Steph

de Alain van Crugtem

Mise en scène de Christian Labeau
Une production d'Alter Ego
1 représentations ▪ 1 août 2005

Jasmina Douieb, brute et touchante.
Sacré petit bout de femme.

Jasmina Douieb est magnifique et fait preuve d’un solide tempérament dramatique. Ses éclats de voix et de tons sont émouvants. Une comédienne qui joue avec «ses tripes» et qui sent et ressent tellement bien son public.

Stef est une jeune femme qui s’énerve, «gueule» , se fâche face à un psy taciturne. Elle est à la fois brutale et sensible, obscène et puérile, agressive et vulnérable. Elle aime les jeux de mots sarcastiques. Par bribes, elle laisse entrevoir une vie sur le fil du rasoir.

Elle s’adresse méchamment au psy…
Et si ce thérapeute – auditeur témoin de ses propos, n’existait pas? Si tout était dans sa tête brûlante, désordonnée?

Elle se moque, elle débloque, elle souffre, elle hurle! Elle pousse des cris de désespoir! Elle rejette la société, elle est haineuse. Mais cette jeune femme de 18 ans a besoin d’être aimée!


CREATEURS
AuteurAlain van Crugtem 
Mise en scèneChristian Labeau 
LumièreRemy Brams 
Décor sonoreIsabelle Byloos 
AVEC
Jasmina Douieb 
Une production d'Alter Ego
Si ça se trouve, t’es même pas toubib!
Avec tes grands airs Monsieur Mystère… Si? T’es toubib...?
C’est ça, réponds demain ou la semaine prochaine
Je sais, je sais que t’es payé pour ne pas parler. Le plan pépère : je dis rien je laisse causer, je palpe…
Il te paye combien, mon paternel? C’est à la séance ou au quart d’heure? Comme au boxon: c’est pour la nuit ou c’est pour cinq minutes?
Je m’en fous d’ailleurs, il n’a qu’à douiller si ça lui chante. Et je me fous pas mal que tu sois toubib ou pas… Si tu crois que je sais pas ce que c’est un psy. Tu crois que tu es le premier?
Tu crois que t’es le premier, chéri? J’en ai connu d’autre avant toi. Des tas d’autres depuis mes seize ans!

Seule et mise en scène par Christian Labeau, la comédienne habite judicieusement la scène voûtée des caves de la Samaritaine, espace scénique intime, convivial qui sied à l'exercice du genre.

Jasmina Douieb alterne entre retenue et explosion, se lève, se couche, s'assied, exècre, regrette et donne dans un cortège de confessions livrées avec une brutale vérité.

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Jasmina Douieb, brute et touchante

Confessions remuantes de «Stef» à la Samaritaine. De divan en blessure.

Sacré petit bout de femme. Fluette à la voix grave, candide ou marquée selon les instants de tendresse ou de révolte, tenant son public en haleine malgré les silences observés, Jasmina Douieb, seule en scène, dévoile la vie de Stef, une vie fragile, sur le fil, tirée de la nouvelle «Stef et autres fictions» d'Alain Van Crugten, grand spécialiste des langues et littératures germaniques et slaves mais aussi auteur de pièces, romans ou nouvelles et lauréat du Prix Rossel des Jeunes 2003 grâce à son roman «Korsakoff».

Couchée sur le divan, Stef s'adresse au psy, comme elle aurait pu lire son journal intime, pour cracher ou susurrer sa haine, son mépris, son profond désespoir, ses désillusions.

D'entrée de jeu, le psy - «psy quoi au fond ? Analyste, ologue, iatre?» - en prend pour son grade. A moins que ce soit nous? Crue sans jamais être vulgaire, directe mais nuancée, la langue d'Alain Van Crugten servie par la jeune comédienne déjà remarquée dans «Yvonne princesse de Bourgogne» dit le mal-être sans détour, observe sans compassion le monde et sa vie, du petit noyau familial à la trahison des hommes aimés.

Crâneuse, la jeune fille est avant tout paumée, fille de parents divorcés, d'un père journaliste pompeux qui allonge la prononciation des «A», d'une mère qui, pour ses dix-huit ans, a eu la délicatesse de lui offrir, entourée d'un ruban rose, une jolie tentative de suicide - «j'ai adoré le cadeau!» - et obligée de supporter un beau-père, Joseph, à l'accent «plouc de plouc». Voilà pour le volet familial. Le sentimental se dévoile encore plus foireux et fragile, comme né pour inciser plus profondément les blessures de l'enfance.

Puis il y aura, de plus en plus poignant, le volet amitié, came, prostitution, overdose... Une vie fragile disions-nous, une dérive suivie par une fillette de bourgeois comme tant d'autres, dérisoire, sans espoir, sans le sou et si sensible à la poésie. Seule et mise en scène par Christian Labeau, la comédienne habite judicieusement la scène voûtée des caves de la Samaritaine, espace scénique intime, convivial qui sied à l'exercice du genre.

Jasmina Douieb alterne entre retenue et explosion, se lève, se couche, s'assied, exècre, regrette et donne dans un cortège de confessions livrées avec une brutale vérité.

La Libre Belgique - 18/2/2005 - Laurence Bertels

La Libre Belgique - 18/2/2005 - Laurence Bertels


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N’est-ce pas plus dur, plus difficile d’interpréter une pièce seule en scène, sans le regard du partenaire, sans personne pour vous aider en cas de besoin?
Jasmina Douieb: Si bien sûr. Vous avez raison mais c’est d’autant plus passionnant. J’aime prendre des risques et vivre une aventure théâtrale semblable.

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