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L'événement culturel de l'été à Bruxelles!    

Hommage à Brel

Concert hommage

- - 2 représentations ▪ 3 août ▸ 4 août 2012

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Presse - Article complet


Jacques Brel revient avec Filip Jordens


Sans caricature aucune, entre exubérance et émotion, Filip Jordens revisite les textes de Brel. L’occasion de redécouvrir l’artiste et de constater l’émergence d’un autre…

Imitation ou interprétation... « je préfère parler de restauration » explique Filip Jordens. Alors qu’il fait salle comble en Flandres, en Allemagne et aux Pays-Bas, le jeune flamand n’avait encore jamais chanté à Bruxelles. C’est chose faite depuis Jeudi où une assemblée émue et ravie, l’a ovationné, lui et les trois musiciens qui l’accompagnaient à l’espace Delvaux. Un début très prometteur pour sa tournée bruxelloise. «Les francophones sont souvent un peu frileux quand on s’attaque à des monuments de la chanson tels que Piaf ou Brel, et ce soir, on ne savait pas du tout quelle allait être la réaction des gens, mais une chose est sure, nous n’attendions vraiment pas autant de personnes » se réjouit Sybille Iweins attachée presse de l’agence Cinna, avant d’ajouter « on voit pourtant qu’il n’est pas tout à fait à son aise - c’est la première... ». Quand on demande d’ailleurs à l’intéressé ce qu’il pense de la soirée, entre deux gorgées de bières et le souffle encore court - nous l’avons quand même cueilli quelques minutes après le rappel - il avoue «Moi même, si j’apprenais qu’un jeune flamand chante du Brel, je pense que j’hésiterais quand même à aller voir ce que ça donne... C’est un gros risque. Je ne sais pas du tout ce que les gens en ont pensé ce soir, j’espère qu’ils ont passé un bon moment. »

L’enthousiasme du public tantôt hilare, tantôt ému, ne fait aucun doute. Ceux qui ne savaient pas trop à quoi s’attendre ont eu une belle surprise. Dans l’ambiance intimiste de la petite salle, les musiciens - pianiste, violoncelliste et accordéoniste - plantent les notes en attendant la voix... Et quand l’homme arrive enfin, la salle retient son souffle : la ressemblance physique interpelle, et est soulignée avec humour « Et puis et puis, tu es partie radicale (...) Tu ne m'as laissé que mes dents, et voilà pourquoi je cours, (...) me voyant refuser l'amour, par les femmes et par les juments.» Le choix de la première chanson n’est pas si anodin. Le visage marqué et l’oeil plein de malice, des mimiques et gesticulations, que l’on pourrait attribuer au poète autant qu’à Jim Carey... Tout y est, jusqu’à l’allure dégingandée d’un homme qui aurait grandi trop vite. Le regard fixé sur la scène où il se trouvait quelques minutes plus tôt, il avance prudemment « Je pense qu’il faut être resté un adolescent, dans la fragilité et la révolte, pour que résonnent pleinement la sensibilité et la douce brutalité qui émanent des textes de Brel ».

Comédien depuis son enfance, Filip Jordens est un habitué de la scène, pourtant ce sont les murs d’une salle de classe réquisitionnée pendant les récrés qui seront son premier public. Après s’être égaré quelques temps dans les méandres d’études dites « générales », il se tourne finalement vers les « arts mineurs » et conjugue ainsi sa passion pour Brel à celle du théâtre. C’est d’ailleurs lors d’une apparition sur les planches qu’un animateur de radio le remarque et l’invite à chanter quelques titres sur les ondes. Après cela tout s’enchaîne et aujourd’hui, le jeune homme parvient à conjuguer ses deux passions à son tout nouveau rôle de père.

L’objectif étant bien moins de vendre que de redonner vie à la poésie des textes, il n’y a pas de CD - seulement un DVD Hommage à Brel. Et la poétique force d’évocation d’un flamand qui chante le Brel encore mieux que le Belge.

Vers l'Avenir - Marine Bardin - 6/11/2010

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