Je ne suis pas sorcier

de Pie Tshibanda


Une production de La Charge du Rhinocéros
1 représentation ▪ le 2 septembre 2011

Pie Tshibanda compare la modernité occidentale et les traditions africaines avec leurs problèmes respectifs.

Pour son deuxième spectacle, Pie Tshibanda compare la modernité occidentale et les traditions africaines avec leurs problèmes respectifs. Après le succès phénoménal de son premier spectacle, le "fou noir" débarque à nouveau sur la scène du pays des Blancs, avec de nouvelles histoires à raconter!

Je ne suis pas sorcier, c'est l'aveu d'un vieil homme, aux portes de la mort. Un aveu que son fils, Ngeleka, bossu, ne lui a jamais entendu faire. Après une vie d'errance, de village en village, c'est la première fois qu'il s'en défend. Ngeleka lui-même s'est vu accusé, ostracisé. Sa bosse le désignait. Dans les nombreux bleds congolais qu'il a traversés, ils étaient des centaines comme lui, des " sorciers ", des réprouvés, responsables tout trouvés pour les mauvaises récoltes, la mortalité infantile…

Il est loin aujourd’hui le temps où le candidat réfugié Pie Tshibanda frappait aux portes de notre pays. Pie nous a vus et entendus: tel un Candide de Voltaire ou le Plume de Michaux, il s’est étonné. Et nous offre, aujourd’hui, la vision qu’il a de nous.


CREATEURS
AuteurPie Tshibanda 
AVEC
ConteurPie Tshibanda 
Une production La Charge du Rhinocéros

L'homme est aujourd'hui empreint de profonds doutes: ceux qui assaillent tout parent face au devenir de ses enfants et qui peuvent être rendus plus complexes par l'éloignement du cadre qui vous a vu naître et grandir. Si le mélange d'influences, de traditions et de cultures est une richesse, il peut aussi être source de débats houleux et de questions complexes, le conteur en atteste.Pourtant, pour qui saura être attentif, le bon sens, la lucidité et la tempérance ne l'ont pas quitté, graines de résolution de bien des conflits, domestiques ou élargis. Un regard perçant sur le présent et ses contradictions, voilà ce qu'est Pie, rien de plus. Et c'est déjà beaucoup.

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Le «fou noir», avisé mais pas sorcier

Pie Tshibanda revient sur scène porteur de nouvelles interrogations. Son regard, jadis amusé, se fait plus songeur pour aborder la vie, l'amour, la mort...

Quatre ans plus tard, Pie est de retour sur scène, heureux d'être là, mais aussi toujours étonné du crédit qui lui est spontanément conservé après plus de 700 représentations dans toute la francophonie: Québec, Cotonou, Paris, Avignon, Kinshasa, etc.Etonnant, en effet, le succès de ce petit homme, parti de rien (sans formation particulière, ni prédestination aux arts de la scène) consacré «comédien» jusque sur les plateaux d'Avignon. Lui qui pensait seulement partager son expérience de réfugié politique (l'exil forcé, la confrontation avec l'Occident, le «choc» de l'arrivée en Belgique), s'est vu propulsé «amuseur public» alors qu'à y regarder de plus près, il est avant tout philosophe et décrypteur, deux fonctions qui le rapprochent plus de celle qui est la sienne au quotidien.Quatre ans après «Un fou noir au pays des Blancs», le premier étonnement et les plus grandes difficultés passés, Pie, qui a renoué avec son travail de psychologue, fait part de ses réflexions sur les préoccupations de ses «nouveaux» contemporains: amour et ruptures, jeunesse et mort, des thèmes qu'il est amené à traiter dans ses «causeries villageoises» aussi sûrement que sur les antennes d'Africa n°1. Reliant les questions des jeunes et des adultes qu'il croise avec sa propre expérience de vie, il fait à nouveau mouche.«Je ne suis pas sorcier!» n'est pas un spectacle auquel il faut assister pour s'amuser, il faut le laisser résonner en soi et s'en imprégner. A l'image de la sagesse populaire africaine qui inspire Pie dans sa démarche.

Même auprès de ses fans, Pie risque donc de faire quelques déçus, ceux qui n'auraient vu en lui qu'un comique conteur et non une «arme» philosophique. Car comme en atteste son titre, l'homme n'est pas sorcier et face aux demandes de ses contemporains, belges ou congolais, il est souvent démuni. Ne pouvant bâtir dispensaires, routes et écoles partout où le gouvernement congolais n'intervient pas, il n'a pas davantage de solutions miracle à proposer à tous les couples qui l'interpellent.

L'homme est aujourd'hui empreint de profonds doutes: ceux qui assaillent tout parent face au devenir de ses enfants et qui peuvent être rendus plus complexes par l'éloignement du cadre qui vous a vu naître et grandir. Si le mélange d'influences, de traditions et de cultures est une richesse, il peut aussi être source de débats houleux et de questions complexes, le conteur en atteste.Pourtant, pour qui saura être attentif, le bon sens, la lucidité et la tempérance ne l'ont pas quitté, graines de résolution de bien des conflits, domestiques ou élargis. Un regard perçant sur le présent et ses contradictions, voilà ce qu'est Pie, rien de plus. Et c'est déjà beaucoup.

La Libre Belgique - 14/1/2005 - Karin Tshidimba

La Libre Belgique - 14/1/2005 - Karin Tshidimba

Entre ses remèdes contre le divorce, son antidote aux disputes conjugales, ses leçons de sexe-sans-stress et ses conseils face à la mort, Pie ose toutes les questions, comme une consultation ouverte où les contes, paraboles et souvenirs d'Afrique feraient office de préceptes psychologiques. On aurait pourtant aimé retrouver la virulence du Fou noir et, pourquoi pas, ses traditionnelles séances de questions - réponses, pour désengourdir cet opus, où le doute blanc semble s'être insinué.

« Je ne suis pas sorcier » est un spectacle composé avec les tripes pour le coeur des spectateurs et interprété à l'africaine. A l'humaine aussi, comme toujours avec Pie. Peut-être n'est-il pas sorcier après tout ? Il n'en reste pas moins ensorceleur.·

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Le fou noir et le doute blanc

Le cercle grandissant des fans de Pie Tshibanda peut se réjouir : après avoir sillonné la Francophonie depuis le Québec jusqu'à Kinshasa avec son attendrissant « Fou noir au pays des Blancs », voici que notre héros congolais pose à nouveau ses valises dans nos contrées pour la suite, très attendue, de ses explorations socio-ethnologiques.

Depuis l'immense succès de ses tournées, le Fou noir se savait attendu au tournant. Il a donc pris la tangente, avec « Je ne suis pas sorcier », second chapitre de ses tribulations en Europe. Sans abandonner la formule magique d'une performance orale, brute, sans effets de mise en scène, Pie choisit de tresser des liens, ténus mais pas saugrenus, entre modernité occidentale et tradition africaine. A travers la trajectoire oblique d'un Africain qui nous prête son regard, le spectacle creuse à nouveau le thème de la mixité et croise les cultures pour mieux interroger notre société.

Dix ans déjà que cet écrivain, venu trouver en Belgique une terre d'asile politique et artistique, vit chez nous. Résultat : le psychologue et l'artiste ont pris le pas sur le réfugié, mais l'homme est toujours là.

Première surprise : l'image de l'Afrique chaleureuse, presque mythique, d'un Fou noir s'est muée en une vision plus mitigée d'enfants soldats, de veuves enterrées vives aux côtés de leur mari et d'esclavage. Et puis, il y a la perte de vitesse d'un homme qui faisait la course pour nous suivre et se fait aujourd'hui rattraper par ses enfants, plus européanisés que lui. Quand sa fille lui annonce qu'elle veut se marier avec un Blanc ou que son fils lui demande si Dieu existe, il doute et tente désespérément de renouer les mailles de ses origines africaines à son quotidien européen.

Entre ses remèdes contre le divorce, son antidote aux disputes conjugales, ses leçons de sexe-sans-stress et ses conseils face à la mort, Pie ose toutes les questions, comme une consultation ouverte où les contes, paraboles et souvenirs d'Afrique feraient office de préceptes psychologiques. On aurait pourtant aimé retrouver la virulence du Fou noir et, pourquoi pas, ses traditionnelles séances de questions - réponses, pour désengourdir cet opus, où le doute blanc semble s'être insinué.

« Je ne suis pas sorcier » est un spectacle composé avec les tripes pour le cœur des spectateurs et interprété à l'africaine. A l'humaine aussi, comme toujours avec Pie. Peut-être n'est-il pas sorcier après tout ? Il n'en reste pas moins ensorceleur.·

Le Soir - 13/1/2005 - Catherine Makereel

Le Soir - 13/1/2005 - Catherine Makereel


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Après quatre années de compagnonnage avec l'artiste Tshibanda et les 800 représentations d'Un Fou Noir au Pays des Blancs, nous avions envie de mieux le saisir. Lui que nous considérons comme un funambule évoluant sur le mince fil reliant parfois la modernité occidentale à la tradition africaine. Alors, nous l'avons questionné…

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