La fermeture du cœur bouche-t-elle nos artères?
Une grande comédie humaine…

Le théâtre de Pietro Pizzuti ne s’embarrasse pas de fioritures, il va droit au but, droit aux mots, il parle aux tripes et à l’âme, il ne fait pas le poli. Il s’insinue dans les failles et fait craqueler le vernis peu reluisant des existences gonflées par l’orgueil et la volonté de pouvoir.
Bien plus qu’une fable sur les coulisses de la télévision, c’est une fable humaniste qui se joue ici.
On y rit, beaucoup… Et on y pleure!


Un projet de comédiennes.


Deux amies de cœur, de scène, de vie.
Elles ont déjà travaillé ensemble et ont pressenti que leurs personnalités complémentaires pourraient être un véritable atout pour servir un propos intéressant. Deux femmes préoccupées par leur époque, amoureuses de leur métier et de la force qu'il peut avoir en tant que prise de parole singulière.

Commence alors un long travail de recherches. Lectures, réflexions, discussions, hésitations. Ca prend du temps...trop de temps. Découragement.
Jusqu'au jour où... elles lisent aux archives du musée de la littérature la pièce « L'hiver de la cigale » de Pietro Pizzutti. Flash immédiat.
Tout s'y trouve : 2 femmes, une joute oratoire, un thème fort, un ton corrosif. Sans hésiter elles téléphonent à l'auteur qui, bien que touché par l'intérêt qu'elles portent à sa pièce, leur annonce qu'elle est déjà programmée la saison qui suit dans un théâtre bruxellois.
La déception est grande. Le découragement aussi.
Pas aussi grand que leur surprise lorsque Pietro les rappelle en disant : « Qu'à cela ne tienne ! Je vous écris une pièce. ».

POP – CORN est née.

Cette pièce c'est un cadeau. Du sur mesure. De la haute-couture. Impossible de ne pas l'endosser. Envie de s'y glisser, de la porter, de la monter et de la montrer.

L'écriture de Pietro est foisonnante. C'est une première version et il apparaît de manière évidente qu'un travail de coupures et réécriture est nécessaire.
Sur une proposition de l'auteur, une première phase de travail minutieuse entre les 2 comédiennes et Daniela Bisconti, lectrice privilégiée de Pietro se met en place. Lors de plusieurs séances de lectures à voix haute, elles coupent, réajustent et proposent. Daniela Bisconti offre son talent, son temps, son humanité, son intelligence ; l’auteur avec une grande humilité retravaille son texte.
Une phase de travail précieuse qui a enrichit et affiné leur rapport au texte et à ce qu'il véhicule. Un rythme nouveau apparaît, une profondeur de champ et des personnages forts.

POP – CORN a grandi et est prête à marcher sur scène.

Mais qui va l'aider à se lancer, à se tenir debout ?
Les comédiennes désirent travailler avec un metteur en scène qui les emmène ailleurs, plus loin. Quelqu'un qui oserait les bousculer.

C'est lors d'une vision d'un examen du Conservatoire qu’elles ont eu leur deuxième coup de foudre.
Un exercice dirigé par Daphné D’Heur. La liberté de jeu des acteurs, le traitement non académique et intelligent les séduit immédiatement.
Le metteur en scène était trouvé. C'est une femme, elle aussi. Elle a accepté sans hésiter.

L'équipe de POP-CORN est constituée.

Une première séance de lecture tous ensemble ne fait que confirmer leurs intuitions : émotion, longueur d'onde, évidence.

L'équipe se met alors à la recherche d'un toit.
Un travail approfondi de lectures s'engage afin de présenter aux directeurs de théâtre le projet en trois dimensions. Les mots quittent la page et s'envolent. Au fur et à mesure, un vrai travail de dramaturgie se dégage, l'interprétation s'affine. Et nos deux comédiennes retrouvent ce qui les avait tant enthousiasmées au tout début :
2 femmes, une joute oratoire, un thème fort, un ton corrosif et en prime une histoire d'amour.

Après quelques frilosités, nous avons enfin trouvé quelqu'un prêt à y croire comme nous.
Eric De Staercke, nouveau directeur des Riches-Claires, a tout de suite entendu les enjeux de la pièce et la pertinence de la monter aujourd'hui.
A l'heure où les médias balancent tout et n'importe quoi sur n'importe qui ; Président de la république ou pas, vie privée ou pas ; du moins que ça chauffe, du moins que ça saute dans la poêle à frire ; on balance ! Pop – Corn ? Vous avez dit Pop – Corn ?

Si le théâtre parle de son temps, Pop - Corn est bien du théâtre d'aujourd'hui.

Qui détient le pouvoir ? Peut-on jouer avec le pouvoir ? Qu'est-on prêt à faire pour garder le pouvoir ? Y a t il encore une éthique ? Quelle est la place des médias et plus particulièrement de la télé dans le monde d'aujourd'hui ? Jusqu'où peut-on se renier ? Jusqu'où peut-on trahir ? Quelles sont les conséquences ? Le pouvoir et l'argent excusent-ils tout ? Peut-on encore parler, dire, dénoncer ? Y a t il encore de la place pour les clowns, ceux qui osent rire de nos travers ? Se taire nous fait-il imploser ? Ne plus pouvoir se regarder dans la glace nous empêche-t-il de respirer ? La fermeture du cœur bouche-t-elle nos artères ?

Rendez-vous sur la scène pour regarder ces 2 magnifiques personnages gigoter au bout des fils tenus par des mains de plus en plus floues.

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