La Convivialité
De Arnaud Hoedt et Jérôme Piron
"L'orthographe, divinité des sots." - Stendhal
Quoi ! Une conférence-spectacle sur l'orthographe donnée par deux ex-profs ? Détendez-vous ! Sous une forme ludique, instructive et interactive, ces deux iconoclastes de la langue française décortiquent ses absurdités avec beaucoup d'humour. Que vous soyez des traumatisés du Grévisse ou fassiez partie des puristes assidus au Robert, ils vous convient à débattre des préjugés durement ancrés concernant la langue, l'instruction, l'écriture.
Pour ne pas trop dévoiler, car le mystère fait partie du plaisir de la découverte, mais qu’il faut quand même bien qu’on vous en dise un mot, débutons par un rébus : mon premier est comme le silence, mon second est le contraire de tard, mon troisième est un graffiti et mon tout est affaire d’écriture… Disons aussi : un moine copiste, des petites saucisses, un tatouage, un hibou, Albert Einstein et la pataphysique. Soyez confiants, nous vous convions à une soirée entre amis, où sera mis au pilori un dogme qui s’ignore. Un dogme intime lié à l’enfance. Un dogme qui détermine notre rapport à la culture et à la tradition.
Grâce à un vote du public dans la salle, on voit qu’une majorité est prête à « libérer » l’orthographe. (…) Chaque soir, après ce spectacle aussi drôle qu’instructif, le public peut débattre s’il le souhaite, de ce sujet si « explosif ».
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L’ortograf jubilatoire
L’orthographe est un sujet qui déchaîne les passions. Les journaux son envahis de lettres de lecteurs qui se plaignent d’une faute découverte dans un ensemble de textes équivalent à un roman ! Chaque tentative de simplifi cation de l’orthographe suscite des torrents d’opposition. Cela doit rester un effort et « se mériter ».
« Convivialité » créé mardi au Théâtre National à Bruxelles (on en avait vu un résumé au festival XS) se présente comme une conférence ludique, instructive, interactive menée par deux professeurs reconvertis en acteurs : Arnaud Hoedt et Jérôme Piron.
Les compères nous expliquent d’abord les bizarreries de l’orthographe. Curieusement, on ne nous a jamais expliqué les raisons de tant de règles et d’exceptions.
La langue française est unique à cet égard. Le seul son « s » peut s’écrire de 12 manières alors qu’en turc par exemple, à chaque son correspond une seule orthographe.
Ils égrènent les subtilités absconses comme les doubles consonnes.. « Alléger » prend deux « l » mais pas « alourdir », « persifl er » ne s’écrit pas comme « siffl er ». Pourquoi « confi ture de groseilles » prend « s » mais pas « gelée de groseille » ?
Les moines copistes
Basé sur les études de linguistes, le spectacle remonte à l’origine de cette orthographe On découvre que l’accord du participe passé est basé sur la plus grande facilité qu’avaient les moines copistes d’accorder avec un complément placé avant plutôt qu’après le verbe. Des erreurs de transcription ou des snobismes (« faire » plus latin ou grec) sont à la base de diffi cultés répétées pour des générations d’écoliers.
Les orthographes des autres langues sont régulièrement revues. Pas la langue française où tout est fi gé depuis 150 ans. Même la tentative de supprimer les « chou, caillou, genou… » fut tuée dans l’œuf.
En fait, explique le duo, l’orthographe n’est pas au service de la langue mais c’est le contraire et elle devient un marqueur social, un signe discriminant. Pourtant Rabelais, Montaigne, Molière, écrivaient avec des fautes. L’orthographe était alors fl exible. Longtemps, il y eut entre les deux grands dictionnaires encore 4000 mots avec des orthographes différentes !
Grâce à un vote du public dans la salle, on voit qu’une majorité est prête à « libérer » l’orthographe. Et suivre Stendhal qui disait : « L’orthographe, divinité des sots », et Queneau qui ajoutait : « L’orthographe est plus qu’une mauvaise habitude, c’est une vanité ».
Chaque soir, après ce spectacle aussi drôle qu’instructif, le public peut débattre s’il le souhaite, de ce sujet si « explosif ».
La Libre Belgique - Guy Duplat - 28/9/2016
La Libre Belgique - Guy Duplat - 28/9/2016
«La grammaire française, c’est un peu comme si Einstein avait dit “E= mc2 sauf…” et là, bam, il vous balance 20 pages d’exceptions!», plaisantent les conférenciers. Ces particularités ne plongent-elles pas les enfants dans une insécurité linguistique obstruant les idées, la poésie, la création? Pourquoi les envoyer conduire sur des routes où on leur colle des contraventions à chaque tournant? Pourquoi, sur une faute d’orthographe, juger la personne plutôt que la faute ellemême? Le spectacle pousse la porte d’un débat passionné.
Le Soir - Catherine Makereel - 29/9/2016
Ils sont professeurs, ne se proclament pas acteurs mais ce sont d'authentiques humoristes ceux-là, loin des grimaces et boursouflures des comiques estampillés tels !
Rue du Théâtre - Suzane Vanina - 30/9/2016
Arnaud Hoedl et Jerome Piron défroquent la sacro-sainte orthographe française, la dépouillent de ses joyaux, en réalité pauvres brillants sans grande valeur... Ils ne
prônent pas pour autant l'anarchie, mais un code simplifié, plus logique, qui retourne à son rôle d'outil et oublie son rôle de maître illégitime.
Une brillante démonstration participative, très drôle et appuyée par les vidéos ludiques de Kevin Matagne. Même qu’on aurai envie de vou recommandé se pcctakle
en fesan plin de fote d’ortografe. .
Mélanie Noiret - 9/2016
Il faut courir séance tenante applaudir La Convivialité au théâtre National. C’est presqu’un devoir de citoyen, une obligation pour tous ceux qui parlent et écrivent le français et une nécessité absolue pour ceux qui l’enseignent, qu’ils soient parents ou enseignants.
On rit, on est étonné, on rit encore. On réfléchit, on tente de s’insurger, mais on rit. On admire, puis on applaudit.
Louisa Brandt - Seniors Mag
Arnaud Hoedt et Jérôme Piron, tous deux professeurs de français, vous persuaderont que tout compte fait, l’orthographe n’est jamais que le code graphique de la langue, que, comme l’écrivait Stendhal, elle est "la divinité des sots", et que l’important est "d’avoir du style" (Flaubert).
Ils savent aussi que pour convaincre un public (que ce soit celui d’une classe ou celui d’une salle de théâtre), le meilleur outil c’est l’humour. Et on rit beaucoup tout au long de cette brillante démonstration. On se prend même à songer qu’on aurait bien aimé les avoir comme profs ces deux-là !
Rien encore sur ce spectacle
Pourquoi écrit-on gelée de groseille au singulier et confiture de groseilles au pluriel ?
Le seul son « S » peut s’écrire de 12 manières différentes.
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