Jaime, père de famille d’une cinquantaine d’années qui préfère toujours passer un coup de téléphone rapide que partager un repas avec sa mère, pétillante octogénaire. Pourtant, ce soir-là, il se déplace en personne pour lui annoncer une mauvaise nouvelle : la crise économique a frappé, il a été licencié et doit vendre l’appartement où vit sa mère. Entre la surveillance de la cuisson de son pot-au-feu et les piques destinées à la belle-mère de son fils qu’elle ne supporte pas, Mama fait comme si elle n’avait rien entendu, élude la question puis finit par refuser catégoriquement de déménager face à l’insistance de son fils qui joue sur la corde sensible en parlant des enfants qui devront changer d’école. Désemparé, Jaime se livre complètement à sa mère qui le questionne habilement… chômage, manque de désir au sein de son couple, absence de communication avec ses propres enfants.
Huis clos poignant
Avec ces "Conversations avec ma mère", adaptées du film "Conversaciones con Mamá" de l’Argentin Santiago Carlos Oves, Pietro Pizzuti met en scène un huis clos poignant où, sous couvert d’une simple discussion avec ses détours, ses non-dits, ses incompréhensions et ses répétitions, se dessine une relation mère-fils d’une grande justesse, bien loin des clichés. Entre duel et duo amoureux, la théâtrale Jacqueline Bir drôle, attentionnée et parfois cinglante répond à la sobriété d’Alain Leempoel qui ne verse jamais dans le pathos et confère une belle sincérité à son personnage.
La mise en scène de Pietro Pizzuti, efficace et réglée avec précision, joue avec les surprises amenées dans la seconde partie de ce texte plein d’humanité.
Camille de Marcilly - La Libre - 5/9/2014
Camille de Marcilly - La Libre - 5/9/2014
Osmose en Jacqueline Bir et Alain Leempoel
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Osmose en Jacqueline Bir et Alain Leempoel
En janvier dernier, Jacqueline Bir nous déclarait: "Si j'ai une chose à dire pour 2014, c'est celle-là; se recentrer sur l'essentiel"
Deux grands acteurs sur les planches, un grand monsieur à la mise en scène. (…) Un bonheur
Cécile Berthaud - L'Echo - 05/9/2014
Cécile Berthaud - L'Echo - 05/9/2014
Deux fabuleux comédiens, Jacqueline Bir et Alain Leempoel nous précipitent dans la crise économique cruciale qu’a connue l’Argentine en 2001. Et Pietro Pizzuti, le génial metteur en scène, de déplorer que la situation n’est pas fort différente à notre époque.
Face aux débâcles économiques et sociales qui servent d’arrière-plan à la pièce, subsistent néanmoins l’amour de la liberté et la compassion pour les plus faibles. C’est le message qui tout au long de de la pièce perle tantôt avec tendresse, tantôt avec combattivité sur les lèvres aimantes de cette mère de 82 ans qui, soudain, voit ressurgir un fils de 50 ans toujours pressé et qui lui téléphone bien plus souvent qu’il ne vient la voir.
Demandez le programme - Dominique-Hélène Lemaire
Texte, mise en scène et le remarquable jeu des comédiens font de Conversations avec ma mère une superbe leçon de vie, empreinte d’amour et de poésie, qui se classe d’emblée dans les musts de cette saison.
Le spectacle, adapté du film de l’Argentin Santiago Carlos Oves, n’est que perles de tendresse et de sentiments. Malgré l’évocation (pertinente) des problèmes de notre société (crise économique, chômage, poids des apparences, etc.), ses mots sensibles sonnent juste et nous vont droit au cœur.
La mise en scène de Pietro Pizzuti, efficace et soignée, donne du rythme et insuffle finesse et subtilité (superbe final visuel) à une joute verbale faite de petits coups de griffes et de beaucoup d’humanité.
Muriel Hublet - Plaisir d'offrir - 3/9/2014
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Mamà a 82 ans, Jaime en a 50, elle l’a mis au monde à 32 ans et continue de l’éduquer avec l’autorité tranquille d’une mère miraculeusement castratrice et aimante, comme au premier jour. Ils pourraient se détester, se louper, se haïr, s’adorer… entre une mère et son fils il n’est pas rare que différents états sentimentaux se mélangent en un cocktail relationnel au dosage aussi délicat qu’inévitable. Que nous soyons pères, fils, mères ou filles nous sommes tous affectés par des liens de parenté irréductibles et avec lesquels il nous faut apprendre à construire notre vie d’humains au milieu d’humains. Ce que nous sommes envers l’autre nous concerne tous.
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Découvrez les deux auteurs de ce petit bijou théâtral.
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Comédien, metteur en scène, auteur, Pietro Pizzuti est né à Rome le 11 juillet 1958. Après une licence en sociologie à l’Université Catholique de Louvain, il poursuit ses études au Conservatoire Royal d’Art Dramatique de Bruxelles auprès de Claude Etienne et de Pierre Laroche et les complète par des stages avec Luca Ronconi, Georges Lavaudant et le Roy Hart Théâtre.
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Née à Oran, Jacqueline est une figure emblématique du théâtre belge.
Après une formation au Conservatoire de Paris, elle deviendra stagiaire deux années durant à la Comédie Française. Elle fera ensuite la rencontre de Claude Volter avec qui elle partira pour Bruxelles où ils fonderont ensemble la Comédie Claude Volter.
Il fait ses études d'Art Dramatique au Conservatoire Royal de Bruxelles dans la classe d'André Debaar.
1er prix de conservatoire en 1981, il travailla beaucoup au Théâtre National, au rideau de Bruxelles ou au théâtre du Parc et au théâtre Le Public.
