Est-ce qu'on ne pourrait pas s'aimer un peu?

de Eric de Staercke, Serge Bodart et Sandrine Hooge

Mise en scène: Jaco Van Dormael
Une production du Théâtre Loyal du Trac et le Centre culturel des Riches-Claires
3 représentations ▪ 26 et 27 juillet, 29 août 2011

Ils veulent s'aimer,
mais le destin les sépare obstinément…

«Que feront les enfants de cette avalanche d’impossibilités amoureuses? Comme nous, ils rêveront de faire mieux et se régaleront d’une technique théâtrale qui flatte l’art éternel du clown.» (Le Soir)

Sur scène, les deux acteurs principaux, Eric de Staercke et Sandrine Hooge font un travail formidable. Leurs folles acrobaties et leurs mimiques incroyables donnent à cette pièce une dimension cinématographique. La petite touche du metteur en scène, Jaco Van Dormael est bien présente. La musique jouée par le pianiste, Serge Bodart, ajoute une superbe intensité aux scènes.

C'est l'histoire d'une série de personnages dont les destins n'arrivent pas à se croiser. Tout ça sous les yeux d'un pianiste, silencieux et impuissant, qui va pendant une heure être le témoin de mille incidents, aventures, rencontres, disputes ou courses poursuite. Une quête de l'inaccessible amour de l'autre qui n'a pas de fin, les personnages ne renoncent jamais.

Ce spectacle musical et burlesque ne s'inscrit dans aucun genre connu, plus proche du cinéma muet d'avant-guerre et du théâtre absurde d'après-guerre – comme si la guerre n'avait pas été absurde. Est-ce qu'on ne pourrait pas s'aimer un peu? utilise la musique, le clown, la cascade, le texte, le mime, la grimace et le silence pour exprimer la quête d'amour avec fougue et humour.


CREATEURS
AuteurSandrine Hooge 
AuteurSerge Bodart 
AuteurEric de Staerke 
Mise en scèneJaco Van Dormael 
MusiqueSerge Bodart 
LumièreLuc Jouniaux 
ScénographieChristine Flaschoen 
CostumeRaphaëlle Debattice 
Maquillage et coiffureSerge Bellot 
AVEC
LuiEric de Staerke 
ElleSandrine Hooge 
PianisteSerge Bodart 
Une production du Théâtre Loyal du Trac et le Centre culturel des Riches-Claires

Jaco van Dormael: C'est le trio qui est à l'origine du projet. Le fait qu'ils soient à la fois auteurs et acteurs rend le point de vue du metteur en scène très diffé­rent. Partis d'improvisations, ils ont écrit les premières pistes. Une fois le matériel dégrossi, ils m'ont appelé, sachant que je faisais du travail de clown depuis longtemps et que j'avais mis en scène du théâtre pour enfants.
Pour rappel, Jaco a cofondé le Théâtre de la Galafronie, troupe de théâtre jeunes publics. A l'époque, il alterne ce travail avec la réalisation de courts métrages. Plus tard, les films s'allongent et ne laissent plus beaucoup de place au théâtre. Par contre, il n'abandonnera pas son clown et, même rare, son duo avec Didier De Neck Riri et Fifi, les rois du rire perdure.

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L’invisible visible
grâce au clow

LE SPECTACLE DU THÉÂTRE LOYAL DU TRAC ÉTAIT CRÉÉ EN DÉCEMBRE, AUX RICHES CLAIRES. COUP DE CŒUR. CETTE PARODIE DU COUPLE SÉDUIT ILLICO. MÉLANGE DES GENRES, EST-CE QU'ON NE POURRAIT PAS S'AIMER UN PEU, BURLESQUE ET DÉLIRANT, ALLIE MUSIQUE, CLOWN, CASCADE, TEXTE, MIME, GRIMACE ET SILENCE COMME EXPRESSION DE QUÊTE ÉTERNELLE D'AMOUR. DERRIÈRE LA PERFORMANCE, ON SENTAIT UNE GRANDE COMPLICITÉ, SŒUR DU TRAVAIL COLLECTIF. IMPRESSION CONFIRMÉE PAR JACO VAN DORMAEL, QU'ACCOMPAGNENT ICI SANDRINE HOOGE ET SERGE BODART (ERIC DE STAERCKE EST À L'ÉTRANGER)

Jaco van Dormael: C'est le trio qui est à l'origine du projet. Le fait qu'ils soient à la fois auteurs et acteurs rend le point de vue du metteur en scène très diffé­rent. Partis d'improvisations, ils ont écrit les premières pistes. Une fois le matériel dégrossi, ils m'ont appelé, sachant que je faisais du travail de clown depuis longtemps et que j'avais mis en scène du théâtre pour enfants.
Pour rappel, Jaco a cofondé le Théâtre de la Galafronie, troupe de théâtre jeunes publics. A l'époque, il alterne ce travail avec la réalisation de courts métrages. Plus tard, les films s'allongent et ne laissent plus beaucoup de place au théâtre. Par contre, il n'abandonnera pas son clown et, même rare, son duo avec Didier De Neck Riri et Fifi, les rois du rire perdure.
Le Clown pour parler vrai
La pièce qui les réunit ne reflète pas vraiment la version idyllique de l'amour! On s'y plante, s'arrache les cheveux, s'y dénigre au plus haut point: C'est un catalogue de toutes les manières possibles pour faire foirer son histoire d'amour sourit Jaco. Mais pas de véritable drame apparent, les larmes (du public) ne proviennent clairement que du rire, en effet "le clown permet de parler de tout, sans devoir prendre de gants. J'aime chez lui la notion de poupée, marionnette qui démonte la mécanique humaine. On en tire les ficelles et retire toute identification pour le spectateur. Le clown, on le voit de l'extérieur, on ne souffre pas pour lui quand il se prend les pieds, qu'il tombe ou se prend un râteau dans la figure." A l'inverse du cinéma justement, où "on entre dans le personnage, on vit l'histoire à travers ses yeux et sa sensibilité". Dans la pièce, Jaco parle de mécanisation qui permet de "voir des personnages attachants mais grotesques à la fois, se prendre les pieds dans ce qu'ils désirent le plus au monde: une histoire d'amour absolue et mythique. Moi, j'aime beaucoup ce contrepoids entre le traitement clownesque et celui de la relation amoureuse''. Regard vers sa voi­sine. "De plus, les clowns typique­ment féminins et très drôles, j'en connais très peu. En général, ce sont plutôt deux hommes qui se confrontent dans une histoire de pouvoir."
A propos du 7ème art et de ce qui différencie les acteurs… "Person¬nellement, je n'ai jamais fait de distinction entre un acteur de théâtre et un acteur de cinéma. Surtout en Belgique, où il n'y a pas assez de films pour n'être qu'acteur de cinéma!" Différence de conception, alors… "Disons qu'au cinéma, le metteur en scène est vraiment aux commandes, et encore plus s'il est l'auteur du scé-nario, il s'agit vraiment de son œuvre. Au théâtre, celui qui est aux commandes, c'est l'acteur. Il faut lui donner tous les outils pour qu'il y ait compréhension de la perception, car c'est lui qui va devoir répéter 100, 200 fois la même chose et la maîtriser."
Par ailleurs, il apprécie beau¬coup les styles mélangés: le théâ¬tre avec Eric, le cirque avec San¬drine et la musique de Serge Bodart. La rencontre de ces uni¬vers et du sien rend des personna¬ges plus réalistes. S'ils "gardent le nez rouge", ils sont empreints d'émotions. Après les Tréteaux, on les retrouvera cet été à Spa, au off d'Avignon, à Huy… la saison pro¬chaine d'ores et déjà à Namur.
A présent, Jaco Van Dormael écrit sur la théorie du chaos. Il s'en retourne au cinéma après interruption car "même si j'écris peu et très lentement, je ne peux pas être sur plusieurs projets à la fois. Puis, pendant ces périodes d'écriture, je dois me discipliner tous les jours, avec les rites qui précèdent…"

La Libre Belgique — 30 mai 2001 — Entretien de Sarah Colasse avec Jaco van Dormael

La Libre Belgique — 30 mai 2001 — Entretien de Sarah Colasse avec Jaco van Dormael

Elle a des cheveux roux en pétard et une merveilleuse mobilité des traits, il a une bonne bouille madrée et ronde, rousse et bouclée, et tous deux ont le bout du nez un peu plus rouge que la normale: clowns, certes, mais si ressemblant aux humains que nous sommes! Sandrine Hooge et Eric De Staercke ont décidé de mettre à vif les multiples facettes de l'amour avorté, de ses blessures camouflées. Et les choses les plus terribles se disent, se jouent, se tapent dessus, les corps réveillant les mots, révélant ce qu'ils taisent sans que se tarisse le joyeux entêtement à reformer "le couple". Emerveillement cassé de la première rencontre où usure conduisant à la haine: les meilleures intentions dérapent dans une multitude de séquences très contrastées depuis la naissance de l'infidélité jusqu'au machisme total.

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Elle a des cheveux roux en pétard et une merveilleuse mobilité des traits, il a une bonne bouille madrée et ronde, rousse et bouclée, et tous deux ont le bout du nez un peu plus rouge que la normale: clowns, certes, mais si ressemblant aux humains que nous sommes! Sandrine Hooge et Eric De Staercke ont décidé de mettre à vif les multiples facettes de l'amour avorté, de ses blessures camouflées. Et les choses les plus terribles se disent, se jouent, se tapent dessus, les corps réveillant les mots, révélant ce qu'ils taisent sans que se tarisse le joyeux entêtement à reformer "le couple". Emerveillement cassé de la première rencontre où usure conduisant à la haine: les meilleures intentions dérapent dans une multitude de séquences très contrastées depuis la naissance de l'infidélité jusqu'au machisme total.

La seule histoire réussie se chuchote dans les rapports du pianiste à son téléphone, à l'ami Roger... Etonnant Serge Bodart, lunaire derrière ses grandes lunettes, les doigts égrenant sa petite musique d'atmosphère. Il ramène parfois les corps dans le droit chemin, et sort de sa réserve pour se travestir en part féminine d'un adultère!

Guidé par l'œil scénique de Jaco Van Dormael, entre rideau et canapé vert, ce trio vous concocte une de ces soirées bonheur qui décapent votre quotidien d'amour et déchirent ses miroirs consensuels, dans l'éclat de rire!

Aucune faille dans la maîtrise physique, dans la précision rythmique: la troupe puise à la gestique du cinéma muet, aux duos de pure clownerie, au vaudeville classique, à la chanson, au mime, à l'acrobatie, mais aussi aux textes amers et absurdes. Le tout est emballé sans perdre haleine, dans l'allégresse cathartique, mais sans jamais perdre sa richesse de métaphores. Exemple limpide: qui veux m'aimer? Répète-elle inlassablement, plaintivement, sans entendre les je t'aime qui lui répondent et finissent par se lasser! Ne reste qu'à créer un espace protégé comme pour les non-fumeurs, Un espace où l'on pourrait s'aimer un tout petit peu … avant de mourir

Le Soir — Michèle Friche — 17 mai 2001

Le Soir — Michèle Friche — 17 mai 2001

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Depuis sa création en 1985, par 5 comédiens fraîchement sortis de l'IAD, le grotesque du sublime, le sublime du grotesque est le style de toutes les créations du Théâtre Loyal du Trac.
L'absurde, le burlesque et le non-sens nous permettent d'accentuer les travers du caractère de l'homme. Dans nos spectacles, les gens ne sont pas fous, c'est leur réalité qui dérape, leurs habitudes qui grossissent, "leurs gestes" qui sont détour nés, leurs univers qui sont bousculés Tous ces petits déphasages nous permettent de mettre en valeur leurs comportements avec leurs qualités et leurs défauts.

Suite

 

Drame burlesque en plusieurs tableaux évoquant la solitude et les actes désespérés qu'elle engendre Est-ce qu'on ne pourrait pas s'aimer un peu? raconte l'histoire d'une série de personnages dont les destins n'arrivent pas à se croiser.
C'est une course poursuite éreintée et haletante entre des êtres meurtris et renfermés ...
Ils traversent la scène, devant un pianiste , lui-même seul et abandonné, ébahi, témoin silencieux et impuissant de notre vie quotidienne devant la détresse des autres. Cette quête de l'inaccessible amour de l'autre n'a pas de fin, les personnages de cette comédie hautement burlesque ne renoncent jamais, ils courent toujours, même après le baisser de rideau, leur vie n'est qu'une lutte déchirée et hurlante...
Ils veulent s'aimer, se toucher, se rencontrer envers et contre tout, mais un destin ou une adversité sombre et irrémédiable les sépare obstinément!

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