La vie devant soi
de Romain Gary
Un hymne à la tolérance et à la vie servi par une magistrale interprétation d’Itsik Elbaz et de Janine Godinas
Momo, 10 ans, vit depuis tout petit chez Madame Rosa, une ancienne prostituée. Rosa, c'est la seule maman qui lui reste à Momo. Il y a bien son père qui débarque un beau jour pour l'arracher à sa nouvelle vie... mais repart aussitôt en croyant que Momo, son enfant musulman, est devenu juif! Et puis, après tous ceux qu'elle a recueillis et élevés dans le quartier, Momo, c'est le dernier enfant qui lui reste à Rosa, elle ne veut pas le voir partir. Même si ce n'est pas vraiment le sien, il est son souffle de vie le petit... alors oui, entre la vieille dame juive et le petit musulman c'est une histoire d'amour qui se tisse au quotidien, qui les lie l'un à l'autre avec tendresse, avec ironie mais surtout avec une fidélité féroce, sauvage, pour faire face au monde qui gravite autour de leur petit univers cocasse... Ils vont être ensemble, complices, jusqu'au bout de la vie.
N'y allons pas par quatre chemins : La vie devant soi au Public est un cadeau, à chambouler chacun! Les raisons ? Un texte, des comédiens, un juste équilibre de la scène. Alors, forcément, on rit et on pleure. Et ce texte redoutable, sans gras ni complaisance, dépasse de loin d'autres œuvres sur ce même sujet, dans le même registre.
Janine Godinas est Madame Rosa, des pieds à la tête, immense, poignante, en parfait équilibre des multiples couches qui l'habitent, toutes perceptibles sans une once de « théâtre ». (…) Une formidable complicité l'unit à Itzik Elbaz, à la fois récitant de cette histoire à l'avant-scène et interprète de Momo. Pas facile de se glisser dans la peau d'un enfant/adolescent, ce qu'il réussit avec son grand corps mince, ses longues mains qui trahissent admirablement son désarroi, son amour, ses révoltes. Une boule de nerfs, Momo, submergé d'émotion.
Rien, dans la mise en scène de Michel Kacenelenbogen, qui détourne du corps, de la voix des comédiens. C'est un art, pas un défaut.
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«La vie devant soi» est un cadeau
Le Public propose son adaptation du superbe texte d'Ajar/Gary. Janine Godinas y est une immense Madame Rosa et Itzik Elbaz, un bouleversant Momo. On rit, on pleure.
N'y allons pas par quatre chemins : La vie devant soi au Public est un cadeau, à chambouler chacun ! Les raisons ? Un texte (très efficace adaptation de Xavier Jaillard), des comédiens, un juste équilibre de la scène. La langue de Roman Gary/Emile Ajar flamboie, elle s'invente des détours cocasses, des subversions ironiques qui pressent le sens du mot, pour qu'en jaillisse le jus de la vie. Alors, forcément, on rit et on pleure. Et ce texte redoutable, sans gras ni complaisance, dépasse de loin d'autres œuvres sur ce même sujet, dans le même registre : l'histoire d'une amitié doublée d'une initiation à la vie, à la vieillesse, à la mort, à la tolérance, à l'amour. De bien grands mots ? Il y a tout cela, imbriqué dans ce quotidien que se tissent Madame Rosa et Momo.
Elle, la vieille dame juive, malade, usée par son 6e étage sans ascenseur, ses kilos, rescapée d'Auschwitz « par erreur », ex-prostituée. Elle l'aime comme une mère ce Momo, le gamin musulman, le seul qui lui reste de tous ceux qu'elle a recueillis, ces enfants de toutes les couleurs, abandonnés parce que les putes n'ont pas le droit de les garder… Et Madame Rosa, avec ses faux papiers, éloignait ainsi le spectre de l'Assistance publique. « Parfois, on se regardait en silence et on avait peur ensemble parce qu'on n'avait que ça au monde. » Entre ces deux-là c'est à la vie… et à la mort. Le cynisme, la haine n'a aucune place entre ces écorchés, elles se sont fondues en une humanité rejetant le pessimisme. La vie devant soi n'a rien d'une tranche de vie naturaliste !
Janine Godinas est Madame Rosa, des pieds à la tête, immense, poignante, en parfait équilibre des multiples couches qui l'habitent, toutes perceptibles sans une once de « théâtre ». Elle est femme, mère, elle a son poids de vie, de chair, elle traverse des phases de « déconnexion » dit Momo, elle est grandiose, rayonnante quand elle réveille en elle sa jeunesse, elle a de ces regards, de ces silences qui disent tout un monde.
Une formidable complicité l'unit à Itzik Elbaz, à la fois récitant de cette histoire à l'avant-scène et interprète de Momo. Pas facile de se glisser dans la peau d'un enfant/adolescent, ce qu'il réussit avec son grand corps mince, ses longues mains qui trahissent admirablement son désarroi, son amour, ses révoltes. Une boule de nerfs, Momo, submergé d'émotion. A leurs côtés, Benoît Van Dorslaer (le docteur) et Nabil Missoumi (Mr Youssef), excellents et sobres. Rien, dans la mise en scène de Michel Kacenelenbogen, qui détourne du corps, de la voix des comédiens. C'est un art, pas un défaut. Réaliste, le plateau vit aussi de la musique à la manière Klezmer écrite par Pascal Charpentier, du beau travail des ombres et des lumières de Maximilien Westerlinck et… d'une montagne d'objets où l'on pêche ce dont on a besoin : la cave, là où Madame Rosa fait son trou de Juive, mais aussi l'amoncellement de toute une vie.
Le Soir - 6/9/2011 - Michèle Friche
Le Soir - 6/9/2011 - Michèle Friche
Comment traduire ma jubilation, mon exaltation, mon bonheur du théâtre et celui de l'acteur à la vision de cette pièce jouée qui - plus est - d'une telle façon exceptionnelle! (...) C'est génial ! C'est fantastique ! C'est merveilleux ! C'est lumineux ! C'est puissant ! C'est d'une intensité dramatique parfaite, solide ! C'est à la fois drôle, tendre et émouvant ! C'est une leçon souveraine et magistrale de théâtre ! Le Théâtre, le Vrai, le Grand Théâtre! (...) On ressent beaucoup d'amour pour ces deux artistes. Ils nous bouleversent durant les deux heures du spectacle!
Je connais Janine Godinas depuis un très long moment, je l'ai applaudie dans tous ses rôles. (...) Et dans ce rôle, elle fait une étonnante composition.
Elle ne joue pas un personnage. Elle l'incarne à un tel point, une telle justesse, une telle profondeur que , nous spectateurs dans la salle, oublions la comédienne et voudrions monter sur le plateau pour être plus près de cette « vieille prostituée » et ce « jeune gamin de 14 ans » !
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Une leçon souveraine et magistrale de théâtre !
Septembre 2011. Le Théâtre Le Public entame sa nouvelle saison 2011/2012 avec cette grande pièce « LA VIE DEVANT SOI », toujours dans l'adaptation de Xavier Jaillard. Michel Bogen ( co-directeur du Théâtre avec Patricia Ide) engage Michel Kacenelenbogen (c'est aussi Michel Bogen) pour réaliser la mise en scène du spectacle. Et ce dernier, l'un de nos plus brillants metteurs en scène belge, engage deux acteurs des plus cotés comédiens sur la scène belge (et française) : Janine Godinas pour faire vivre le personnage extraordinaire de Madame Rosa, et Itsik Ebaz dans le rôle de Mohammed, appelé plus simplement par Madame Rosa : Momo!
Comment traduire ma jubilation, mon exaltation, mon bonheur du théâtre et celui de l'acteur à la vision de cette pièce jouée qui - plus est - d'une telle façon exceptionnelle !
Un texte d'une richesse insoupçonnée, qui tente de faire exister l'impossible sur une scène de théâtre et qui y réussit brillamment !
Un travail de passion tant pour le metteur en scène que pour les acteurs. Grâce à leurs talents, leurs volontés, leurs intelligences, leurs dynamismes, ils nous font entrer de plein pied - et dès la première réplique - dans l'univers de Madame Rosa et Momo !
C'est génial ! C'est fantastique ! C'est merveilleux ! C'est lumineux ! C'est puissant ! C'est d'une intensité dramatique parfaite, solide ! C'est à la fois drôle, tendre et émouvant ! C'est une leçon souveraine et magistrale de théâtre ! Le Théâtre, le Vrai, le Grand Théâtre !
On ressent beaucoup d'amour pour ces deux artistes. Ils nous bouleversent durant les deux heures du spectacle !
Je connais Janine Godinas depuis un très long moment, je l'ai applaudie dans tous ses rôles. Je l'ai souvent engagée dans mes productions radiophoniques.
A chaque fois, elle s'est révélée formidable. Elle a une présence en scène toute particulière.
Et dans ce rôle, elle fait une étonnante composition.
Elle ne joue pas un personnage. Elle l'incarne à un tel point, une telle justesse, une telle profondeur que , nous spectateurs dans la salle, oublions la comédienne et voudrions monter sur le plateau pour être plus près de cette « vieille prostituée » et ce « jeune gamin de 14 ans » !
Et il en est de même avec Itsik Elbaz que je suis de très près dans ses prestations théâtrales !
Lui aussi est tellement vrai dans tous les personnages qu'il interprète !
Et ici, dans la pièce de Romain Gary, il a l'art de jouer , marquant bien la différence du jeune homme qui raconte l'histoire ( Momo à 18 ans) et celle du tout jeune garçon.( 13/14 ans)
Une réelle performance !
Je suis dithyrambique mais sincère dans mon propos.
Tout comme pour Michel Kacenelenbogen , que je connais depuis l'ouverture du Théâtre Le Public.
C'est un grand comédien, et il nous l'a démontré bien souvent, et c'est aussi un grand metteur en scène, d'une belle intelligence, d'une grande sobriété, d'une étonnante humanité.
Michel Kacenelenbogen( metteur en scène ) : J'ai un très grand plaisir de partager votre enthousiasme et celui des spectateurs.
Mettre en scène des comédiens d'un tel talent et d'une telle envergure, mettre en valeur le texte superbe de Romain Gary - l'insaisissable, faire vivre ses personnages avec Janine , Itsik et aussi Benoît Van Dorslaer(Docteur Katz) et Nabil Missoumi( Mr Kadir Yousef ), c'est un cadeau pour un metteur en scène.
Il y a encore les autres qui ont travaillé avec éclat pour habiller la pièce : Delphin Coërs(scénographie originale et je ne vous en dirais pas plus, à Vous de la découvrir), Maximilien Westerlinck ( la lumière - et c'est très important les jeux d'éclairage d'une pièce) , Pascal Charpentier ( le créateur musical attitré du Public) , Rémy Brans( le régisseur et son assistant, Gaëtan Bergmans), sans oublier Kim Leleux , l'assistante à la mise en scène.
Ils sont tous à féliciter chaleureusement !
Mijanou Loosen, notre spectatrice attitrée a vu bien entendu ce spectacle. Elle vous communique ses impressions...
Mijanou : Je partage votre enthousiasme, pour la pièce elle-même, les personnages, les comédiens et la mise en scène !
Je ne vais pas rajouter encore d'autres superlatifs... J'adopte les vôtres ! Simplement, j'aimerais préciser que c'était pour moi la première fois que je voyais un acteur adulte "jouer" un jeune garçon.
J'avais déjà vu différentes pièces où une comédienne incarne une petite fille (pensons à "Emma" par exemple). Et j'ai trouvé que Itsik Elbaz réalisait une véritable prouesse, très subtile. Il n'imite pas un enfant, mais, par une gestuelle, des attitudes, une démarche, des regards, ... Il "est" véritablement, face à nous, ce jeune Momo ! Et de la cave à son appartement du 6ème, quel plaisir d'être en compagnie de cette Madame Rosa!
Merci Mijanou pour vos impressions des plus favorables !
Voilà un spectacle que l'on a l'envie de revoir dans l'immédiat, sans la moindre hésitation.
C'est jusqu'au 22 octobre. Vous n'aurez aucune excuse de ne pas vous rendre rue Braemt pour vivre : « LA VIE DEVANT SOI »
Michel Kacenelenbogen ( metteur en scène ) : J'aime me murmurer des perles de Romain Gary comme:
« Madame Rosa dit que la vie peut être très belle mais qu'on ne l'a pas encore vraiment trouvée et qu'en attendant, il faut vivre »
Ou :
« Je suis très contente de mourir Momo. On est très content pour vous, Madame Rosa, vous n'avez que des amis ici… »
Ou encore :
« La nature fait n'importe quoi, parfois des fleurs et des oiseaux et parfois c'est une vieille juive qui va mourir, je suis tellement chaud » - dit toujours Romain Gary- « pour les lois de la nature… »
Incontestablement, ce spectacle qui se donne dans la Grande Salle du Public, c'est un démarrage foudroyant de la nouvelle saison.
Bravo les Artistes !
Cinemaniacs - Roger Simons
Cinemaniacs - Roger Simons
"La Vie devant soi", roman d’un certain Emile Ajar, prix Goncourt en 1975, c’est l’histoire extraordinairement optimiste et têtue d’une amitié contre vents et marées, contre même l’Histoire qui balaie tout, entre une vieille dame juive et un petit garçon musulman. L’histoire d’un lien tissé au quotidien, avec tendresse et ironie, opiniâtreté et fidélité, générosité et cocasserie, jusqu’au bout de la vie.
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Hymne à l’amour, éloge de la vie
Michel Kacenelenbogen monte “La Vie devant soi” de Romain Gary/Emile Ajar.
Momo a dix ans. Depuis peu, il vit chez Madame Rosa qui a connu Auschwitz et aussi la prostitution. Pour autant, cette femme au parcours pour le moins chargé fait figure d’unique famille pour le gamin. C’est la seule maman qui lui reste. Et Momo le seul enfant qu’elle a encore, après tous ceux qu’elle a recueillis et élevés dans le quartier. Momo, bien sûr, n’est pas vraiment son fils mais, qu’importe, il est son souffle de vie.
"La Vie devant soi", roman d’un certain Emile Ajar, prix Goncourt en 1975, c’est l’histoire extraordinairement optimiste et têtue d’une amitié contre vents et marées, contre même l’Histoire qui balaie tout, entre une vieille dame juive et un petit garçon musulman. L’histoire d’un lien tissé au quotidien, avec tendresse et ironie, opiniâtreté et fidélité, générosité et cocasserie, jusqu’au bout de la vie.
Que Michel Kacenelenbogen - lui-même acteur, sous la direction d’Olivier Massart, de "Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran" d’Eric-Emmanuel Schmitt, au ressort proche cousin de celui-ci - ait eu envie de mettre en scène le populaire roman de Romain Gary tombe quasiment sous le sens. Didier Long l’avait naguère adapté à la scène : créé en 2007-2008, le spectacle vaudra un Molière à la comédienne Myriam Boyer pour le rôle de Madame Rosa. Rôle pour lequel Simone Signoret reçut, elle, un César, tandis que "La Vie devant soi", réalisé en 1977 par Moshé Mizrahi, remporta l’Oscar du meilleur film en langue étrangère.
"Vous êtes une personne qui fait le bien tout le temps. Je sais que y’a beaucoup de gens qui font du bien dans le monde, mais eux, ils le font pas tout le temps, il faut tomber au bon moment."
"Les choses c’est comme les gens ça n’a de valeur que si quelqu’un les aime."
"Je ne tiens pas tellement à être heureux, je préfère encore la vie."
"Quand on est môme, pour être quelqu’un, il faut être plusieurs."
"La nature fait n’importe quoi, parfois c’est des fleurs et des oiseaux et parfois c’est une vieille juive qui va mourir. Je suis pas tellement chaud pour les lois de la nature."
"Maintenant on devient de plus en plus con mais c’est parce qu’on n’est pas prévu pour vivre si vieux."
"Rien n’est blanc ou noir : le blanc c’est souvent le noir qui se cache, et le noir c’est parfois le blanc qui s’est fait avoir."
C’est en collectionneur avide de les faire partager que le metteur en scène considère les perles du roman - qu’il monte ici dans l’adaptation de Xavier Jaillard. "Comme diraient Romain Gary et Emile Ajar : il faut aimer ", note Michel Kacenelenbogen. Il dirige dans cette nouvelle production du Public, ouvrant sa saison, Janine Godinas et le jeune Nabil Missoumi (espoir masculin aux Prix de la critique pour "Aux hommes de bonne volonté" de Jean-François Caron), ainsi qu’Itsik Elbaz et Benoît Van Dorslaer.
La Libre Belgique - Marie Baudet - 31 août 2011
La Libre Belgique - Marie Baudet - 31 août 2011
La mise en scène de Michel Kacenelenbogen s’appuie sur deux interprètes idéaux, une très grande Jeanine Godinas, incarnant Rosa, sensible et vacharde, selon les cas, et Itsik Elbaz qui, dans le rôle de Momo, incarne, sans invraisemblance, à 34 ans, ,un narrateur adulte et un gamin de 10 à 14 ans, selon l’imagination de sa roublarde mère adoptive. Un duo épatant, jouant avec naturel et conviction ce joli mélo, bâti sur les bons sentiments et la croyance en un possible dialogue entre juifs et musulmans, dans le respect, la bonne humeur et même l’amour. (...) Autre morceau d’anthologie, très bien agencé: la mort de Rosa, dont le médecin, ici l’excellent Benoît Van Dorslaer hésite à faciliter l’euthanasie.
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La vie devant soi, bons sentiments, humour et poésie.
La vie devant soi, c’est l’histoire d’une supercherie littéraire celle d’un auteur, Romain Gary, qui changea de nom (devenu Emile Ajar) pour obtenir un 2è Prix Goncourt. C’est surtout un hommage à la Mère (juive et prostituée ici) et un plaidoyer un peu optimiste sur un possible dialogue judéo-arabe.
Ce roman, Prix Goncourt 1975, fut déjà transposé au cinéma en 1978, avec l’inoubliable Simone Signoret, dans le rôle-titre de Rosa, la «mère» juive, ex-prostituée au grand cœur.
Au Théâtre Le Public, la mise en scène de Michel Kacenelenbogen s’appuie sur deux interprètes idéaux, une très grande Jeanine Godinas, incarnant Rosa, sensible et vacharde, selon les cas, et Itsik Elbaz qui, dans le rôle de Momo, incarne, sans invraisemblance, à 34 ans, ,un narrateur adulte et un gamin de 10 à 14 ans, selon l’imagination de sa roublarde mère adoptive. Un duo épatant, jouant avec naturel et conviction ce joli mélo, bâti sur les bons sentiments et la croyance en un possible dialogue entre juifs et musulmans, dans le respect, la bonne humeur et même l’amour. Une jolie utopie, surgie d’un siècle des lumières bien oublié, un peu à la manière de Nathan le Sage de Lessing, qui faisait dialoguer catholiques, juifs et musulmans en plein Jérusalem, au Moyen Age. Ici on est en plein Paris du XXè siècle. Et le débat est plus sentimental que philosophique. Rosa est une vieille prostituée juive sans enfant mais qui en a adopté une ribambelle, dont son favori, le petit Mohammed, dit Momo, confié par l’Assistance publique pour en faire un bon petit musulman. L’enfant- né d’une prostituée musulmane assassinée par son «mac»…musulman …déclaré fou (et re-mélo, dans le mélo)- Momo donc vit une vie paisible, idyllique, baigné de tendresse rugueuse. Quand surgit le père, sorti de l’asile, Momo accepte sans broncher le mensonge de Rosa, qui le baptise Momo/Moïse pour le sauver des griffes d’un père dont il ne veut plus. Autre morceau d’anthologie, très bien agencé: la mort de Rosa, dont le médecin, ici l’excellent Benoît Van Dorslaer hésite à faciliter l’euthanasie.
Au total une intrigue sentimentale, avec des répliques «à la française» qui font mouche sur un public conquis d’avance. Momo «Moi, le bonheur, je vais pas me lancer là-dedans, avant d’avoir tout essayé pour m’en sortir» Ou encore: «On peut tout faire avec les mots et même être plus fort qu’en tuant des gens». Lieux communs? Peut-être mais au temps des «identités meurtrières», un brin d’optimisme ne nuit pas à l’atmosphère.
RTBF - Cfhristian Jade - 28 septembre 2011
RTBF - Cfhristian Jade - 28 septembre 2011
Rien encore sur ce spectacle
Version pleine page (seule version disponible monde Apple)
Roman Kacew naît en 1914 à Wilno (Vilnius) en Lituanie qui faisait alors encore partie de la Russie impériale. Il est le fils d’un marchand juif de peaux et fourrures, Arieh Kacew, et de Mina Owczynska, qui aurait été actrice… Rien n’est moins sûr ; le flou artistique qui entoure la vie du petit Roman débute donc avant même sa naissance. En 1925, Arieh quitte femme et enfant et Mina élève seule son fils unique sur lequel elle fonde les espoirs les plus fous de grandeur et de gloire, elle qui ne fut jamais la grande comédienne qu’elle avait tant rêvé d’être. Sous diverses formes, elle sera le personnage souvent central de bien des œuvres de Gary, et la Madame Rosa de La Vie devant soi doit beaucoup à cette figure de mère juive, forte et angoissée à la fois, lionne défendant son petit contre le monde entier et ne doutant jamais qu’il deviendra un grand fauve admiré de tous. Mina, malgré les difficultés financières, élève donc Roman comme s’il était un prince, l’éduquant notamment dans l’amour de la France. Cette France lumière du monde, terre promise de liberté et de culture, berceau des grands poètes, patrie des arts. Fuyant les pogroms du communisme, elle l’emmènera à Nice où ils s’installent en 1928. Roman, qui est devenu Romain, a 14 ans. Il fait ses études au lycée de la ville tandis que sa mère parcourt les grands hôtels de la Riviera cherchant à fourguer aux richards de passage les pièces que lui confient quelques bijoutiers et antiquaires de Nice. Elle finira par s’offrir une pension de famille, l’hôtel Mermonts, qu’elle gèrera d’une main ferme et douce à la fois jusqu’à sa mort.
Suite
Le tissu urbain le plus ancien encore existant date de la fin du XIXe siècle. À cette époque, la population ouvrière augmente fortement notamment dans les faubourgs qui entouraient la ville et qui sont inclus dans son périmètre après 1860. Le nouveau tissu urbain est né sur un terrain précédemment cultivé en vignoble. Les parcelles ont d’ailleurs, encore aujourd'hui, une forme étroite et profonde, et sont disposées transversalement à la pente du terrain, selon la vieille orientation des vignobles.
L'habitat originel du faubourg est souvent caractérisé par sa mauvaise qualité générale. Une construction effectuée avec des matériaux peu coûteux en est à l'origine. Par la suite, le faible entretien apporté par les propriétaires, qui n'avaient pas de ressources suffisantes dans un quartier à tissu social traditionnellement défavorisé, n'a guère contribué à une bonne conservation.
La densification du quartier étant à son maximum, le mouvement immobilier de Belleville devient très faible, voire inexistant, pendant la première moitié du Xxe siècle. Ce ralentissement de la construction explique aussi les mauvaises conditions de conservation du quartier au début des années 1960.
