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L'événement culturel de l'été à Bruxelles!    

Le Bourgeois gentilhomme

de Molière

Mise en scène de Daniel Hanssens - Une production du Festival Bruxellons! - 18 représentations ▪ 16 juillet ▸ 31 août 2002

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Presse - Article complet


Feu d'artifice pour le Bourgrois


Daniel Hanssens n'a pas fait dans la dentelle pour sa première mise en scène. Michel Hinderyckx en remet des tonnes et la musique de Jonckheere est épatante.

Comme le `Misanthrope´ ou `L'Avare´, `Le Bourgeois gentilhomme´ est un extravagant. Sa folie, c'est de rejoindre le monde des `gens de qualité´ fût-ce au prix d'un mariage de sa fille avec le fils du Grand Turc…

Et c'est bien l'extravagance qu'ont choisi de jouer à fond les comédiens qui donnent depuis mardi soir la comédie-ballet de Molière dans la cour du château du Karreveld, à Molenbeek. Michel Hinderyckx reprend le rôle créé par Molière devant Louis XIV. Coiffé d'un édifice de plumes multicolores qui lui donne à tout coup l'air de faire le paon, il plastronne à qui mieux mieux, tyrannise les artistes et les gens de maison qui sont à son service, étourdit sa femme, sa fille et sa servante avec ses inventions mégalomanes.

Donnant le ton d'une mise en scène avec écarts burlesques, `defunèseries´ et autres clins d'œil très bande dessinée, Michel Hinderyckx tire le spectacle du côté d'un divertissement bon enfant pour vacanciers en instance de départ ou sur le retour. On n'est pas très loin des `Bronzés se font Molière´…

Distribution enthousiaste
Marie-Hélène Remacle donne, en revanche, une Mme Jourdain dans une veine réaliste, tout comme Monia Douieb dans le rôle de la servante Nicole. Avec l'épatant Philippe Vauchel en maître de philosophie, elles composent un trio qui nous ramène au comique de situation.

Les maîtres de musique (Roland Beurms) et de danse (Alexis Goslain) s'en sortent de manière un peu académique. Le maître tailleur de Gérald Wauthia dégage, lui, une présence phénoménale, digne du cinéma expressionniste. Surprenant.

Diction lumineuse et port princier, Laurence d'Amélio a une classe folle en aristocrate ébahie devant les balourdises de son hôte roturier. Il est vrai qu'elle est elle-même la dupe de Dorante auquel Laurent Renard prête une élégance madrée. Il faut encore citer le Covielle expressif de Pierre Piegeolet et les inévitables jeunes amoureux, Luciel (Jasmine Douieb) et Cléonte (Vincent Lécuyer).

Bref, même si on a l'impression qu'ils ne jouent pas toujours dans le même spectacle, les acteurs et actrices donnent énormément de leur personne pour faire passer un bon moment au public. Lequel ne boudait pas son plaisir, le soir de la première. Ce fut l'ovation debout en fin de soirée, vers minuit quinze.

Humour musical
Comme nous le rappelions, `Le Bourgeois gentilhomme´ est une comédie-ballet: il y a donc de la musique et de la danse. Il faut saluer ici la faconde de Dominique Jonckheere dont le décor sonore est un des éléments clefs du succès de cette entreprise estivale. Faisant la preuve, si besoin était, que l'humour musical, ça existe, le compositeur nous ménage de réels moments de bonheur auditif.

Travaillée sur le motif, en interaction avec les comédiens et les danseurs, sa musique joue la carte des dérapages subtils, des citations allusives, pour donner sa pleine mesure pendant la `turquerie´ finale au cours de laquelle `Jourdina´ devient Grand Mammouchi non sans avoir reçu une bastonnade bien méritée.

Tout cela ne peut se résoudre que dans une apothéose d'étincelles, ce qui ne manque pas de se produire. On est rarement aussi bien placé (presque trop) pour assister à un feu d'artifice..

La Libre Belgique - 17/7/2002 - Philippe Tirard

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