Madame Sans-Gêne
de Victorien Sardou
Madame Sans-Gêne...
… une femme du peuple à la cour de Napoléon.
Madame Sans-Gêne, Maréchale Lefèbvre, duchesse de Dantzig, a connu la pauvreté et se souvient du temps où elle était blanchisseuse. À la cour de Napoléon, ses manières et son franc-parler choquent la Reine Caroline, et la Princesse Élisa, qui veulent faire oublier qu’elle vient du peuple. Elle va trouver un allié inattendu en la personne du Ministre de la police Fouché. Sa loyauté et son impertinence vaincront Napoléon.
Résumé complet
Décidément , vous êtes un habile homme. Fouché : J'ai pourtant trouvé habile plus que moi, Sire.
L'Empereur:
Qui donc ?
Fouché:
La Duchesse !
L'Empereur:
Oui, oui! C'est une rusée Madame Sans-Gêne , que j'aime bien !
Fouché:
Alors , Sire ?
L'Empereur:
Garde-la précieusement! Tu ne trouverais pas la pareille!
Catherine-Mme Sans-Gêne (à son mari, Lefebvre):
Ca t'la coupe!
La révélation du spectacle, c'est incontestablement Perrine Delers dans le rôle titre. A peine sortie des écoles, elle est une Madame Sans-Gêne d'anthologie, une vraie nature: diction faubourienne, gouailleuse, généreuse, truculente et avec cela une grâce mutine bien en chair à rejeter Claudia Shiffer aux oubliettes des canons de la beauté féminine. Rubens contre Giacometti, Hélène Fourment versus Twiggy…
Mais il n'y a pas que le physique. Elle fait preuve de plus que d'abattage: ses reparties sonnent juste et vrai, elle joue avec le cœur, le corps et l'esprit. Le public ne s'y trompe pas, riant sans arrière-pensée de son culot.
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Madame Sans-Gêne au château
Perrine Delers est une maréchale lingère d'anthologie.
Nous étions dimanche soir dans la vaste cour fortifiée du château de Corroy. Quelques minutes avant neuf heures, le marquis de Trazegnies vint saluer ses hôtes - foule nombreuse où l'on reconnaissait maître Magnée et d'autres personnalités en vue - pour annoncer qu'on allait jouer toutes affaires cessantes, la météo annonçant d'imminentes ondées.
Rideau, quelques mesures de l'ouverture des «Noces de Figaro» et la pièce la plus célèbre de Victorien Sardou - écrite en collaboration avec Emile Moreau - pouvait déployer ses fastes plébéiens, révolutionnaires et bonapartistes. Les précipitations ne se firent pas attendre, provoquant le déploiement d'une forêt de parapluie et de capuchons de toutes natures, mais ce ne furent heureusement que quelques gouttes. Le show put «go on» à l'aise.
Révélation
La révélation du spectacle, c'est incontestablement Perrine Delers dans le rôle titre. A peine sortie des écoles, elle est une Madame Sans-Gêne d'anthologie, une vraie nature: diction faubourienne, gouailleuse, généreuse, truculente et avec cela une grâce mutine bien en chair à rejeter Claudia Shiffer aux oubliettes des canons de la beauté féminine. Rubens contre Giacometti, Hélène Fourment versus Twiggy…
Mais il n'y a pas que le physique. Elle fait preuve de plus que d'abattage: ses reparties sonnent juste et vrai, elle joue avec le cœur, le corps et l'esprit. Le public ne s'y trompe pas, riant sans arrière-pensée de son culot.
Et puis il y a la pièce. L'argument n'en est pas des plus riches, mais il fonctionne à merveille grâce à un esprit très français, ancêtre lettré de la franchouillardise contemporaine, alignant les répliques pleines d'esprit, de bon sens et d'à-propos. C'est une célébration gentiment irrévérencieuse de la noblesse d'empire, avec ses braves et ses artisans promus pairs de France, hauts en couleur, forts en gueule, généreux et candides.
Il était assez piquant d'entendre la Sans-Gêne sans-culotte évoquer ses hauts faits d'armes comme vivandière des armées de l'Empereur, à Fleurus notamment, situé non loin du château de Corroy, dont les habitants de l'époque ne durent pas voir d'un très bon œil ce déferlement.
Morceaux de bravoure
La distribution est à l'unisson et au diapason du texte. Bernard Lefrancq (qui signe aussi une mise en scène dans la tradition) est un Lefebvre loyal, amoureux et jaloux; Michel Poncelet un Napo auguste et emporté; Marc De Roy un Fouché rusé comme le diable et à peu près aussi laid que lui; Nicolas Dubois un Neipperg portant beau et Jean-Paul Clerbois en Despréaux et Savary assure vaillamment le contrepoint clownesque. Dorothée Hallot et Angélique Leleux sont les filles du petit caporal, chipies teigneuses à souhait dont l'ultime déconfiture fait la joie des spectateurs.
Les morceaux de bravoure, comme la leçon de maintien ou l'entrevue entre Napoléon et l'ancienne lingère, se redécouvrent ici avec plaisir. L'équipe des Galeries retrouve avec bonheur le temps d'un été les joies et les peines des bateleurs dressant chaque soir leurs tréteaux en un lieu différent, affrontant les vicissitudes du plein air et d'un ciel belge par trop envahi de nuages d'avions à réaction.
La Libre Belgique - 28/7/2004 - Philip Tirard
La Libre Belgique - 28/7/2004 - Philip Tirard

Pour la compagnie des Galeries, l'été, c'est sacré. La troupe, elle-même née au grand air du château de Beersel, en 1948, trouve l'occasion de toucher un public plus éloigné et d'assurer la promotion de sa saison à venir. Pour certains spectateurs, ce sera l'un des seuls spectacles de l'année. Gare à leur plaisir!
Dans la cour, sans décor sinon deux paravents, Perrine Delers assure le rôle avec l'efficacité de· l'ouragan. Son tonus comme sa tendresse convainquent, dans une mise en scène pourtant plus prompte à la feinte qu'à l'émotion. Petit peuple et gens de la haute prennent les traits de Nicolas Dubois, Marc De Roy, Dorothée Hallot, Bernard Lefrancq, Angélique Leleux, Jean-Paul Clerbois, Ronald Beurms, Fabienne Miessen et Michel Poncelet, qui se partagent une trentaine de rôles. Pas de réservistes : ici, tout le monde mouille sa vareuse.
Laurent ANCION - Le Soir, 27/07/2004
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Fils d'un sous-officier, il est pratiquement orphelin à dix ans. Il est élevé par un oncle curé, n'aime pas les cours mais se montre très doué. Il est d'abord garçon perruquier et à dix-huit ans, s'engage comme simple soldat au régiment des gardes françaises.
En 1783, il se marie avec une blanchisseuse, née Catherine Hubscher, passée à la postérité sous le nom de Madame Sans-Gêne, avec laquelle il aura quatorze enfants dont treize mourront en bas âge.
Sergent en 1788, il sauve la vie de plusieurs de ses officiers, molestés le 14 juillet 1789. Lieutenant de la garde nationale parisienne mais resté fidèle à son roi, il est blessé en protégeant la famille royale durant sa tentative pour se rendre à Saint-Cloud, puis favorise la fuite des tantes de Louis XVI.
Il intègre pourtant les armées de la République et devient capitaine d'infanterie en 1792. Il sert dans l'armée du Centre puis dans celle de Moselle. Il se fait remarqué et devient général de brigade à la fin de 1793, participe à la bataille de Geisberg et devient général de division en janvier 1794. Il participe à la prise d'Arlon et à celle de Dinant, à la victoire de Fleurus, puis passe à l'armée de Sambre-et-Meuse, sert sous Kléber et Hoche. Il est à Altenkirchen et Wetzlar, à Friedberg, au passage du Rhin à Neuwied, passe à l'armée d'Angleterre et revient à l'armée de Mayence qu'il commande par intérim. Blessé à Pfullendorf, il devient gouverneur militaire de Paris en 1799. il est désigné par le Conseil des Cinq-Cents comme candidat au Directoire mais n'est pas élu.
Il faut dire qu'avec un tel caractère et des manières si peu protocolaires, Madame Sans-Gêne (née Catherine Hubscher), comme l'avait surnommée Napoléon, avait de quoi faire enrager toutes les belles de la Cour! Ses origines modestes et travailleuses, étant fille de bûcheron alsacien puis orpheline, faisaient qu'elle n'était guère intimidée face aux Comtesses ou aux Duchesses.
Suite
Né à Paris, le 5 septembre 1831. Mort le 8 novembre 1908. Auteur dramatique, il dut ses premiers succès à Virginie Déjazet. Il écrivit un grand nombre de pièces de théâtre qui furent jouées au Vaudeville, au Gymnase, à la Porte Saint-Martin, au Palais-Royal, à la Gaieté, à la Comédie-Française. Ses principales œuvres sont : Nos intimes, La Famille Benoiton, Nos bons villageois, Patrie, La Haine,…
Rabagas en 1872, Daniel Rochat en 1880 et Thermidor en 1891 soulevèrent, par les questions politiques qu'elles abordaient, de violentes protestations. Il écrivit en collaboration avec Émile Moreau, Madame Sans-Gêne en 1893, et en collaboration avec de Najac, Divorçons qui fut jouée au Palais-Royal. Il imagina pour Sarah Bernardt, qui en joua le rôle principal, Fédora, Théodora, La Tosca et La Sorcière.
Victorien Sardou fut souvent accusé de copier d'autres auteurs, il défendit les droits de l'auteur dramatique dans une brochure intitulée Mes plagiats. Il écrivit peu en dehors du théâtre. Il fut élu à l'Académie Française le 7 juin 1877.
