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L'événement culturel de l'été à Bruxelles!    

Blood Brothers

Histoire de la création (7/7)


Un succès mondial

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Juillet 1988 - Novembre 1991: Albery Theatre

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Blood Brothers avait été créé au Lyric Theatre de Londres le 11 avril 1983 et avait fermé le 22 octobre de la même année. Cinq ans plus tard, le voici donc de retour dans une toute nouvelle production qui va ouvrir le 28 juillet 1988 à l'Albery Theatre (actuellement le Noël Coward Theatre).

Et c'est bien sûr Kiki Dee qui va recréer le rôle de Mrs Johnstone à Londres. Elle était entourée de Warwick Evans dans le role du Narrateur et pour les jumeaux de Con O'Neill (Mickey) et Robert Locke (Eddie). Le metteur en scène est Bob Tomson.

Après deux semaines de previews totalement sold-out, le 28 juillet 1988, Blood Brothers obtint l'une des plus impressionnantes 'standing ovations' de toute l'histoire du West End.

Con O'Neill a gagné l’Olivier Award 1988 du meilleur comédien dans un musical. Mais Blood Brothers a aussi été nominé pour l’Olivier Award 1988 du meilleur musical et Kiki Dee pour l’Olivier Award 1988 de la meilleure comédienne dans un musical. A titre indicatif, l’Olivier Award 1988 de la meilleure comédie est attribué à Shirley Valentine de Willy Russel.

Cette fois les salles sont pleines dès le début et l'enthousiasme est total. La presse est également très bonne.

C'est une histoire très humaine sur l'amour, l'amitié et les choses qui peuvent mal tourner quand la vérité n'est pas dite. Et l'un de ces spectacles qui devrait être vu par tous ceux qui ont le cœur battant.

TNT Magazine (Louise Kingsley)

Ce spectacle est une œuvre riche, diversifiée et terriblement émouvante.

Evening Standard (Fiona Mountford)

Incroyable! Un chef-d'œuvre! Si vous ne l'avez pas encore vu, allez-y, et si vous l’avez déjà vu, retournez-y...

News of the World

Passionnant, si vrai et totalement irrésistible. C'est un must.

Mail on Sunday

Et puis quelques rares critiques furent plus ... mitigés. Mais ils devaient avouer que leurs avis n'étaient pas partagés par le public.

Revoilà la comédie de Willy Russell. (…) Je dois cependant avouer qu’à la fin du spectacle, le public a bondi debout et exprimé bruyamment son bonheur à un tel point que je pouvais encore entendre leurs acclamations quand je fuyais en frémissant vers le métro.

The Times

La presse ... et le succès. Le saviez-vous?

«Assister à ce musical, c'est un peu comme manger un artichaut: il faut attendre longtemps avant d'avoir un tout petit peu de bonheur.». Et ... «Il faut sauver le roman de Victor Hugo des griffes de cette pathétique comédie musicale aux paroles burlesques.» «Un divertissement sans esprit», gémit The Observer. Lyn Gardner, alors de City Limits, disait: «Une dégoulinade de vieilles rengaines sentimentales stupides.» ajoutant: «Si j'étais la Royal Shakespeare Company, j'oublierais un transfert dans le West End et j’en ferais une mini-série TV américaine

Nous sommes le 8 octobre 1985, et de quel musical parle-t-on? De Les Misérables qui 35 ans après se joue toujours à Londres devant des salles pleines et a été vu par plus de 80 millions de spectateurs dans le monde. Michael Ball, qui jouait l'un des rôle principaux de ce musical (Marius), a déclaré plus tard à la BBC: «Nous pensions après la lecture de la presse qu'il fallait que nous commencions à chercher de nouveaux emplois

Les jours qui suivent la première, ces critiques font vaciller le jeune producteur Cameron Mackintosh - moins de 40 ans à l'époque. Il a téléphoné à ses bailleurs de fonds pour demander s'ils accepteraient le remboursement de la moitié de leur investissement si on en arrêtait-là, plutôt que de tout risquer sur un spectacle qui était détesté par les critiques et qui n'avait pratiquement pas d'avance au box-office au Barbican Theatre. En descendant prévenir le service des réservations que le show allait peut-être fermer, Cameron comprit vite que la réalité était tout autre. Le service de réservation avait dû rappeler des renforts tellement la demande était importante. Le bouche-à-oreille s’était amorcé et le public allait prendre la salle d’assaut. Les Misérables allait devenir le plus grand succès du théâtre musical de tous les temps.

En souvenir de cette époque, le metteur en scène, Trevor Nunn, avec une certaine ironie très british a déclaré lors du 21ème anniversaire du show (il y a déjà 15 ans !): «Nous faisons un spectacle musical... et il y a 'Misérables' dans le titre. Il y a 29 morts sur scène... Cela concerne majoritairement l’Histoire de France... Il n'y a aucune scène de danse, pas de chaussures à claquettes, pas de paillettes, pas de filets de pêche, pas de grand escalier, pas de stars, pas de cow-boys, pas de ramoneurs, pas de sorcières… En outre, il n'y a pratiquement aucunes réservations à l'avance et il a reçu des critiques désastreuses. Comment ce show pourrait-il être un succès ?»

Quoi qu’il en soit, le spectacle va être un vrai triomphe populaire. Parce que ce spectacle est vrai et engagé, parce qu’il est drôle et touchant, par ce qu’il parle d’hier, d’aujourd’hui et malheureusement très vraisemblablement de demain.

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En 1990, Stephanie Lawrence a repris le rôle de Mrs. Johnston. Elle va l’incarner pendant trois ans! Mais d’ici là, quelque chose d’assez unique – une fois de plus – va marquer l’histoire de Blood Brothers. Le triomphe est toujours le même et l’Albery Theatre est ‘trop petit’. Le spectacle fermera donc le samedi 16 novembre 1991 à l’Albery Theatre pour ouvrir 5 jours plus tard au Phoenix Theatre, plus grand. Certains spectacles ont fait le trajet inverse, passant de grandes salles à de plus petites. Mama Mia!, par exemple, est passé du Prince Edward Theatre (1.700 places ♦ 4/1999 – 6/2004 ♦ 5 ans et 2 mois) au Prince of Wales Theatre (1.200 places ♦ 6/2004 – 9/2012 ♦ 8 ans et 3 mois) et enfin au Novello Theatre (1.000 places ♦ depuis 9/2012 ♦ plus de 8 ans actuellement). Mais Blood Brothers va suivre le trajet inverse.

&Le regarder, c'est un peu comme manger un artichaut: il faut passer par énormément pour en avoir très peu» Et puis quelques rares critiques furent plus ... mitigés. Mais ils devaient avouer que leurs avis n'étaient pas partagés par le public.

&Le regarder, c'est un peu comme manger un artichaut: il faut passer par énormément pour en avoir très peu» Et puis quelques rares critiques furent plus ... mitigés. Mais ils devaient avouer que leurs avis n'étaient pas partagés par le public.

&Le regarder, c'est un peu comme manger un artichaut: il faut passer par énormément pour en avoir très peu» Et puis quelques rares critiques furent plus ... mitigés. Mais ils devaient avouer que leurs avis n'étaient pas partagés par le public.

&Le regarder, c'est un peu comme manger un artichaut: il faut passer par énormément pour en avoir très peu» Et puis quelques rares critiques furent plus ... mitigés. Mais ils devaient avouer que leurs avis n'étaient pas partagés par le public.

&Le regarder, c'est un peu comme manger un artichaut: il faut passer par énormément pour en avoir très peu» Et puis quelques rares critiques furent plus ... mitigés. Mais ils devaient avouer que leurs avis n'étaient pas partagés par le public.

&Le regarder, c'est un peu comme manger un artichaut: il faut passer par énormément pour en avoir très peu» Et puis quelques rares critiques furent plus ... mitigés. Mais ils devaient avouer que leurs avis n'étaient pas partagés par le public.

&Le regarder, c'est un peu comme manger un artichaut: il faut passer par énormément pour en avoir très peu» Et puis quelques rares critiques furent plus ... mitigés. Mais ils devaient avouer que leurs avis n'étaient pas partagés par le public.

&Le regarder, c'est un peu comme manger un artichaut: il faut passer par énormément pour en avoir très peu» Et puis quelques rares critiques furent plus ... mitigés. Mais ils devaient avouer que leurs avis n'étaient pas partagés par le public.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


«Dans les années septante et quatre-vingt, il y avait une sorte de clivage à Liverpool: on était soit Everton soit Liverpool (ndlr : les deux grands clubs de football de la ville) et on était soit Alan Bleasdale soit Willy Russell (ndlr : les deux grands auteurs nés à Liverpool). J'avais beaucoup travaillé avec Alan et je ne connaissais pas vraiment Willy. Bien sûr, en 1983, j'avais entendu dire que Blood Brothers avait été un grand succès à Liverpool quand il était joué au Playhouse, et qu'il avait été transféré à Londres, mais qu’il avait eu là-bas des problèmes de remplissage de salle. Je suis allé le voir avec mon ami, le réalisateur Alan Parker. Nous nous sommes assis dans une salle pas très pleine et nous avons vu un musical qui était l'un des meilleurs que je n’aie jamais vus. Je suis sorti du théâtre en regrettant de ne pas l'avoir produit! J'ai immédiatement ressenti que j’avais les moyens de faire tourner ce spectacle et de corriger ce qui faisait que la salle n’était pas pleine. Décrire ce qui a suivi est très simple: j'ai tourmenté Willy pendant de longs mois pour pouvoir m’occuper du spectacle. »

BILL KENWRIGHT - Interview dans "Inside Kent" (2016)

Après de très longs mois, Willy Russel finit par céder. Mais dans un premier temps il «n’autorise qu’un ‘National Tour'», c’est-à-dire la possibilité de produire le spectacle dans les grandes villes du Royaume-Uni. Mais Bill Kenwright ne reçoit pas l’autorisation de passer par Londres. Willy Russel se souvient…


«Je ne voulais pas diminuer le souvenir de l'original - il y avait eu un tel sentiment chaleureux lors de la création en 1983. J'étais encore hanté par la peur de briser cette magie.»

WILLY RUSSEL

Bill Kenwright organise donc une tournée de Blood Brothers, dans une nouvelle mise en scène. La pièce est partout un gros succès. Des dates se rajoutent et se rajoutent et …

Et puis un jour…


«J'ai décidé d’aller voir le show, incognito, à Manchester. J’y suis allé avec un de mes amis qui n'avait jamais vu le spectacle avant, aucune des versions. Nous avons réservé les billets à son nom, donc personne ne savait que je venais, et il a été envoûté, comme l’étaient les 2.000 autres personnes dans la salle.

Je me suis retrouvé dans ce théâtre, assis à me dire: «Qu'est-ce que je fais en refusant le retour de ce spectacle à Londres, dans le West End?». J'ai donc contacté Bill ce soir-là et j'ai accepté qu'il puisse retourner dans le West End. J'étais tellement reconnaissant envers lui: non seulement parce que c'était une production formidable et un énorme succès, mais aussi parce qu'il prenait le relais pour donner une seconde vie à Blood Brothers

WILLY RUSSELL

Parfois un spectacle est repris 20 ou 30 ans après sa création mais il est relativement rare que dans une ville comme Londres un spectacle ait 2 ‘openig nights’ en moins de 5 ans. Cela va être le cas de Blood Brothers. Bill Kenwright comprend très bien le refus initial de Willy Russell de revenir à Londres.


« Je pense que Willy se méfiait beaucoup du West End londonien. Comme la plupart des écrivains similaires, il n'écrit pas pour un type particulier de public. Le West End est souvent vu comme un quartier terriblement commercial, et peut-être qu'il pensait que ce n'était pas pour lui et j'ai longtemps accepté cela. Il m'a dans un premier temps d'abord uniquement donné les droits de tournée, et c'est pendant ces dix-huit mois de tournée où j'ai retravaillé sur le spectacle en tant que metteur en scène que nous sommes devenus des amis proches. Je sais que c'était un très grand moment pour lui – c'était déjà lors de notre troisième tournée et nous étions de passage à Manchester – quand il a dit: «OK, retournons à Londres». Je ne pense pas que cela s'était jamais produit auparavant qu’un spectacle qui n’ait pas été sold-out revienne à l’affiche quelques années plus tard; cela ne semble à priori avoir aucun sens. Mais je pense que je lui avais prouvé mon amour pour ce spectacle. Je me souviens que Willy m'a écrit une note merveilleuse, lors de l’opening night à Broadway, disant: «Tout ce que j'ai toujours rêvé au sujet de Blood Brothers, je peux maintenant le voir sur cette scène.» Je pense qu’«avoir confiance» était fondamental pour Willy. Il avait besoin de savoir qu'il avait un producteur qui s'occuperait de son spectacle. Le voyage fut donc long pour revenir dans le West End mais c'était une production tout à fait différente de l'original qui allait affronter à nouveau le public et la presse. »

BILL KENWRIGHT - Interview dans "Inside Kent" (2016)

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Kiki Dee (Mrs Johnstone)
1987 UK Tour

Durant cette tournée, c’est la comédienne Kiki Dee qui endosse le rôle de Mrs Johnstone.

Kiki Dee est à l’époque loin d’être une inconnue pour le grand public puisqu’elle a triomphé dix ans auparavant dans "Don't Go Breaking My Heart", un duo qu’elle chantait avec Elton John. Quelques mois avant la tournée de Blood Brothers elle vient de rechanter ce tube avec Elton John au Live Aid à Londres le 13 juillet 1985 (gigantesque double concert organisé par Bob Geldof simultanément à Londres et Philadelphie en vue de lever des fonds pour soulager la famine éthiopienne qui fait des ravages cette année-là).

Kiki Dee va marquer cette «nouvelle version» de Blood Brothers.

Et n’oublions jamais que c’est en voyant le show à Manchester avec kiki Dee que Willy Russel s’est dit: «On retourne à Londres.»

Il était donc normal que cela soit Kiki Dee qui ouvre le show à Londres pour ce retour en 1988.

 Suite - Londres pendant 24 ans 

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