Emma

de Dominique Bréda

Mise en scène: Dominique Bréda
Une production de l'asbl Lato Sensu
2 représentations ▪ 1er et 21 août 2011

L'histoire des quatre âges de la vie,
avec un irrésistible humour

Dominique Bréda a voulu raconter l’histoire d’un personnage qui décide de ne pas lire Flaubert parce qu’elle pense qu’il est l’ennemi. Elle s’appelle Emma (pas Bovary, mais... ). Emma, elle nous ressemble. Autour de la Bovary de Flaubert, la pièce retrace le parcours d’une femme moderne entre premiers pas, adolescence, quarantaine et fin de vie. D’un simple geste pour remonter son pantalon et ses longs cheveux roux, la comédienne Julie Duroisin se métamorphose avec une palette de jeu époustouflante en bébé grimaçant, en ado rebelle, en adulte alcoolo ou en vieillarde coquine.

David Bowie s'appelle David.
Gustave Flaubert s'appelle Gustave.
David a sorti Ziggy Stardust dans les années '70. Gustave a écrit Madame Bovary à une époque genre Moyen-âge. David est une star du rock, le symbole androgyne de toute une époque. Gustave est mort il y a tellement longtemps qu'on ne sait même plus très bien quelle tête il avait, sauf que c'était un gros moustachu.
Franchement, entre les deux, vous auriez choisi lequel vous?
Je m'appelle Emma, j'ai dix-sept ans et j'ai d'autres choses à me taper que Flaubert.
Cette histoire est mon histoire.


CREATEURS
AuteurDominique Bréda 
Mise en scèneDominique Bréda 
AVEC
EmmaJulie Duroisin 
Un projet de l'ASBL Lato Sensu

Seule en scène, avec la voûte et l'escalier de la Samaritaine pour seul décor, Julie Duroisin interprète Emma ado rebelle, Emma bébé de 1 an et demi, Emma de quarante-cinq ans dont le mari vient de la quitter et Emma petite vieille vivant ses derniers instants à l'hôpital. Une femme qui, à toutes les étapes de sa vie, a eu affaire à madame Bovary. Modifiant la longueur de ses manches et de son pantalon, Julie Duroisin passe d'un âge à un autre avec habileté, adaptant le jeu du corps, de la voix, des expressions du visage pour atteindre le ton juste. Cet exercice difficile de métamorphose semble naturel tant elle est sincère et ne tombe jamais dans la caricature.

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Emma gentille, Emma colère

Seule en scène, Julie Duroisin interprète "Emma" de Dominique Bréda. Un texte sensible et drôle, une mise en scène astucieuse, une comédienne talentueuse.
Il était une fois Dominique Bréda, auteur et metteur en scène, qui promet à la petite sœur de sa femme, qui se rêvait comédienne, d'écrire un texte spécialement pour elle et de la mettre en scène. Quelques années plus tard, c'est chose faite et au sortir de l'IAD, Julie Duroisin découvre "Emma". En réalité, Dominique Bréda avait déjà écrit un texte court sur une élève qui se révolte contre le système scolaire à cause des lectures imposées, inintéressantes à ses yeux. Puis, il y a quelques mois, la relecture de "Madame Bovary" de Flaubert l'a secoué. Comment un si beau roman, d'une écriture si fluide et au propos si juste peut-il être considéré par les adolescents comme " l'ennemi " ?
La jeune Emma, dix-sept ans, ne comprend pas pourquoi on devrait s'intéresser aux "grands auteurs morts" et particulièrement Flaubert qui "dépeint la société de son époque", les gens qui vivaient dans des châteaux forts, précise-t-elle, "c'est super vieux".
Seule en scène, avec la voûte et l'escalier de la Samaritaine pour seul décor, Julie Duroisin interprète Emma ado rebelle, Emma bébé de 1 an et demi, Emma de quarante-cinq ans dont le mari vient de la quitter et Emma petite vieille vivant ses derniers instants à l'hôpital. Une femme qui, à toutes les étapes de sa vie, a eu affaire à madame Bovary. Modifiant la longueur de ses manches et de son pantalon, Julie Duroisin passe d'un âge à un autre avec habileté, adaptant le jeu du corps, de la voix, des expressions du visage pour atteindre le ton juste. Cet exercice difficile de métamorphose semble naturel tant elle est sincère et ne tombe jamais dans la caricature.

Humour et sensibilité
A un rythme trépidant, parfois en musique, face au public, elle s'adresse à ses peluches et raconte ses colères, ses désappointements, son incompréhension, avec beaucoup d'humour.
Comme des fragments de vie, les Emma se succèdent, créant un personnage très drôle qui met en valeur les fins jeux de mots. Son témoignage émaillé de petites réflexions sur la vie et la société est plein de vérité et de poésie. Avec sensibilité, elle écrit à ceux qui l'ont trahi pour avoir trop promis - le père Noël, Ikea, Marc Levy, La Bibliothèque verte - la critique n'est pas loin. Certaines images sont très belles, comme le bip bip du monitoring à l'hôpital qu'Emma qualifie de "compte à rebours avant le grand décollage" parce que "la machine à faire des montagnes est fatiguée".
Lors de cette période de fin de vie, Emma finit par se rendre compte à quel point la lecture de "Madame Bovary" aura changé sa vie mais prévient consciencieusement ses peluches d'une telle lecture : " Quand on lit des choses comme ça, on trouve de la vérité [...] et la vérité est sans compromis." En fin de compte, "nous sommes tous un peu madame Bovary", nous sommes tous un peu Emma.

La Libre Belgique - 16/5/2008 - Camille Perotti

La Libre Belgique - 16/5/2008 - Camille Perotti

On rit à gorge déployée dès le début de ce texte pourtant sans prétention. Il faut la voir tituber en couches-culottes en déblatérant ses principes psycho philosophiques à une audience d'ours en peluche. Ou la découvrir rageuse lorsqu'elle doit rédiger une fiche de lecture sur Madame Bovary, cette œuvre ringarde et poussiéreuse. Mais il y a surtout ces vieilles lettres déterrées à la cave lors d'une soirée imbibée tandis que son mari a décampé avec une jeunette, des lettres de plaintes adressées à la Bibliothèque Verte, Marc Levy, le Père Noël ou l'hypermarché, pour lui avoir fait croire au bonheur.

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On a tous quelque chose de Bovary

Un talent comique est né : Julie Duroisin. Sortie du Conservatoire de Bruxelles en juin dernier, ce sacré bout de femme crève actuellement la scène de la Samaritaine dans Emma de Dominique Breda.

Autour de la Bovary de Flaubert, la pièce retrace le parcours d'une femme moderne entre premiers pas, adolescence, quarantaine et fin de vie. D'un simple geste pour remonter son pantalon et ses longs cheveux roux, la comédienne se métamorphose avec une palette de jeu époustouflante en bébé grimaçant, en ado rebelle, en adulte alcoolo ou en vieillarde coquine.

On rit à gorge déployée dès le début de ce texte pourtant sans prétention. Il faut la voir tituber en couches-culottes en déblatérant ses principes psycho philosophiques à une audience d'ours en peluche. Ou la découvrir rageuse lorsqu'elle doit rédiger une fiche de lecture sur Madame Bovary, cette œuvre ringarde et poussiéreuse. Mais il y a surtout ces vieilles lettres déterrées à la cave lors d'une soirée imbibée tandis que son mari a décampé avec une jeunette, des lettres de plaintes adressées à la Bibliothèque Verte, Marc Levy, le Père Noël ou l'hypermarché, pour lui avoir fait croire au bonheur.

Avec un don burlesque indéniable, Julie Duroisin se livre en toute sincérité, sachant aussi toucher nos cordes sensibles dans la peau d'une femme secouée du désir et de la difficulté d'aimer.

Le Soir - 23/5/2008 - Catherine Makereel

Le Soir - 23/5/2008 - Catherine Makereel

Dominique Bréda lui a écrit un texte qui navigue très justement entre humour et émotion, entre rires et larmes (coeurs sensibles prévoyez un mouchoir), entre pertinence du propos et poésie des mots. Il a fait d'Emma un tableau impressionniste qu'il peint par petites touches, qui vont de l'enfance à la vieillesse dans une série d'allers-retours amusants et séduisants, entrecoupés de musique ou de pas de danse. Sous forme de saynètes, il évoque avec pertinence et lucidité les problèmes et dérives actuelles (dont certaines évoquées dans une série de lettres à Ikea, au Père Noël, à Marlboro ou à la Bibliothèque Verte).

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De la joie d'être une peluche dans les bras d'Emma

Julie Duroisin signe dans Emma son premier seul en scène.

Elle y défend avec beaucoup de talent un texte de Dominique Bréda, son beau-frère.
Tout commence sur l'escalier de La Samaritaine, quand un drôle de bébé descend péniblement les escaliers, un PinPin aux longues oreilles dans les bras. Emma a un an et demi, un pull gris et une couche rouge. Cette gosse, comme tous ceux de son âge, possède une faculté inouïe et méconnue, l'intelligence innée. Elle peut disserter Flaubert, Racine, s'interroger sur la position de Pluton, aligner les formules chimiques, mais hélas, elle ne sait pas parler et sait juste aligner les arreuhh ageuh traditionnels.

Colère donc de l'enfant incomprise qui rejette le monde des adultes qu'elle considère comme débile.

Petit tour dans l'escalier et Emma grandit, sa couche devient pantalon rouge, son pull lui tombe jusque sous les doigts, ses cheveux dénoués s'ébouriffent, elle a 17 ans. Rebelle, la gamine ne veut pas se plier aux règles. Pas question de lire un auteur mort, pas question d'ouvrir Madame Bovary. Elle est de son temps, elle a des problèmes bien actuels, pourquoi la bassiner avec ceux du passé. Rage donc de l'adolescente frustrée et … incomprise.

Du haut de l'escalier descend une femme de 45 ans, cheveux dans un chignon rigide, à moitié ivre de boisson, de rage et de chagrin. Son mari l'a quitté pour une autre. Son seul refuge face à cette solitude niée et naturellement mal vécue est l'alcool, les délires et les prises de conscience qu'il provoque. Dans l'ennui, elle va se plonger dans ce fameux Madame Bovary pour y découvrir une lecture toute de miel et de guimauve qui va faire grandir sa colère envers le monde entier, envers les mensonges et autres vaines promesses faites aux enfants pour leur dorer la pilule sur une vie idyllique qu'ils n'auront jamais.

L'apparition d'une chaise et accompagnée par le bruit lancinant d'un monitoring fait surgir Emma dans ses derniers moments. Diaphane, calme, elle tire des conclusions pertinentes dans un ensemble d'hallucinations qui lui permettront de régler ses comptes avec tous et avec elle-même.

Julie Duroisin signe une véritable performance, elle passe d'un rôle à l'autre sans à coup, avec un naturel confondant. Elle ne joue pas, elle est. Son visage se tend, se détend, se rajeunit, se flétrit, sa voix devient fluette ou rageuse en l'espace d'un instant, c'est stupéfiant. Elle tient son public en haleine des yeux, de la voix par une présence presque féerique que renforce ce petit lieu intimiste et la qualité des jeux de lumière.

Dominique Bréda lui a écrit un texte qui navigue très justement entre humour et émotion, entre rires et larmes (cœurs sensibles prévoyez un mouchoir), entre pertinence du propos et poésie des mots. Il a fait d'Emma un tableau impressionniste qu'il peint par petites touches, qui vont de l'enfance à la vieillesse dans une série d'allers-retours amusants et séduisants, entrecoupés de musique ou de pas de danse. Sous forme de saynètes, il évoque avec pertinence et lucidité les problèmes et dérives actuelles (dont certaines évoquées dans une série de lettres à Ikea, au Père Noël, à Marlboro ou à la Bibliothèque Verte).

Physique et magique, Julie Duroisin nous séduit, nous cloue silencieux et complices à nos chaises. Le moindre bruit, la plus petite toux deviennent sacrilège. Emma nous parle, se confie à nous ses peluches, ses gros nounours silencieux qui savent si bien écouter et on en redemande.

Plaisir d'offrir - 17/5/2008 - Muriel Hublet

Plaisir d'offrir - 17/5/2008 - Muriel Hublet

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Version pleine page (seule version disponible monde Apple)


Il y a quelques années, j'ai écrit un texte court pour Julie Duroisin. À cette époque, elle était étudiante au conservatoire de Bruxelles. Il s'agissait de la révolte d'une élève moyenne contre le système scolaire dont elle était la victime et qui lui imposait des lectures de romans du dix-neuvième siècle, lectures, à son goût, parfaitement poussiéreuses et indigestes.

Suite

 

Emma (17 ans) s’adressant à ses peluches :
Salut les peluches. Ça va ? Moi ça va pas, si vous voulez tout savoir. Vous connaissez Gustave Flaubert ? Moi non plus, ce matin, je ne le connaissais pas. J’étais au cours depuis 8 heures, la journée avait donc mal commencé, mais jusqu’au début de l’après-midi, rien de catastrophique n’était venu troubler ma grisaille existentielle.

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