Marie Tudor
de Victor Hugo
Amour, haine, vengeance, passion
Une création résolument moderne
Hugo est notre contemporain
Tout au long du spectacle les spectateurs sont tenus en haleine. L’intrigue nous surprend. Les mots claquent, les sentiments se cognent, s’entrechoquent. La vision de Marc Weiss permet au spectateur de se laisser aller au second degré pour être tout de suite repris par l’émotion. Entre comedia et jeu réaliste, les comédiens mélangent les registres. Dans une scénographie et des costumes inspiré de Jules Vernes. Nous sommes hors du temps, juste dans un récit, une histoire racontée, une histoire incarnée . On voyage à travers la haine, l’amour, la vengeance…
Tout au long de la pièce nous suivons la vengeance d'une reine outragée.
La troupe emmenée par Marc Weiss ne s’est pas laissée impressionner par le texte de Victor Hugo, un monument du théâtre romantique de 1833. Elle a pris le dessus, sans retenue, pour le monter avec la fantaisie qu’on lui connaît. Sérieusement mais sans se prendre au sérieux. Avec impertinence mais sans irrévérence. Bref, celui qui espère une version académique et consensuelle en sera pour ses frais: Jardin Passion introduit une bonne dose de légèreté et d’humour décalé dans ce mélodrame (…)
Comment cette équipe allait-elle relever le pari d’un texte classique et d’un spectacle d’été en plein air ? La réponse est tombée lundi soir lors de la première de Marie Tudor à la citadelle: Jardin Passion réussi le défi brillamment, avec culot, et sans trahir son identité profonde.
Vers l'Avenir - 20/7/2011 - Alexandre Debatty
La fresque romanesque rendue limpide et déjantée par la mise en scène de Marc Weiss. Il faut voir les costumes baroques de certains personnages dont Fabiano Fabiani (formidable Sébastien Hébrant) : son maquillage pailleté d’or, ses habits de lycra moulant, sa coupe rock’n’roll rendent avec humour la décadence du personnage. La sanguinaire Marie Tudor (orageuse Marie-Noëlle Hébrant) n’a rien à lui envier dans ses atours rouge vif et son maquillage torturé. Maques clownesques, perruques extravagantes, jeu sautillant, riffs sensuels d’une guitare live : l’équipe fait de ce drame historique une épopée drôle et échevelée loin du classicisme ronflant qu’on en attendait…
Catherine Makereel - Le Soir
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La 1ère représentation a lieu au théâtre de la Porte-Saint-Martin, le 6 novembre 1833.
Partant du personnage historique de la dynastie des Tudor, Marie Ière d’Angleterre, dite la « sanglante », Victor Hugo imagine sa rencontre avec un homme qui deviendra son favori : Fabiano Fabiani. Cet arriviste frivole ne trompe personne, pas même la Reine qui pourtant l’aime. Univers réels et fictifs se mêlent dans cette histoire d’amour, de pouvoir, de trahison et de vengeance.
Hormis la Reine et Simon Renard, ambassadeur de Charles Quint, les autres personnages sont inventés.
Marie Tudor parle de femmes, d’amour, de pouvoir, de haine, de jalousie, de vengeance, de trahison, de passion, d’abandon, d’orgueil, d’amitié, de tendresse, de vie, de mort, de tristesse...
Marie Tudor parle de nous, de vous, de l’Homme, de sa place dans le monde, de ses mécanismes de communication et de destruction.
Marie Tudor est un catalogue de sentiments et d'humanité ; c'est l'histoire des hommes, à la fois banale et grandiose.
"J'ai besoin qu'il n'y ait plus pour vous ni faux ni vrai, ni bien ni mal, ni juste ni injuste, rien que ma vengeance et ma volonté."
Monter du Victor Hugo aujourd’hui est un acte en soi car comme nous tous, il est un paradoxe. L’idée est partie d’une envie de la comédienne Marie-Noëlle Hébrant: parler de femmes, d’amour, de haine, de vengeance, de passion, d’orgueil, de vie et de mort, de parler de nous, de vous, de notre place le notre monde.
À la lecture du texte, les choses se sont mises en place comme une évidence, comme quelque chose de personnel. Des idées surgissent rapidement: l'eau, l'escalier, les représentations du conte, l'universel. Et puis, immanquablement, l'intemporalité. Le spectateur est transporté au 16ème, au 18ème, au 21ème siècle, plus loin encore ? Victor Hugo n'a pas écrit un récit historique, mais une romance inspirée de la réalité, mais pas uniquement : « Pour réunir la foule au théâtre, il faut deux éléments, le vrai et le grand, le vrai saisit l’individu et le grand saisit la masse ». C'est aussi cela qui m’a
directement amené au parti pris de l’universel.
Dans ce spectacle, on retrouve aussi l'univers de Jules Verne. On retrouve cette intemporalité dans son esthétique, ce temps insaisissable, quelque part entre passé et futur.
En réunissant le texte de Victor Hugo et l’univers de Jules Verne, on tente de toucher ce grand et ce vrai, de s'approcher plus près de l’Homme et des sentiments.
Les compagnies ont maintenant tendance à opter pour des créations ou des spectacles réunissant un minimum d'artistes, faute de budget, de disponibilités partagées et de temps. Aujourd’hui, être artiste, c’est prendre dix casquettes différentes et entrer dans un monde de contraintes et d’oubli de soi. Avec ce spectacle j’ai voulu réunir les gens, les artistes et le public, dans une vraie
rencontre.
