Les Légende de la Forêt viennoise

de Ödön von Horváth

Mise en scène de Patrice Mincke
Une production du Festival Bruxellons!
17 représentations ▪ 24 juillet ▸ 28 août 2002

Il était une fois Marianne, une jeune fille
qui rêvait d'une autre vie…

"Rien ne donne autant le sentiment de l'infini que la bêtise" Des gens simples qui rêvent, qui s'aiment, qui souffrent, qui se trahissent … La vie, tout simplement

Marianne est la fille d'un marchand de jouets de Vienne. Son père l'a promise à Oscar, un riche boucher du quartier. Mais lors du "picknick de fiançailles", elle tombe amoureuse d'un invité: Alfred. Rythmée par les feux d'artifices, tandis que la fête bat son plein, la passion de Marianne pour ce bookmaker veule et désœuvré dynamite les conventions de cette micro-société de carton-pâte.

Marianne choisit de suivre un chemin de traverse et de suivre Alfred. Elle tente de vivre une autre vie… Mais, emportée par la cadence endiablée de la valse de Strauss qui scande les intermèdes, la pièce court inexorablement vers son épilogue tragique.

Au bout d'un an de vie commune, et incapable de gagner leur vie, Alfred met le bébé dont Marianne a accouché en nourrice chez sa grand-mère à la campagne, où il mourra bientôt d'un refroidissement. Marianne, abandonnée, se retrouve danseuse dans une boîte de nuit après le refus obstiné de son père, désespéré, déshonoré, de la reprendre avec lui.

Un soir, ce dernier sort avec son vieil ami émigré aux Etats-Unis; ils découvrent Marianne, posant nue au Maxim. Marianne tente de délester l'ami américain d'un billet, et se retrouve en prison. Valérie réussit finalement à réconcilier Marianne et son père. Oscar le boucher, l'enfant de la honte étant mort, propose à nouveau d'épouser Marianne.


CREATEURS
AuteurÖdön von Horváth 
Mise en scènePatrice Mincke 
Assistanat mise en scèneDelphine Chauvier 
ScénographieXavier Rijs 
ChorégraphieFrançoise de Gottal 
Décor sonoreLaurent Beumier 
LumièreLaurent Kaye 
CostumesCorinne de Laveleye 
Maquillages et coiffuresVéronique Lacroix 
AVEC
AlfredAlexis Goslain 
La mère, la baronneMarie-Hélène Remacle 
La grand-mèreViviane Collet 
ValérieNicole Valberg 
OscarPhilippe Vauchel 
HavlitchekRonald Beurms 
HierlingerPierre Pigeolet 
Le majorPierre Fox 
MarianneJasmina Douieb 
RoimagePierre Plume 
Une tanteMarie van R 
EricLaurent Renard 
EmmaIsabelle Beirens 
Le confesseur, l'animateurGérald Wauthia 
DanseuseVéronique Lacroix 
DanseuseIsabelle Beirens 
DanseurAntoine Guillaume 
Une Production Bulles Production (Festival Bruxellons!)Producteur 

On est sorti heureux de la première des « Légendes de la forêt viennoise », à plusieurs titres : le plein air du Karreveld sans pluie et pas (trop) froid, c'était déjà pas mal; une pièce forte, qui fait mouche à chaque réplique, et qui, écrite en 1930, nous touche de plein fouet, c'est encore mieux. Et découvrir un très jeune metteur en scène, Patrice Mincke, qui affronte pour la toute première fois 19 personnages dans une structure éclatée, sous les étoiles, et qui emporte sans faillir comédiens et spectateurs, c'est encore plus rare et on applaudit sans réserves !

Marianne joue sur du velours avec l'intense et parfaite Jasmine Douieb, Nicole Valberg explose dans tous les registres du rôle de Valérie la buraliste ; Philippe Vauchel, en charcutier, déploie aussi une palette de jeu qui vous prend à la gorge. Le jeune Alexis Goslain, encore un peu vert, donne une nonchalance désarmante à Alfred. Et l'on pourrait encore vous citer Viviane Collet, grand-mère teigneuse, meurtrière, l'inénarrable Pierre Fox en major vétéran, Pierre Pigeolet, Gérald Wauthia, Pierre Plume, etc.

Lire l’article complet

Un pari audacieux et gagnant

Dans le cadre de Bruxellons 2002, le second spectacle présenté au Karreveld est une parfaite réussite, tant dans son propos que dans le jeu des acteurs et la mise en scène de Patrice Mincke.

On est sorti heureux de la première des « Légendes de la forêt viennoise », à plusieurs titres : le plein air du Karreveld sans pluie et pas (trop) froid, c'était déjà pas mal; une pièce forte, qui fait mouche à chaque réplique, et qui, écrite en 1930, nous touche de plein fouet, c'est encore mieux. Et découvrir un très jeune metteur en scène, Patrice Mincke, qui affronte pour la toute première fois 19 personnages dans une structure éclatée, sous les étoiles, et qui emporte sans faillir comédiens et spectateurs, c'est encore plus rare et on applaudit sans réserves !

L'homme est d'abord comédien, il a tâté prudemment de la mise en scène à la Toison d'Or (« L'ascenseur ») puis a écrit et interprété son propre one-man-show « Pour qui tu te prends ? », à la Samaritaine (1). Rien ne le préparait à se confronter aux « Légendes de la forêt viennoise », le premier triomphe sur la scène d'Odon von Horvath, à Berlin en 1931 (et pratiquement le seul, l'exil ne tardera pas).

Rien ne donne autant le sentiment de l'infini que la bêtise, dit-il en exergue de cette oeuvre, pièce féroce, dans son dépeçage social, sa lucidité de la nature humaine, lâche, hypocrite, velléitaire, hommes et femmes confondus, mais qui préserve, sans jugement, des failles plus tendres dans la plupart de ses personnages : un charcutier amoureux, brutal ; une buraliste qui a le coeur et le corps sur la main, un réparateur de poupées, vendeur de soldats de plombs (des blessés et des mourants), qui a élevé sa fille seule.

Elle, c'est Marianne, naïve, en quête d'un amour absolu, malmenée par les hommes, engrossée, abandonnée, femme qui se heurte à tous les murs de la « morale », de la religion. Son histoire avec le bel Alfred, toujours en quête d'argent, frimeur, se joue sur fond de chômage galopant, d'endoctrinement fasciste, du miroir aux alouettes qu'est l'argent facile, des séductions délétères de Vienne.... Un mélo, en apparence.

Horvath reprend des situations archétypales, il ne démontre rien, il picore avec une sorte d'insolence et de dérision entre la tragédie et la comédie, avec, toujours, un soupçon de foire, de music-hall, comme le faisait aussi « Kasimir et Karoline » monté par Michael Delaunoy en automne. C'est décidément un immense auteur qui sonne avec une modernité, une justesse sidérante dans les temps qui courent...

L'oeuvre se diffracte en scènes brèves qui passent sans vergogne de la forêt à la cathédrale, d'une guinguette à un cabaret de strip-tease, d'une rue « tranquille » à la Wachau, vallée du Danube... Tous ces lieux sont contenus dans un même décor (Xavier Rijs), a priori sans séduction, servant aussi au « Bourgeois gentilhomme » joué en alternance : pentes, cubes, mur de fond avec quatre « carrés » aux emplois de portes, fenêtres, scènes, etc. Pauvre peut-être, mais efficace.

Aucun temps mort pour passer d'un espace à un autre. L'éclairage, un voile blanc déployé, des cubes qui glissent... suffisent à tout, non sans magie. Et le jeu des comédiens, leur manière de se tenir dans l'embrasure d'une porte, de s'étendre sur le sol, de se rencontrer, vous en disent plus encore sur la chaleur de la forêt ou l'eau du bleu Danube !

Autre réussite non négligeable : le plein air ne conduit pas ici à une « amplification » du geste et de l'effet. Mieux, on est constamment accroché par de subtils détails qui définissent peu à peu chacun des rôles, par la manière de faire surgir deux personnages principaux d'un mouvement de foule, de tuiler certaines scènes...

Et si l'on pointe bien ici et là une certaine inégalité de terrain entre les comédiens, il n'y a pas de quoi grimacer. Marianne joue sur du velours avec l'intense et parfaite Jasmine Douieb, Nicole Valberg explose dans tous les registres du rôle de Valérie la buraliste ; Philippe Vauchel, en charcutier, déploie aussi une palette de jeu qui vous prend à la gorge. Le jeune Alexis Goslain, encore un peu vert, donne une nonchalance désarmante à Alfred. Et l'on pourrait encore vous citer Viviane Collet, grand-mère teigneuse, meurtrière, l'inénarrable Pierre Fox en major vétéran, Pierre Pigeolet, Gérald Wauthia, Pierre Plume, etc.

Et beaucoup d'entre eux troquent leurs habits viennois des années 30 pour enfiler ceux de Molière le lendemain. En quinze jours de répétition, cela mérite un grand coup de chapeau ! De quoi prouver que le plein air, l'été, ne se joue pas que sur le registre du divertissement…·

Le Soir - 26/7/2002 - Michèle Friche

Le Soir - 26/7/2002 - Michèle Friche

Le metteur en scène a su mener au rythme qui convient cette sarabande de désirs qui fait songer à Schnitzler par endroits, à Brecht aussi, voire à Vitrac. L'humour grinçant débouche sur une émotion vraie: il y a du mélodrame sous la satire sociale.

La réussite du spectacle du Karreveld tient à l'interprétation généreuse et inspirée des acteurs. Ils sont tous justes dans des compositions attachantes, tour à tour drôles, odieux et pathétiques. `Qui aime bien châtie bien´, dit à plusieurs reprises le boucher auquel Philippe Vauchel confère ce qu'il faut de bonhomie cauteleuse et de sadisme larvé. Et l'on sent en effet chez l'auteur autant d'amour que de lucidité dans le regard qu'il porte sur ses semblables.

Lire l’article complet

Inoubliables légendes viennoises

Que se serait-il passé si Roméo et Juliette avaient pu vivre leur amour? C'est la question à laquelle semble avoir voulu répondre Odon von Horvath (1901-1938), en situant l'action dans un faubourg de la Vienne des années 30, entre la boucherie, le bureau de tabac et le magasin de jouets d'une rue à cent autres pareille.

Promise de longue date au boucher Oscar, qu'elle n'aime pas, Marianne tombe passionnément amoureuse d'Alfred, beau gosse sans autre perspective de promotion sociale qu'un hypothétique gain aux courses de chevaux. Au grand dam de son père et de ses amis, elle rompt ses fiançailles et part filer le parfait amour avec son bel amant.

Et les choses ne vont pas vraiment bien se passer: la passion se corrompt sous la pression d'un quotidien sordide et de la désapprobation aussi sournoise que militante de l'entourage.

Poète de la scène
Odon von Horvath est un vrai poète de la scène. N'était des allusions précises au contexte de son époque, la pièce pourrait avoir été écrite hier. Il parvient à capter les couleurs authentiques de la vie quotidienne, sans sombrer dans le documentaire ou la sociologie. Les types humains qu'il met en jeu sont de vrais personnages dont il fait tomber un à un les masques.

Le metteur en scène a su mener au rythme qui convient cette sarabande de désirs qui fait songer à Schnitzler par endroits, à Brecht aussi, voire à Vitrac. L'humour grinçant débouche sur une émotion vraie: il y a du mélodrame sous la satire sociale.

La réussite du spectacle du Karreveld tient à l'interprétation généreuse et inspirée des acteurs. Ils sont tous justes dans des compositions attachantes, tour à tour drôles, odieux et pathétiques. `Qui aime bien châtie bien´, dit à plusieurs reprises le boucher auquel Philippe Vauchel confère ce qu'il faut de bonhomie cauteleuse et de sadisme larvé. Et l'on sent en effet chez l'auteur autant d'amour que de lucidité dans le regard qu'il porte sur ses semblables.

Élans et blessures
Face à Marianne, héroïne sacrifiée sur l'autel de la médiocrité petite-bourgeoise, à laquelle Jasmine Douieb confère une vibration digne de la Lulu de Wedekind, seule la grand- mère campée par Viviane Collet semble animée par la méchanceté pure. La hargne des autres a toujours quelque excuse, est tempérée par un élan ou une blessure qui permettent d'adhérer à leur destin. Alfred n'est tout simplement pas à la hauteur de cette grande passion qui croise sa route: Alexis Goslain donne au personnage une animalité fascinante, avec une sorte de superbe dans la vénalité et la veulerie. On comprend que Marianne - et pas seulement elle - en pince pour lui.

Autour du couple maudit grouille une humanité en bonne voie de perdre le droit à cette appellation. Il y a l'égoïste et intraitable père de Marianne (impressionnant Pierre Plume), mais encore la buraliste (époustouflante Nicole Valberg) qui collectionne de jeunes amants grâce à ses charmes et à son argent, un major égrillard et manipulateur (désopilant Pierre Fox), un nazillon psychorigide (très efficace Laurent Renard), deux nouveaux riches (facétieux Pierre Pigeolet).

Le vibrato épique de Marie- Hélène Remacle lui permet de passer sans transition d'une mère Courage à une reine de la nuit, etc.

Promesse tenue
Ils sont dix-huit en scène et l'on ne s'ennuie pas une seconde en leur compagnie. La mise en scène maintient la tension dramatique du début à la fin du spectacle.

Patrice Mincke est parvenu à dominer ce vaste plateau d'une ouverture `cinémascope´ pourtant peu commode pour les scènes intimes. Il y a même des moments de magie visuelle et de folie collective: la scène du confessionnal et celle du cabaret, toutes deux habitées par le déjanté Gérald Wauthia. La publicité du spectacle promet de l'émotion: elle ne ment pas!

Mais plus encore, ces `Légendes´ plus vraies que la vie peignent un monde dominé par les peurs et les bas appétits, où l'amour lui-même est réduit au statut de valeur d'échange. Odon von Horvath ne tire ni ne donne de leçons. Il nous tend, mais avec quelle faconde et quelle fougue, un miroir où l'on frémit de souvent se reconnaître.

La Libre Belgique - 25/7/2002 - Philip Tirard

La Libre Belgique - 25/7/2002 - Philip Tirard


Rien encore sur ce spectacle



Version pleine page (seule version disponible monde Apple)


Cette pièce a le pouvoir - pour autant que le théâtre ait gardé quelque pouvoir sur notre société - de nous éloigner de la haine , de nous éclairer sur la stupidité de tous ces jugements à l’emporte-pièce qui inondent notre quotidien , de nous pousser à voter au premier tour quand il en est encore temps.

Suite

 

La question qui brûle les lèvres à l'annonce de la programmation de cette pièce cet été au Karreveld est "POURQUOI ?". Pourquoi cette pièce au long titre énigmatique, pourquoi cet auteur quasi-inconnu du grand public dans ce lieu qui a désormais une tradition populaire (au sens noble du terme)? La réponse est dans la question.

En effet, si d'un point de vue marketing von Horvath sonne comme un intrus au milieu de Shakespeare, Rostand, Marivaux et Molière (les autres productions de Bulles au château), Les Légendes de la Forêt Viennoise s'insère dans le Festival avec une complémentarité étonnante de par sa vocation de parler du peuple et au peuple et de lui transmettre un message d'une brûlante actualité.

Suite

 

Marianne est la fille d’un marchand de jouets auto-ritaire qui lui interdit toute émancipation professionnel-le: «Papa a toujours dit qu’ une femme financièrement indépendante d’un homme, ça mène au bolchévisme».

Suite

 

Alfred est un jeune garçon qui a une bonne fois pour toute décidé de jouir de la vie. Eternel adolescent? Sans doute. De quoi vit-il? Il traficote, il vit de l’argent des autres…

LA MÈRE - Tu travailles toujours à la banque ?
ALFRED - Non.
LA MÈRE - Où alors ?
Un silence.
ALFRED - J'ai pas l'étoffe d'un employé, ça n'offre aucune chance d'épanouissement. Le travail, au sens traditionnel, ce n'est plus rentable. Quand on veut réussir, de nos jours, faut se servir du travail des autres. Je me suis mis à mon compte. Financements et ainsi de suite.

Suite

 

Oscar est boucher. Il est le fiancé désigné de Marianne, mais on sait comment l’affaire va mal tourner. Il est le prototype-même du petit bourgeois et fait preuve d’une double nature: sentimentale et brutale. Il montre souvent une religiosité superficielle qui est empreinte de plaisir à l'auto-compassion.
Oscar souhaite de tout son cœur la mort du petit Leopold, fils de Marianne, l’enfant de la honte. Une fois celle-ci abandonnée par Alfred, c’est le seul obstacle que la moralité met encore entre lui et Marianne.

VALÉRIE - Vous seriez encore capable d'épouser Marianne, maintenant qu'elle est de nouveau libre
OSCAR - Si elle n'avait pas l'enfant

Suite

 

C’est une contre-figure de la pièce. Elle ne feint rien. Elle n’a pas de scrupules. C’est elle qui «aidera» la mort de son arrière petit fils, l’enfant d’Alfred.

LA MERE - Il m’inquiète, le petit Léopold... Il a tellement toussé cette nuit, et qu'est-ce qu'il a les joues rouges, et son regard est tout changé... Le pauvre petit Louis, à l'époque, ça avait commencé exactement pareil
LA GRAND-MÈRE - Dieu a donné. Dieu a repris.
LA MÈRE - Maman!

Suite

 

Le père de Marianne est le propriétaire d'un magasin de jouets. Sous ses apparences de commerçant bon teint, il est en fait un père autoritaire et est un vrai tyran à la maison. Il n’hésitera pas à chasser sa fille enceinte.

Comme seules les apparences de moralité comptent, il n’hésite pas à fréquenter les bars de strip-tease. Et c’est là qu’un jour, par hasard, il tombe sur Marianne, dont c’est devenu le seul moyen de subsistance…

MARIANNE - On va très mal, le petit Léopold et moi
ROIMAGE - Quoi?! Léopold?! Mais Léopold, c’est moi! C'est un comble! Elle a donné mon nom à sa honte! Il ne manquait plus que ça! Terminé! La casse se paye! Terminé! Il se lève mais doit se rasseoir très vite.

Suite

 

Dernier refuge de Marianne, dernier espoir de compassion. Ce n’est pas non plus la dernière lâcheté…

LE CONFESSEUR - Bien, récapitulons : à ton pauvre père, qui t'aime plus que tout au monde et qui n'a jamais voulu que ton bien, tu as causé les pires souffrances, soucis et inquiétudes, tu as été désobéissante et ingrate… Poussée par la concupiscence, tu as rompu avec ton fiancé pour te cramponner à un dépravé… Silence ! On connaît ! Et ça va faire plus d'un an que tu vis en dehors des saints sacrements du mariage avec ce lamentable individu, et c'est dans cet affreux état de péché mortel que tu as conçu et mis au monde ton enfant… Quand ?
MARIANNE - Il y a huit semaines.
LE CONFESSEUR - Et cet enfant du péché et de la honte, tu ne l'as même pas fait baptiser… Reconnais-le: que pourrait-il sortir de bon de tout cela ? Rien! Mais il y a pire! Tu as été jusqu'à vouloir le tuer dans ton ventre

Suite

 

La «Volksstück» - la pièce du peuple - est depuis le milieu du XIXème siècle le nom courant que l’on donne à une forme bien déterminée de théâtre sur le peuple et pour le peuple. La notion de «peuple» doit ici avec sa plus large signification et varie d'ailleurs d'une pièce à l'autre selon don contenu. Le plus souvent, ces pièces étaient jouées dans des grands théâtres urbains et le «public-cible» était avant tout la population citadine. Les thèmes abordés et les styles utilisés étaient très diversifiés.

Suite

 

Marianne est le personnage central de la pièce. Elle est entourée par des groupes très différents qui la traitent très diversement. On voit rapidement, lors d'une répartition des hommes et femmes, que la pièce est fortement dominée par les hommes. Cependant, on ne peut pas dire que les femmes ou les hommes soient plus brutaux ou plus insensibles les uns que les autres. En fait, tous se rendent service mutuellement.

Suite

 

La mentalité des personnages principaux est fortement caractérisée par la pression économique et sociale du monde qui les entoure. L’acquisition d’argent et le rang social à maintenir sont deux combats de tous les instants. Les personnages essaient d'échapper à cette pres-sion. Ils y arrivent en se ménageant des moments de gaieté, remplis de joies simples, mais souvent fort artificielles. Les vrais con-flits sont ignorés et écartés habilement par quelques lieux communs.

Suite

 

1901
Le 9 décembre, le même mois que Walt Disney et Marlène Dietrich, naît Edmond (Ödön) Joseph von Horvàth à Susak, dans la banlieue de Fiume (aujourd'hui : Rijeka), sur les bords de la mer Adriatique. Son père, Edmond Joseph von Horvàth (1874-1950) est attaché au consulat impérial et royal d'Autriche-Hongrie ; sa mère Marie Hermine née Prehnal (1882-1959) vient d'une famille de médecins militaires austro-hongroise.

«Je suis un mélange typique de cette vieille Autriche-Hongrie : hongrois, croate, tchèque, allemand - il n'y a que la composante sémite qui me fasse hélas, défaut.»

Suite

 


Retour en haut